Diversité culturelle

Communiqués / Discours / Déclarations

Adoption de la Convention sur la diversité des expressions culturelles à l’UNESCO: "L es États-Unis pourront tenter d'empêcher les États de ratifier la Convention ou d'entraîner les États à ne pas en abuser"

Dan Glickman, président de la Motion Picture Association of America (MPAA), le 24 octobre 2005 – 2005/10/24

L'adoption par la quasi-totalité des pays membres de l'Unesco, jeudi 20 octobre, contre l'avis des États-Unis, de la Convention sur la diversité des expressions culturelles, était au centre d'une table ronde aux Rencontres cinématographiques de Beaune (Côte-d'Or), vendredi 21 octobre, sur le thème « OMC-UNESCO, quelle complémentarité pour quelle diversité culturelle ? », qui aborde la question centrale des rapports de la Convention UNESCO avec l’OMC. Devant un public dense de professionnels du cinéma, ces Rencontres étaient présidées par la cinéaste Jeanne Labrune et avec la participation de nombreuses personnalités dont le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, Dan Glickman le président du syndicat des majors américaines du cinéma (Motion Picture Association of America), Pascal Rogard, directeur général de la SACD et président de la coalition française pour la diversité culturelle, Jack Ralite, sénateur.

Dans son édition du 24 octobre, Le Monde rapporte que Dan Glickman, seul représentant américain dans ces Rencontres, et qui défend les intérêts des studios hollywoodiens, s'est déclaré "d'accord avec le projet de convention" mais "préoccupé" par les "ambiguïtés" et l'aspect trop "vague" du texte. "Le diable est dans les détails", a indiqué M. Glickman pour qui « tous les pays qui négocient des accords commerciaux pourront trouver qu'il existe toujours un point de vue culturel dans le café, la banane, le coton ou le fromage...». Il a notamment invité les professionnels du cinéma européen à « travailler pour s'assurer que la Convention ne puisse pas contribuer à fermer les frontières, restreindre des flux d'information ou réduire la liberté d'expression », en citant l'Iran, qui a décidé de restreindre la diffusion des films américains.

Lançant les premiers coups de semonce en réaction à l’adoption de la Convention sur la diversité des expressions culturelles, M.Glickman a de ce fait déclaré qu’aucun État n’avait le droit d’utiliser la nouvelle convention pour bloquer des produits (des films américains). Si les actions des pays contreviennent aux règles de l’OMC, a-t-il dit, " il y aura des conflits" . L’UNESCO n’a pas à se mêler de commerce, a-t-il indiqué en substance.

Pour sa part, s'exprimant à Rome, M. Kristin Silverberg, haut responsable du Département d'État américain, a déclaré que les États-Unis pourront "tenter d'empêcher" les États de ratifier la Convention ou "d'entraîner les États à ne pas en abuser".

Par ailleurs, interrogé sur une radio argentine le 26 octobre dernier, l’ambassadeur américain en Argentine, M. Lino Gutierrez, a indiqué que les États-Unis auront recours à des accords bilatéraux sur le continent américain en cas d’échec de leur initiative en vue de former la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Les États-Unis n’ont pas l’intention de renoncer à leur projet de zone de libre-échange en Amérique, mais «si on ne peut pas arriver au libre-échange par la voie multilatérale, nous le ferons par la voie bilatérale», a déclaré l’ambassadeur.