Diversité culturelle

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Discours de M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, à l’occasion de la Réunion d’experts « Pour une intégration des principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans les politiques du développement durable »

Du 21 au 23 mai 2007, au Siège de l’UNESCO, s’est tenue une réunion d’experts sur le thème « Pour une intégration des principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans les politiques du développement durable ». Cette réunion, organisée par l’UNESCO, en coopération avec l’Organisation arabe pour l'éducation, la culture et la science (ALECSO), avait comme objectif de traduire en propositions politiques concrètes les principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel après une analyse critique du vocabulaire utilisé à cet égard dans la communauté intellectuelle et dans le monde politique.

Le 21 mai 2007, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a prononcé un discours à l’ouverture de la réunion. Dans son allocution, il a d’abord tenu à saluer la présence de M. Mongi Bousnina, Directeur général de l’ALECSO, avec qui l’UNESCO travaille étroitement depuis de longues années. M. Matsuura a également remercié les différents experts, issus d’organisations gouvernementales et non gouvernementales, qui ont généreusement accepté de prendre part à cette rencontre.

« Aujourd’hui, la communauté internationale a besoin de s’entendre sur un vocabulaire et une méthodologie pour intégrer de façon novatrice les principes de la diversité culturelle et du dialogue au cœur des politiques du développement durable, a déclaré M. Matsuura, en ouverture. Dans le cadre du système des Nations Unies, c’est ce à quoi s’emploie l’UNESCO, en particulier à travers l’adoption de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle (2001) », a-t-il poursuivi. Selon M. Matsuura, « de fait, tout le travail mené par l’UNESCO depuis sa création dans ce domaine, et qui a notamment permis l’adoption de sept conventions internationales en faveur de la sauvegarde et promotion de la diversité culturelle sous ses multiples aspects, montre bien aujourd’hui à quel point les cultures ne sont pas fermées sur elles-mêmes. »

Selon M. Matsuura, « l’enjeu terminologique est d’importance, car à terme, il engage et sous-tend toute notre conception de la diversité culturelle. Il engage également notre capacité à faire valoir auprès des États, comme de l’ensemble du système des Nations Unies et des agences de développement, le rôle de la culture, ainsi que des échanges culturels et du dialogue interculturel, dans l’émergence d’un véritable développement durable. » Pour répondre à ces défis, poursuit-il, des lignes d’actions ont déjà été tracées. À titre d’exemple, M. Matsuura cite, entre autres, les actions et/ou positions découlant de l’agenda global des Nations Unies pour un dialogue entre les civilisations de 2001, du Rapport du Groupe de haut niveau de l’Alliance des civilisations publié à l’automne 2006, et du Sommet mondial sur le développement durable tenu en 2002, à Johannesburg.

Poursuivant sur le même sujet, M. Matsuura a tenu à rappeler que « l’UNESCO a mis tout au long des dernières années, de façon intersectorielle et pluridisciplinaire, un accent renforcé sur le dialogue des cultures, l’éducation de qualité, la révision des manuels scolaires, la promotion de la diversité culturelle, linguistique et religieuse, conduisant ainsi à la préparation en 2006 d’un Plan d’action pour la promotion du dialogue entre les peuples adopté par le Conseil exécutif de notre Organisation. Sans doute est-il temps, à présent, d’articuler ces différentes initiatives, de clarifier les concepts utilisés, et d’apporter de la cohérence dans notre réflexion. C’est bien l’enjeu de cette journée, dont je constate avec plaisir qu’elle abordera aussi bien des questions de terminologie que des questions de politiques pratiques et concrètes », a précisé M. Matsuura.

Au terme de son allocution, M. Matsuura a déclaré : « Plus que jamais consciente de l’importance nouvelle des liens identifiés entre diversité culturelle, dialogue interculturel et développement durable, l’UNESCO (…) a une responsabilité très lourdement engagée à cet égard. Il en va de notre aptitude à nous donner les moyens, dans l’espace nouveau créé par la mondialisation, de concilier universalité des droits et diversité de la condition humaine. C’est donc avec grand intérêt que je suivrai les résultats de vos débats, qui j’en suis sûr seront à la mesure des enjeux. »

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