Diversité culturelle

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"La diversité culturelle ne doit pas être une excuse pour créer de nouvelles barrières"

M. Dan Glickman, président de la Motion Pictures Association of America (MPAA), le 24 octobre 2004 - 2004/10/24

Le Monde publie dans son édition du 24-25 octobre une entrevue avec M. Dan Glickman, nouveau président de la MPAA, réalisée par Nicole Vulser. Interrogé au sujet du projet de convention sur la diversité culturelle que souhaite mettre en oeuvre l'UNESCO, M. Glickman déclare : «Nous avons défendu la diversité culturelle. La culture joue un rôle unique dans tous les pays développés. C'est l'âme des pays. Nous participerons de façon positive aux discussions à l'UNESCO. Mais je ne veux pas que cela devienne une excuse pour modifier les grands accords commerciaux et créer de nouvelles barrières. Nous voulons davantage de films français aux États-Unis. C'est bon pour les Américains de voir des films réalisés dans le monde entier. Même si la part de marché des films non américains est petite, il n'y a pas de barrière pour venir aux États-Unis».

Selon la journaliste, la MPAA lutte également contre les politiques de soutien aux industries cinématographiques nationales : elle essaye de faire tomber la politique de quotas en faveur des films nationaux en Corée, elle attaque la loi sur l'audiovisuel au Maroc, elle demande l'ouverture totale du marché audiovisuel et cinématographique au Chili et en Australie. À cela, M. Glickman répond : «Il est vrai que c'est dans l'intérêt de notre pays que tous nos produits manufacturés (le cinéma, la musique...) aient un accès plein et entier à tous les marchés. Cela fait partie des processus de négociation normaux. En même temps, pour le cas de la France, nous comprenons et nous avons accepté les quotas et les aides nationales au cinéma. Le monde n'est pas absolument pur, et nous reconnaissons que certaines protections internationales seront toujours là. Notre objectif est d'atteindre un marché le plus ouvert possible».

M. Glickman soutient en outre qu’il veut faire de la lutte contre le piratage son action principale, parce que, dit-il, «dans certains pays d'Asie, où il n'y a pas de cinéma, le piratage est très fort... Nous devons continuer, avec le gouvernement français, à travailler côte à côte pour mieux faire passer ce message-là où il n'y a pas d'industrie cinématographique nationale forte. Cela peut passer par des actions d'éducation, des discussions commerciales multilatérales ou bilatérales et nécessairement par des actions juridiques contre le piratage. C'est vrai que les pays qui ont développé cette industrie sont plus concernés par cette lutte. En Chine, par exemple, plus ils produiront, plus les auteurs voudront protéger leurs oeuvres. Nous pouvons essayer de créer une coalition contre le piratage, pour dire à quel point c'est une dague dans le coeur des créateurs, des cinéastes, des écrivains et des musiciens». (Disponible en français) [78]