Diversité culturelle

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Message du directeur général de l’UNESCO à l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel : « Le patrimoine audiovisuel, témoin de l’identité culturelle »

Le 27 octobre 2008 se déroulait la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel. Cette journée est consacrée à la réflexion « sur le pouvoir qu’ont le cinéma, la télévision et la radio de transmettre les idées et les informations et d’alimenter ainsi, dans le monde entier, le dialogue au sein des communautés et entre communautés ».

À l’occasion de cette journée, le directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a livré un message sur le thème « Le patrimoine audiovisuel, témoin de l’identité culturelle ».

En ouverture, M. Matsuura déclare : « Si le patrimoine nous permet de comprendre le passé, il reflète également les identités et la diversité culturelles des communautés qui vivent aujourd’hui. Le patrimoine audiovisuel, tout particulièrement, est l’un des principaux moyens par lesquels les sociétés contemporaines représentent leurs valeurs et expriment leur créativité. »

En cette année 2008, Année internationale des langues, souligne M. Matsuura, « la conception de contenus pour les télévisions et les radios locales, ainsi que la possibilité d’avoir accès à des cultures et à des points de vue différents par l’intermédiaire de chaînes nationales et internationales, sont particulièrement importantes à cet égard, car elles enrichissent encore la diversité mondiale et ouvrent des chemins de dialogue ». « Cependant, affirme le Directeur général, si le rôle que jouent les documents audiovisuels pour combler les distances est indiscutable, leur forme est intrinsèquement fragile et leur disparition représenterait la perte d’une part importante de notre patrimoine mondial, ainsi que de la mémoire et de l’identité de ceux qu’ils décrivent. » « C’est notamment cette fragilité qui a conduit la Conférence générale de l’UNESCO, à sa 33e session, à proclamer une Journée mondiale du patrimoine audiovisuel », rappelle M. Matsuura.

« La préservation du patrimoine suppose des efforts importants lorsqu’il s’agit de documents imprimés et écrits, mais, indique le Directeur général, les documents audiovisuels sont encore plus menacés — et à une échelle bien plus grande — que les supports conventionnels. » M. Matsuura rappelle que leur préservation est affectée par des facteurs aussi divers que la combustion spontanée pour les films au nitrate ou le syndrome du vinaigre pour les films à l’acétate, les attaques de bactéries ou de champignons, l’altération des couleurs ou la détérioration du son, le syndrome de la bande collante ou la démagnétisation et l’obsolescence technique, ainsi que l’absence de législation et de cursus de formation pour le personnel professionnel ou technique.

Le Directeur général fait conséquemment le constat suivant : « Il est donc urgent non seulement d’accroître la sensibilisation à ces questions, mais également d’allouer à la préservation les ressources humaines et financières nécessaires afin que les générations futures puissent bénéficier de l’héritage du passé. Sans une action concertée, ce patrimoine est condamné et, avec lui, l’existence de certaines communautés autochtones dont les voix ne vivent plus que par les enregistrements audiovisuels qui en ont été faits avant que leur monde ne disparût. »

M. Matsuura conclut en lançant cet appel : « En cette deuxième Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, j’appelle les partenaires et les amis de l’UNESCO — gouvernements, organisations internationales, société civile et secteur privé — à travailler avec nous à ce que le patrimoine audiovisuel reçoive la reconnaissance qu’il mérite, tant comme témoin de l’identité culturelle que comme gardien de la diversité linguistique et culturelle du monde. »

Nous vous invitons à prendre connaissance de la version intégrale du message de M. Matsuura sur le site Internet de l’UNESCO.