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Message du directeur général de l'UNESCO à l'occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel

Dans un message rendu public à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, le directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, rappelle que les documents audiovisuels — c'est-à-dire les images en mouvement et les enregistrements sonores — nous fournissent de précieux accès au passé. « Ils nous font pénétrer dans les drames collectifs de notre histoire récente, ils nous permettent de voir directement comment une discipline artistique était pratiquée, ils nous montrent des gens qui vaquent à leurs occupations dans des milieux qui peuvent avoir énormément changé — et il se peut du reste que leurs modes d'occupation aient changé tout autant. Ils nous en apprennent énormément sur nous-mêmes et sur les autres, sur ce que nous avons été, et sur ce qui nous a fait ce que nous sommes. »

Le directeur général précise que l'an dernier, à la 33e session de la Conférence générale de l'UNESCO, les États membres ont déclaré le 27 octobre Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, en soulignant que les éléments de ce patrimoine « portent un témoignage important et souvent unique sur l'histoire économique, politique et sociale, sur l'évolution de l'éducation, sur le savoir scientifique et sur la diversité des cultures des différentes nations et communautés, ainsi que sur l'évolution de la nature de l'univers et sur d'autres phénomènes ». Les auteurs de cette résolution, précise M. Matsuura, « étaient pleinement sensibles à l'extraordinaire fragilité de ces archives et au fait que les efforts pour les préserver peuvent être extrêmement coûteux, au point d'être pratiquement hors de portée de nombreux pays ».

Parlant de cette fragilité, le Directeur général fait valoir que, inondations et incendies, tempêtes et séismes peuvent faire disparaître ce patrimoine du jour au lendemain. La guerre, le vol et le vandalisme, sans parler de la simple négligence, ont détruit et continuent de détruire de nombreuses collections. Également, ajoute M. Matsuura, l'humidité, la chaleur, la poussière et les sels présents dans le milieu ambiant jouent également leur rôle; des pertes sont provoquées par l'obsolescence technique ainsi que par la dégradation physique qui touche non seulement les images et les enregistrements sonores anciens, mais aussi les « nouveaux » médias numériques.

Le Directeur général de l'UNESCO rappelle que « sauvegarder le patrimoine audiovisuel est une entreprise très complexe qui exige toute une gamme de solutions juridiques, institutionnelles, techniques et financières. Si rien n'est fait, précise-t-il, des chapitres entiers de ce patrimoine auront disparu dans moins de dix ans, ce qui entraînera un appauvrissement irréparable de la mémoire, la culture et l'identité de l'humanité. »

À l'occasion de cette première célébration de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, M. Matsuura en a appelé aux gouvernements, aux organisations internationales, à la société civile et au secteur privé « pour qu'ils donnent au patrimoine audiovisuel la reconnaissance qu'il mérite et, surtout, les ressources essentielles à sa préservation. C'est à cette condition seulement que nous pourrons permettre aux générations futures de jouir du patrimoine qui est encore entre nos mains, a-t-il conclu ».

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