Diversité culturelle

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Adoption de la Convention sur la diversité des expressions culturelles à l’UNESCO: " La diversité culturelle n'est pas gagnée . Il faut encore franchir des étapes et donner des moyens "

Communauté française de Belgique, Bruxelles, le 21 octobre 2005 – 2005/1021

 Au lendemain du vote " historique " à l'Unesco de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, trois ministres de la Communauté française de Belgique ont invité la presse pour se réjouir de cette adoption: mesdames Marie Arena, ministre-Présidente, Fadila Laanan, ministre de la Culture, et Marie-Dominique Simonet, ministre des Relations extérieures. Elles ont souligné le rôle important de la Communauté dans l'adoption de ce texte malgré l'intense lobby américain et elles ont loué le travail de «fourmis» de leurs experts. « Mais, ont-elles déclaré, cette convention défensive, très importante, qui permet de continuer à subsidier notre identité culturelle, n'est pas un aboutissement: " il ne faut pas baisser la garde ". Car il faudra que la convention soit encore ratifiée par au moins 30 pays pour entrer en vigueur . Cela semble aller de soi mais le lobby américain pourrait continuer jusqu'au bout et ébranler quelques parlements nationaux.

En effet, a ucune limite de temps n’est fixée, mais 2010 fait date-butoir avec la fin de l’exemption culturelle accordée par l’OMC. Entre-temps, des majorités parlementaires peuvent changer. Obtenir 30 ratifications est probable, encore faut-il qu’elles émanent de pays "significatifs" : « En Belgique, où les partis de toutes tendances y sont favorables, le calendrier sera d’un an, affirment-elles. Dans l’Union, est-il sûr que les 25 ratifient? Certains sont partagés comme au Royaume-Uni ou en Allemagne et à l’Est, les incertitudes sont nombreuses. Tandis que Condoleeza Rice titillait une corde sensible en écrivant que "la convention porte atteinte aux droits de l’homme", les USA font flèche de tout bois et poursuivront leur boycott acharné pour sauver les bénéfices d’Hollywood ».

Il faut aussi prendre des mesures " offensives " pour soutenir les cultures, car à quoi servirait une convention qui préserverait la diversité culturelle si un pays ne peut proposer des productions culturelles? , se demandent-elles. Cela concerne d'abord le soutien aux cultures des pays les plus pauvres et les plus menacés par la mondialisation de la culture. À cet égard, la Belgique a accepté à Paris de participer à un Fonds de soutien à la diversité culturelle pour les pays du Sud: « La participation à ce fonds se fera sur base volontaire, explique Mme Simonet. Mais j'estime que malgré nos difficultés budgétaires, il faudra être cohérent et y contribuer ». Par ailleurs, l’autre défi consiste à « continuer le travail au niveau européen pour éviter qu'une nouvelle mouture de la directive Bolkenstein ne ramène en Europe la culture dans la seule sphère marchande. Ici aussi, il s'agira d'être cohérent et de faire comprendre aux 25 Européens que s'ils votent une Convention à l'Unesco, ils doivent appliquer la même politique au niveau européen ».

Or, rappelle Mme Fadila Laanan: « Il ne s’agit pas d’être opposé au cinéma américain que nous aimons tous, mais de permettre aux créateurs de notre pays -comme d’autres pays - de se faire connaître également! La diversité des cultures est un enrichissement de l’esprit ». "Soulignant le fruit d’une politique publique qui a permis de propulser les arts belges sur la scène internationale (…), les trois ministres ont martelé leur volonté de continuer à pratiquer sans relâche un intense lobbying international. Et la ministre-Présidente Mme Marie Arena de remarquer: « Tout petit pays sur la scène internationale, l'influence de la Belgique est pourtant considérable: nos experts sont écoutés, notre rayonnement culturel s’affirme. Nous continuerons d’être à la pointe du combat pour la diversité culturelle (…). La Communauté compte jouer un rôle d'aiguillon pour les autres États-membres  », indique-t-elle.