Diversité culturelle

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Créer comme personne d'autre ! La diversité culturelle, une richesse pour le monde

Jean Charest, Premier ministre du Québec, le 10 novembre 2005 – 2005/11/10

"Le Québec est le premier État au monde à approuver la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles". C'est en ces mots que le Premier ministre du Québec, M. Jean Charest, a salué le vote unanime des membres de l'Assemblée nationale, le 10 novembre dernier, de la motion déposée par le gouvernement proposant que l’Assemblée nationale approuve la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée à la 33 e session de la Conférence générale de l'UNESCO, le 20 octobre dernier.

En effet, comme le souligne le Courrier parlementaire dans son édition du 11 novembre, l'Assemblée nationale du Québec est devenue probablement le premier parlement au monde à étudier, débattre et ratifier à l’unanimité (par un vote de 106 pour, 0 contre et 0 abstention) la Convention internationale de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Le Québec ayant joué un rôle d'avant plan tout au long du processus d'adoption à l’UNESCO, ce geste du Parlement québécois a plus qu'une valeur symbolique. C’est pourquoi, à cette occasion, le Premier ministre Charest a déclaré : « Avec l'approbation de cette Convention par l'Assemblée nationale, une page importante de notre histoire culturelle et diplomatique est tournée aujourd'hui. Si le Québec s'est posé comme un précurseur en matière de défense du caractère spécifique de la culture dans les négociations commerciales internationales, aujourd'hui il devient le premier gouvernement au monde à approuver la Convention. Je suis fier de ce vote unanime qui met en relief l'attachement des Québécois et des Québécoises à nos créateurs ».

Déjà à Paris où l'adoption de la convention à la 33 e Conférence générale de l’UNESCO semblait acquise, la ministre de la Culture et des Communications, Mme Line Beauchamp, déclarait à la presse le 14 octobre dernier: « Il faut commencer le travail diplomatique sur le processus de ratification, il faut faire un travail de mobilisation (…). Le Québec souhaite être parmi les premiers États à approuver cette Convention et c'est l'Assemblée nationale qui sera le lieu privilégié pour la tenue d'un événement solennel et historique en novembre». Ce qui signifie que cette approbation intervient moins d’un mois à peine. Aussi, la ministre Beauchamp souligne-t-elle ce geste de l’Assemblée nationale du Québec, tout en relevant que « Les prochaines étapes seront cruciales. Il faut encore voir à la ratification de la Convention par le plus grand nombre de pays membres de l'UNESCO et à sa mise en œuvre, un travail de longue haleine auquel le Québec continuera de contribuer activement ». À cet égard, elle a rendu hommage aux responsables de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle pour tout le travail accompli et, s’est dit convaincue que le gouvernement du Québec et la Coalition « allons poursuivre conjointement nos efforts pour toujours mieux défendre et promouvoir notre culture ».

Vantant les mérites de la Convention, la ministre des Relations internationales, Mme Monique Gagnon-Tremblay, voit dans l’approbation de la Convention par l’Assemblée nationale la reconnaissance du résultat de l’action de son gouvernement : «Une attitude responsable du gouvernement du Québec démontrant une diplomatie équilibrée et mature, discrète, mais efficace, dans un climat de bonne collaboration avec le gouvernement fédéral. Il est garant de ce que le Québec pourra accomplir au sein des délégations canadiennes à l'avenir». Pour la ministre, « il faut profiter au maximum de ce succès de la diplomatie québécoise pour faire progresser les choses. Le Premier ministre, mes collègues à la Culture et aux Communications, au Développement économique, à l'Innovation et à l'Exportation et moi-même, de même que les représentants du Québec à l'étranger ne ménageront aucun effort pour sensibiliser nos interlocuteurs étrangers à l'importance de ratifier rapidement et en grand nombre la Convention de l'UNESCO. Je profiterai moi-même de la Conférence des ministres de la Francophonie à Madagascar pour sensibiliser mes collègues francophones à l'importance de cette ratification », a-t-elle déclaré.

Pour sa part, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, M. Claude Béchard a indiqué: « La Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est un instrument qui tombe à point. Elle sera un outil de référence pour les États qui font face à des pressions pour libéraliser leurs secteurs culturels, en contribuant à légitimer au plan international leurs politiques culturelles».

À son tour, la chef de l’opposition officielle, Mme Louise Harel, s’est exprimée en ces termes: « Nous célébrons aujourd'hui le fil d'arrivée d'un effort gigantesque qui a été initié ici même, au Québec, et cet effort a constitué à persuader, à convaincre de la nécessité de l'adoption d'un instrument international sur la diversité culturelle (…). Maintenant, le débat se déplace dans les capitales et les nations du monde, et cette Convention doit être ratifiée au moins par 30 États membres (…) mais nous espérons que, dans les délais prescrits, ces États puissent, le plus rapidement possible, adopter cette Convention pour le mieux-être de leur population. »

Le porte-parole de l'opposition officielle, le député Daniel Turp, rappelant le rôle de la Commission parlementaire sur la culture, qui s’est donnée un mandat d'initiative pour étudier les détails du texte de la Convention proposé aux pays membres de l'UNESCO, a déclaré: « Je crois qu'un nouveau pas a été franchi dans ce domaine, puisque, lorsqu'il s'agira d'engagements internationaux de l'importance de celle de la Convention sur la diversité des expressions culturelles que nous allons approuver, une participation accrue des parlementaires est souhaitable, de telle sorte que le Parlement, et non seulement le gouvernement, soit associé à la conclusion de tels engagements internationaux ». Effectivement, sur cette Convention, les députés sont intervenus avant son adoption et aussi après, pour y donner leur approbation. Aussi, le député déclare-t-il : « Cette Convention pourrait contribuer à pérenniser les cultures du monde, à assurer leur diversité, la diversité culturelle et la diversité des expressions culturelles. J'espère qu'elle permettra à celles-ci d'enrichir plus qu'elles ne l'ont jamais fait le patrimoine commun de l'humanité et que cette Convention ne sera pas étrangère à son enrichissement ».