Diversité culturelle

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La 8e Réunion ministérielle annuelle du RIPC souhaite que la Convention sur la diversité des expressions culturelles entre en vigueur le plus tôt possible – Dakar, le 21 novembre 2005

La 8e Réunion ministérielle annuelle du Réseau international sur la Politique culturelle (RIPC), que présidait M. Mame Birame Diouf, ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé du Sénégal, s’est tenue à Dakar du 20 au 23 novembre dernier avec la participation des représentants de trente pays et de 5 organisations internationales. À cette occasion, les participants ont souligné la contribution du RIPC dans l’adoption par l’UNESCO de la Convention internationale pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Ils ont de plus souhaité que la Convention entre en vigueur le plus tôt possible et qu’elle soit rapidement mise en œuvre. Ils ont de plus félicité l’UNESCO qui a permis cette adoption dans le délai de deux ans souhaité par la grande majorité des États membres. Le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation, dont le mandat a été renouvelé, devra définir des stratégies pour stimuler et faciliter la ratification de cette Convention et sa mise en œuvre.

Par ailleurs, les Ministres du RIPC ont reçu des représentants de la société civile, avec lesquels ils ont convenu de leur objectif commun d’une ratification rapide de la Convention par le plus grand nombre d’États possible. À cet égard, le Comité International de Liaison des Coalitions pour la diversité culturelle (CIL) qui rassemble 31 Coalitions regroupant environ 500 organisations professionnelles de la culture de toutes les régions du monde, dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, du spectacle vivant et des arts graphiques et plastiques, a salué l’action déterminante du RIPC dans l’élaboration et l’adoption de la Convention UNESCO. Pour le CIL, les dispositions de cette Convention « vont légitimer la position des États qui refusent de libéraliser les biens et services culturels dans les accords commerciaux internationaux ». Il souligne à cet effet que « nos politiques culturelles étaient menacées par les accords commerciaux internationaux bilatéraux, régionaux et multilatéraux) et qu’une course était lancée pour essayer de limiter les possibles dégâts causés par de tels accords. Cette course impliquait l’adoption impérative d’une convention sur la diversité des expressions culturelles par l’UNESCO à l’automne 2005 et elle appelle à présent une ratification rapide de cette même convention par un nombre très important de pays (…).Mais pour que la Convention prenne toute sa mesure, ce sont au moins 50 ou 60 États qui doivent l’avoir ratifiée. Pour cela, il faudra qu’ils résistent aux pressions en sens contraire venues du Gouvernement américain et ils auront besoin du soutien indéfectible des pays qui ont permis que le texte de la convention voit le jour et soit adopté. C’est pourquoi une grande campagne de ratification et de mise en œuvre dont vos États seraient les initiateurs est appelée de nos vœux ».

Pour sa part, le député Jean-Pierre Paquin, membre de la délégation canadienne, a rappelé que l’Assemblée nationale du Québec a déjà approuvé à l’unanimité, le 10 novembre, la Convention sur la diversité des expressions culturelles et que, dans la foulée de cet engagement, le gouvernement du Québec conduira, en collaboration avec les gouvernements du Canada et de la France, ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Union européenne, une campagne soutenue pour convaincre le plus grand nombre d'États de procéder avec diligence à sa ratification. Selon lui, l’intensité de la mobilisation en faveur d’une ratification rapide, n’interdit pas de se pencher sur la mise en œuvre de la Convention. En effet, dès l’entrée en vigueur de celle-ci, il faudra relever le défi d’assurer une mise en œuvre dynamique et "inspirée". Il ne suffit pas d’obtenir l’entrée en vigueur, encore faut-il faire en sorte que la Convention profite d’une impulsion que seuls les États parties peuvent lui donner au moment de sa mise en œuvre, souligne-t-il.

La 9e réunion du RIPC se tiendra au Brésil du 27 au 29 novembre 2006 à l’invitation du ministre de la Culture du Brésil, M. Gilberto Gil.