Diversité culturelle

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Diversité culturelle et pluralisme des médias : 7e Conférence ministérielle européenne sur la politique des communications de masse

Conseil de l’Europe, Kiev, 10-11 mars 2005 – 2005/03/10-11

La définition des droits et des responsabilités des médias en temps de crise, la préservation du pluralisme des médias et la protection de la diversité culturelle à l’heure de la mondialisation, la défense des droits de l’homme dans la société de l’information, tels sont les principaux thèmes de la 7e Conférence ministérielle européenne sur les politiques de communication de masse, qui s’est déroulée les 10 et 11 mars derniers à Kiev en Ukraine. Cette conférence à laquelle participaient les ministres de la Communication des 46 États membres du Conseil de l’Europe avait pour thème, Intégration et diversité : les nouvelles frontières de la politique européenne des médias et des communications . Placée sous l’égide du Conseil de l’Europe, elle a également réuni des personnalités du monde des médias et des représentants d’ONG .

Trois questions ont servi de base à la poursuite du débat : Quelle influence la diversité de la propriété des médias a-t-elle sur l’évolution démocratique des sociétés? La concentration mondiale des médias a-t-elle un impact sur la diversité au plan national? Quel devrait être le rôle du Conseil de l’Europe vis-à-vis de la diversité et du pluralisme? De nombreux intervenants, notamment les représentants des plus petits États membres et de la société civile, se sont dits préoccupés par la concentration des médias dans leur pays et soucieux d'améliorer la surveillance internationale et la transparence en ce qui concerne la propriété des médias. À cet effet, ils font le constat que de plus en plus d’acteurs puissants sur la scène internationale, de groupes nationaux ou transnationaux de taille contrôlent à la fois la sphère politique et celle des médias ; les conflits d’intérêts qui en découlent sont inévitables et préjudiciables non seulement à la sauvegarde de la diversité culturelle mais également à l’exercice même de la démocratie. Par ailleurs, le marché des médias peut être orienté vers des profits rapides, le rétrécissement du choix des médias disponibles et, dans le pire des cas, il peut porter atteinte aux valeurs communes, au pluralisme des opinions, des informations et des divertissements qui contribuent de manière si significative à donner à une société son énergie et sa cohésion. Mais il peut également être orienté vers la qualité et la quantité, le pluralisme des opinions, de l’information et des divertissements, la justice, à la fois localement et mondialement. Ainsi, si la concentration des médias est une menace directe pour la diversité culturelle et pour l’indépendance dans le traitement de l’information, au niveau européen cependant, la concentration des médias, en respectant naturellement certaines limites, peut-être nécessaire pour résister aux pressions de grands groupes de communication extra-européens mais aussi européens et pour garantir une offre variée en terme de contenus européens porteurs de valeurs communes et d’identités locales. Tel est l’enjeu : « il s’agit de créer un marché qui laisse toute sa place à la diversité, tant en termes de contenus que de propriété. Cela pose avant tout la question des lois sur la concurrence et des systèmes financiers, la dimension est à la fois mondiale et nationale ».

Sur cette base, les participants soulignent qu’ « il est extrêmement important que la société se sente responsable de la protection de la diversité des contenus des médias. Pour les politiques, il est encore plus important de suivre de prêt l’évolution du secteur des médias et de proposer les bonnes solutions et les bonnes conditions, à la fois pour le public et pour les médias. Si cela est fait consciencieusement et de manière responsable, il sera probablement possible de préserver les valeurs démocratiques que le secteur des médias contribue actuellement à former, et qu’il peut continuer à former à l’avenir ». Aussi déclarent-ils : « Nous craignons que la mondialisation fasse disparaître du marché les industries et les produits culturels locaux. Promouvoir la diversité culturelle, c’est offrir à la population un vaste choix de produits culturels, tout en protégeant les industries de création et les artistes locaux. Notre vitalité culturelle dépend aussi de nos contacts avec d’autres cultures. À cet égard, la diversité culturelle ne mérite pas seulement d’être protégée, mais également promue ».

Par conséquent, la 7e conférence ministérielle sur la politique des communications de masse de Kiev a désigné un certain nombre de priorités pour les politiques de l'audiovisuel et des médias en Europe. Les ministres ont notamment souligné  « le rôle particulièrement important du service public de radiodiffusion dans le nouvel environnement numérique en tant qu'élément de la cohésion sociale, reflet de la diversité culturelle et facteur essentiel d'une communication pluraliste accessible à tous ». Ils ont en outre relevé  « le besoin de transparence dans le secteur des médias, y compris pour ce qui est de la propriété, et l'importance de surveiller la concentration des médias, tant au niveau national qu'européen ». La conférence s’est conclue par l'adoption d'une déclaration politique et de trois résolutions distinctes sur chacun des thèmes principaux. Les participants ont également adopté un plan d'action sur la coopération que mènera le Conseil de l'Europe dans les domaines des médias et des nouveaux services de communication pendant les années à venir. À la demande du Forum des ONG qui a précédé la conférence ministérielle, un paragraphe supplémentaire a été ajouté à la Déclaration politique afin de rappeler  « la nécessité de sauvegarder l'indépendance des médias et de garantir l'absence d'ingérence du pouvoir politique ». [05-09]