Diversité culturelle

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Messages de l'UNESCO à l'occasion de la Première session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles à Ottawa, Canada, 10-13 décembre 2007

Le 10 décembre 2007, alors qu'il était de passage à Dakar pour la réunion du Groupe de haut niveau pour l'Éducation pour tous, le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a adressé un message (voir la vidéo) aux participants à la Première session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles qui s'ouvrait à Ottawa (Canada).

En introduction, M. Matsuura a d'abord transmis ses vœux de succès à l'occasion de cette Première session du Comité intergouvernemental. Il a rappelé que la promotion de la diversité culturelle compte parmi les grands objectifs prioritaires de son Organisation, et ce depuis sa création. En outre, il a tenu à souligner que la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, dernier instrument adopté par l'UNESCO dans le champ culturel, est venue compléter le socle normatif permettant à son Organisation de réaliser cet objectif.

« La première Conférence des Parties, qui s'est réunie au Siège de l'UNESCO du 18 au 20 juin dernier, a franchi une étape importante, a déclaré le Directeur général. Elle a su tracer le chemin à suivre pour la mise en œuvre de cette Convention en faisant preuve de rigueur et de détermination tout autant que de souplesse et de réalisme. Mais sa caractéristique majeure – aux yeux de tous – a été son souci d'efficacité dans le consensus. Je ne doute pas que cet esprit continuera de guider vos travaux. »

M. Matsuura a ensuite manifesté sa grande satisfaction face au rythme soutenu et régulier avec lequel les ratifications de cette Convention sont enregistrées, améliorant chaque fois leur représentation géographique. « Depuis les premières ratifications pionnières — celles du Canada et de Maurice —, ce sont à présent 76 Parties que compte la Convention. C 'est un encouragement supplémentaire pour nous tous, a-t-il ajouté. »

Dans son intervention, le Directeur général a également déclaré : « Si cette Convention était attendue, les outils qu'elle va, grâce à vous, proposer pour soutenir les expressions culturelles le sont plus encore ». À cet égard, M. Matsuura a fait valoir les nombreux sujets que cette première session du Comité intergouvernemental pour la protection et la protection de la diversité des expressions culturelles allait devoir traiter en quatre jours. « Vous allez devoir définir des méthodes de travail, dresser un calendrier, procéder à un premier échange de vues sur les modalités novatrices qui permettront de développer la coopération internationale en matière culturelle ou encore renforcer la place de la société civile ; il faudra aussi convenir de l'utilisation du Fonds international pour la diversité culturelle. Ce sont des orientations claires et pragmatiques qui doivent être élaborées dans tous ces domaines sous la direction de votre Comité intergouvernemental, a affirmé M. Matsuura. »

Pour le Directeur général, l'enjeu sera de parvenir à aider à l'émergence d'un secteur culturel dynamique. Il a également précisé que ce sera aussi de favoriser la construction et le développement d'industries culturelles et créatives performantes pour le développement durable, la réduction de la pauvreté et la cohésion sociale. « C'est l'enrichissement de tous les citoyens du monde, nourris, à travers un dialogue fécond, de toutes les expressions culturelles de la planète, auquel nous aspirons à travers cet instrument, a indiqué M. Matsuura. »

Concluant son message, le Directeur général de l'UNESCO a émis l'avis qui suit : « Les regards de la communauté internationale sont aujourd'hui tournés vers vous, dans l'attente des décisions que vous prendrez, et qui engageront l'avenir. Je vous souhaite donc plein succès dans vos travaux, dont je suivrai les résultats avec la plus grande attention. »

Pour sa part, dans un discours prononcé à l'ouverture de la rencontre d'Ottawa, Mme Françoise Rivière, sous-directrice générale pour la culture de l'UNESCO, a déclaré que le rythme des ratifications n'est pas près de fléchir. En effet, a-t-elle souligné, une quinzaine d'États membres représentant l'ensemble des groupes électoraux de l'UNESCO ont annoncé avoir entamé et pour certains même terminé leur processus interne de ratification. « Je suis heureuse d'annoncer que le Royaume-Uni a remis au Directeur général son instrument de ratification le 7 décembre. Ce résultat est le reflet des efforts de toute la communauté internationale, et notamment ceux de l'Organisation internationale de la francophonie et de son Secrétaire général, Monsieur Abdou Diouf, du Réseau international pour la politique culturelle (RIPC) ainsi que ceux des diverses coalitions de la société civile. »

Mme Rivière a de plus fait valoir que si le mouvement est amorcé, il faut continuer de lui apporter notre soutien. « La légitimé de tout instrument est lié en effet au nombre de ratifications représentant toutes les régions du monde, a-t-elle noté. De plus, la solidarité internationale, qui est un élément majeur de cette Convention, ne peut prendre son sens qu'à travers une représentation géographique équilibrée des Parties. »

En ce qui concerne les sujets à l'ordre du jour de cette première rencontre du Comité intergouvernemental, Mme Rivière a souligné aux participants que les projets de décision qui leur ont été soumis ne proposent pas d'organiser une réunion d'experts d'ici leur prochaine session. « C'est que le temps nous est compté, et que les effectifs du Secrétariat de la Convention le sont aussi. Le travail à mener est colossal ; il est urgent, a-t-elle affirmé. » Pour cette raison, Mme Rivière a lancé un appel pour que des experts associés ou des experts nationaux soient détachés auprès de la section qui assure le Secrétariat de la Convention. Les besoins les plus pressants, a-t-elle fait valoir, sont les projets opérationnels en vue de favoriser l'émergence d'un environnement propice aux industries culturelles, à travers des partenariats permettant l'échange de connaissances et de bonnes pratiques, dans le respect de l'égale dignité des cultures, principe souverain de la Convention.

Dans un autre ordre d'idée, la sous-directrice générale pour la culture a annoncé que l'UNESCO célébrera, à travers le monde, le 21 mai 2008, la Journée de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Mme Rivière a expliqué qu'il s'agira de mettre en avant les avancées conceptuelles de la Convention, en associant des artistes de toutes les régions afin d'illustrer la nécessité de protéger et de promouvoir la diversité des expressions culturelles.

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