Diversité culturelle

Publications et études

European films and the Information Society: Informal Meeting of Ministers for Audiovisual, Europe Day

Viviane Reding, Member of the European Commission responsible for Information Society and Media, Cannes, 16 May 2005 – 2005/05/16

Mme Viviane Reding, Commissaire en charge de la Société de l'information et des Médias, à la Commission européenne, s'est exprimée dans le cadre d'une réunion informelle des ministres européens en charge de la politique audiovisuelle à Cannes le 16 mai, réunion centrée notamment sur l'impact de la Société de l'information sur l'industrie européenne du film. À cette occasion, Mme Reding a déclaré que « les possibilités, pour tout un chacun, d'accéder à des films en ligne étaient vouées à s'accroître de façon spectaculaire, et que l'Europe devait se saisir de cette chance pour exploiter de nouveaux marchés et offrir davantage de choix au grand public ». Cependant, elle a relevé que « les droits de propriété intellectuelle représentent le coeur économique du secteur audiovisuel en tant qu'activité créative (et jouent) un rôle vital pour stimuler l'investissement, la croissance, la création d'emplois et la diversité culturelle dans l'Union européenne ».

Si l'avènement du film en ligne présente des opportunités à la fois pour l'industrie cinématographique, en termes d'accès à de nouveaux marchés internationaux et de niches, ainsi que pour les fournisseurs d'accès à l'Internet, Mme Reding a toutefois averti qu'aucun modèle commercial viable ne saurait être bâti sur un système « clandestin » de téléchargement et de partage illégaux de fichiers: « Les titulaires des droits doivent percevoir une part équitable de revenu », a fait valoir la Commissaire. Dans la lutte contre ce type de piratage, elle a salué la réponse dite « échelonnée » en cours de mise en place dans certains États membres et prôné un échange des meilleures pratiques en la matière. Elle a également prôné la mise en place de programmes éducatifs visant à mettre en relief l'importance des droits attachés à la propriété intellectuelle au regard de la disponibilité du contenu, en exprimant qu'« Il y a un besoin urgent de dialogue constructif entre l'industrie cinématographique et les fournisseurs d'accès pour faire en sorte que la distribution en ligne s'opère dans un cadre légal. L'inondation du marché par le partage de fichiers vidéos illicites pourrait se traduire par une perte de recettes désastreuse, comme on a pu l'observer avec la musique ». Elle a conclu en promettant que la Commission allait étudier les possibilités de concevoir des mécanismes de financement pour la distribution en ligne, à travers le programme MEDIA 2007 par exemple, ainsi que d'encourager la numérisation des nouvelles oeuvres audiovisuelles en vue de leur distribution en ligne.

Dans une déclaration précédente au journal Libération, elle confiait  que le film en ligne était « un moyen supplémentaire de consommation culturelle, comme le furent au siècle dernier la télévision et la vidéo ». Cependant, se demandait-elle: « Quelle politique mener dans l'UE face au marché supplémentaire qu'est le cinéma sur l'Internet? Quelles sont les bonnes pratiques identifiées dans ce domaine? Comment améliorer la coopération entre les industries de la création et les fournisseurs d'accès? Comment faire du film en ligne un outil de promotion de la diversité culturelle? Les nouvelles technologies vont-elles permettre aux films européens de conquérir de nouveaux marchés hors d'Europe? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles la Journée de l'Europe 2005 au Festival de Cannes essaiera de répondre », déclarait-elle. Elle faisait notamment le constat que « Les films produits dans les nouveaux États membres de l'Europe peinent à trouver leur chance, jusque dans leur pays de production, face au rouleau compresseur des blockbusters des majors américaines », et soulignait que « les nouvelles technologies de l'information et des télécommunications apportent une réponse. Un marché supplémentaire naît: celui du film « en ligne », via les services de large bande et les sites Internet proposant des films à la demande ». Elle soutenait notamment que « L'industrie audiovisuelle européenne et l'industrie européenne des télécommunications, dont les activités se rapprochent, convergent, doivent être présentes et compétitives sur ce nouveau marché (…) Leur capacité de trouver une clientèle dépend largement des réponses qui seront trouvées à une série de questions : disponibilité des oeuvres pour une vente en ligne, contribution de ce nouveau marché à la création d'oeuvres à venir, prévention de sites « pirates » proposant des téléchargements, etc. Répondre à ces questions est d'abord l'affaire des industries elles-mêmes. Mais je suis persuadée qu'une réflexion européenne commune sur ce sujet est utile ».

Dans une entrevue au Figaro économie, Mme Reding soulignait que bien qu'étant responsable d'une direction qui s'occupe autant de contenus que de nouvelles technologies, il était « possible de défendre longtemps les principes de la diversité culturelle ». Selon elle, « Ces principes sont en aval de tout ce que fait l'Europe en matière culturelle. La diversité culturelle restera l'âme de l'Europe pour la bonne raison qu'elle est elle-même une mosaïque. Dans la nouvelle Constitution, deux éléments protègent ces principes. D'abord, les décisions concernant l'audiovisuel continuent d'obéir à un vote à la majorité qualifiée – c'est une première garantie. Et puis sur le plan du commerce international, la Constitution fait en sorte que jamais la culture puisse servir de monnaie d'échange dans le cadre d'une négociation commerciale. Elle restera un secteur non négociable ». [05-17]