Diversité culturelle

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Diversité culturelle et développement durable : « le développement durable passe par des lois équitables entre les pays »

Mme Michèle Gendreau-Massaloux, rectrice de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) - le 19 novembre 2004 - 2004/11/19

Dans ses propos recueillis par Ariane Poissonnier, journaliste à RFI, Mme Gendreau-Massaloux revient sur la conception francophone du développement durable, et détaille les recommandations des membres de l'AUF aux chefs d'État et de gouvernement réunis à Ouagadougou dans le cadre du Xe Sommet de la Francophonie. De fait, elle souligne que la diversité fait partie du message du développement durable et que les stratégies conduisant chaque société vers le développement durable passent par des rapports entre pays qui ne soient pas ceux de la loi du plus fort imposée aux plus faibles. Elle déclare en outre que cette conception du développement durable que l'AUF défend n'est pas monolithique. Selon elle, «c'est en cela, effectivement, qu'on ne peut dissocier cette vision du développement durable du grand élan que la Francophonie politique soutient en faveur de la création, à l'UNESCO, d'un instrument juridique pour protéger les biens et les expressions culturelles. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) apporte des outils utiles au développement des échanges, mais pour la Francophonie, pas d'OMC sans garanties particulières pour les biens culturels. Parce que ce n'est pas en développant le libéralisme économique que la production culturelle d'un village du Gabon, ses masques, par exemple, dans lesquels s'expriment des traditions et un art, va trouver sa place dans l'imaginaire du monde. Ces objets parlent - ils expriment une représentation des ancêtres, une puissance qui peut encourager chacun à faire preuve de son tempérament créatif - et ils parlent aussi bien en Europe qu'en Amérique, en Afrique, ou en Asie. Il faut encourager leur circulation. La convention (.) aura pour vertu de faire en sorte que les biens culturels ne dépendent pas des seules règles de l'OMC pour leur diffusion».

C'est pourquoi, soutient Mme Gendreau-Massaloux, la Francophonie promeut la Convention sur la diversité culturelle, et elle a les moyens de faire prévaloir cette conception à l'échelle mondiale. Elle déclare: «la tentation hégémonique de chaque culture me semble être une loi universelle. Par conséquent, la culture anglo-saxonne n'est pas plus envahissante qu'une autre : elle semble l'être aujourd'hui à cause de sa suprématie économique. Il ne s'agit pas d'interdire à la culture anglo-saxonne d'être forte et vivante, mais simplement d'éviter que les biens culturels de souche américaine ne se substituent progressivement aux biens que peuvent produire des femmes et des hommes n'ayant pas la même représentation du monde, et qui sont également estimables et intéressants. (Disponible en français)