Diversité culturelle

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La Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles: Les enjeux pour le Québec

Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec, Montréal, le 7 novembre 2005 – 2005/11/07

Invitée du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) le 7 novembre dernier, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Line Beauchamp a prononcé une conférence sur les enjeux pour le Québec de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO le 20 octobre dernier. À cette occasion, la ministre Beauchamp a souligné tour à tour l’engagement du Québec envers la culture, la remarquable mobilisation internationale qui a vu l'engagement d'un très grand nombre de gouvernements et la mobilisation des milieux culturels et des associations professionnelles dans plusieurs pays en faveur de l’adoption de la Convention, la signification de la Convention et ses enjeux pour le Québec.

À cet égard, la ministre a relevé qu’« il importe de bien comprendre que l’adoption de la Convention ne constitue que la première étape d’un processus qui vient d’être amorcé. Il faut éviter de lire la Convention comme un texte de loi arrêté. Il faut plutôt l’interpréter comme un mécanisme vivant qui vient de naître et qui est appelé à se développer. En soi, cette Convention constitue l’assise d’un instrument international dont la force sera autant juridique que politique». D’où l’importance des étapes à venir, dont celle de la ratification. Pour la ministre, le minimum requis de 30 États qui doivent ratifier la Convention afin qu’elle entre en vigueur, est une cible minimale : « la vraie cible est beaucoup plus élevée; plus le nombre de pays qui ratifient est grand, plus la légitimité et le poids politique de la Convention sont importants. Il faut donc poursuivre la mobilisation pour obtenir le plus grand nombre de ratifications, et ce, le plus rapidement possible. Les représentants du Canada ont manifesté leur intention de procéder rapidement. Au Québec, nous comptons faire approuver cette Convention par l’Assemblée nationale le 10 novembre prochain (NDLR: ce qui a déjà été fait!) ». Pour la ministre, « cette diligence du Québec sera une source d’inspiration pour les États membres de l’UNESCO qui doivent ratifier. Le Québec compte bien demeurer omniprésent dans ce combat, et nous mettrons à profit tous nos contacts avec la communauté internationale et avec la société civile pour inciter les pays signataires de la Convention à procéder rapidement à la ratification », affirme-t-elle.

L’autre étape essentielle est celle de la mise en œuvre de la Convention. À cet égard, la ministre soutient que les mécanismes de mise en œuvre constituent des lieux d’initiative en faveur des objectifs de la Convention, et que le dynamisme de la Convention sera dépendant de l’impulsion que les États parties voudront bien lui donner. Par ailleurs, souligne la ministre, le Québec devra aussi demeurer alerte sur d’autres fronts qui menacent nos politiques culturelles. En effet, s’il peut être réconfortant d’avoir obtenu l’adoption de ce qu’on peut considérer comme une "politique parapluie" à l’égard du processus de libéralisation des échanges, il faut garder l’œil ouvert car les développements technologiques exercent une pression considérable sur la capacité des gouvernements de mettre en œuvre des politiques culturelles.

Pour la ministre Beauchamp, le contexte actuel de la libéralisation des échanges commerciaux en amène plusieurs à prendre conscience des bienfaits que peut engendrer une mondialisation à visage humain, et la Convention sur la diversité des expressions culturelles pourrait devenir, en ce sens, une référence pour d’autres secteurs.