Diversité culturelle

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Discours du Directeur général de l'UNESCO, en introduction au débat de politique générale à l'occasion de la 34e session de la Conférence générale de l'UNESCO

Le 17 octobre 2007, le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a prononcé un discours en introduction au débat de politique générale à l'occasion de la 34e session de la Conférence générale de l'UNESCO. Il s'agit d'un discours de grande importance dans lequel le Directeur général jette un regard sur les grandes réalisations de l'UNESCO, sur sa mission, ses orientations quant aux actions à venir, ses orientations budgétaires.

Dans les lignes qui suivent, en lien avec le thème de notre Bulletin, nous portons à votre attention les éléments du discours de M. Matsuura qui abordent la question de la diversité des expressions culturelles. Nous vous invitons cependant à prendre connaissance de l'ensemble des thèmes abordés par le Directeur général en consultant la version intégrale de son allocution .

Durant son intervention, M. Matsuura a entre autres tenu à rappeler les fondements de la mission de l'UNESCO. À cet égard, il a rappelé que « l'impératif global consistant à contribuer à l'édification de la paix, à l'élimination de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel, qui reste toujours d'une actualité et d'une urgence cruciales, constituera notre énoncé de mission en tant qu'Organisation. »

M. Matsuura a ensuite présenté les cinq grands objectifs stratégiques que poursuivra l'UNESCO et qui constitueront la trame de l'action de son organisation. La promotion de la diversité culturelle s'inscrit parmi ces objectifs. À ce sujet, M. Matsuura a déclaré : « Mais le développement et le dialogue sont d'abord et avant tout des projets humains. Promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix c'est reconnaître que la culture accompagne toute l'activité humaine, et qu'elle est indissociable du développement. C'est aussi démontrer l'importance des échanges et du dialogue pour la cohésion sociale et la réconciliation, et donner toutes ses chances à l'instauration d'une culture de la paix véritable. »

M. Matsuura a poursuivi en présentant les cinq fonction spécifiques à travers lesquelles l'UNESCO soutiendra sa trame d'action. Une des premières fonctions reconnues à l'UNESCO, soutient-il, est celle de « laboratoire d'idées ». À ce sujet, le Directeur général a déclaré : « Par là, on entend la capacité de l'Organisation à engager dans ses différents domaines de compétence des débats au sein de la communauté internationale sur des enjeux globaux de façon informée, critique et réflexive. Les commissions nationales, les chaires, les centres et instituts sont des partenaires irremplaçables à cet égard. (...) La façon dont nous pouvons intégrer les principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans les politiques du développement durable en est un autre exemple. Il s'agit là d'un véritable défi pour notre Organisation, qui a entrepris un important travail de réflexion et de clarification des concepts sur la dynamique des cultures. Ce travail se poursuit aujourd'hui dans le cadre de la préparation du prochain Rapport mondial sur la diversité culturelle et de tous nos travaux sur le dialogue interculturel. », a soutenu M. Matsuura.

Le Directeur général a ensuite fait remarquer qu'une autre des cinq fonctions dont s'acquitte l'UNESCO depuis sa création est la « fonction normative ». À ce chapitre, il a déclaré : « Le domaine de la culture a été particulièrement concerné, avec la Déclaration universelle sur la diversité culturelle en 2001, la Convention sur le patrimoine culturel subaquatique la même année, puis en 2003 celle sur le patrimoine immatériel ainsi que la Déclaration sur la destruction intentionnelle du patrimoine culturel, et enfin la Convention sur la diversité des expressions culturelles en 2005. Ces deux dernières conventions ont connu un succès exceptionnel, tant par la rapidité de leur entrée en vigueur que par leur nombre de ratifications - avec respectivement 82 États Parties pour la Convention de 2003 et 70 Parties pour celle de 2005. Les travaux d'élaboration de leurs directives opérationnelles sont en bonne voie, et elles devraient prochainement, l'une et l'autre, commencer à livrer leurs promesses. », a précisé M. Matsuura.

Le Directeur général a ensuite rappelé que, en revanche, la Convention de 2001 ne compte que 15 États Parties à ce jour, et n'est de ce fait toujours pas entrée en vigueur. « C'est donc pour moi l'occasion d'en appeler à vous pour ratifier au plus tôt cette Convention, qui ne mérite pas la désaffection dont elle est l'objet. », a-t-il insisté. Rappelant que sur les 35 Conventions adoptées depuis la création de l'Organisation, 22 concernent le domaine de la culture, M. Matsuura a déclaré : « Ainsi, UNESCO se trouve dotée d'un socle normatif exhaustif, apte à protéger et promouvoir, de manière complémentaire, les multiples aspects de la diversité culturelle. »

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