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Stratégie en faveur de la dynamique du libre-échange : "M. Zoellick présente son plan de relance des négociations commerciales"

M. Robert Zoellick, United States Trade Representative, Washington, DC, 14 mai 2004 - 2004/05/14

Dans le cadre de la réunion ministérielle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui se tenait à Paris, le représentant des États-Unis pour le Commerce extérieur, M. Robert Zoellick, a prononcé, le 13 mai 2004, lors d'une visite au Sénat français, un important discours dans lequel il plaide en faveur de la reprise des négociations au sein de l'OMC, connues sous le nom de Programme de Doha pour le développement, et invite notamment les États membres de l'OMC à profiter de l'actuelle embellie de l’économie mondiale pour relancer les négociations commerciales internationales paralysées depuis plusieurs mois. Dans son allocution, il fait un vaste tour d'horizon de ce dossier, soulignant le rétablissement d'un climat propice aux négociations mais décrivant aussi les sérieux obstacles qui se dressent encore sur la voie d'un accord et propose une stratégie destinée à favoriser la marche rapide sur ce chemin.

M. Zoellick souligne que dans les six mois qui ont suivi Cancun, les États-Unis ont "fait avancer parallèlement les négociations avec tous les pays disposés à de réels compromis" : ainsi, les Américains ont conclu de nouveaux accords de libre-échange avec huit pays, se sont rapprochés de six autres pays, et annoncent des projets de négociations avec six autres encore. Comme l’affirme M. Zoellick : «Notre stratégie en faveur de la dynamique du libre-échange nous a permis de résister aux forces protectionnistes». Même s’il affirme que "l’élan est de retour", il reconnaît que "notre capacité à progresser de manière notable d'ici à l'été prochain dépend de deux avancées": résoudre les questions identifiées à Singapour, en décidant de nous concentrer exclusivement sur la simplification des échanges commerciaux, la refonte de règles douanières; concentrer notre attention sur le projet de texte sur l'agriculture, afin de tenter de convenir d'un cadre spécifique de réforme. M. Zoellick affirme notamment que la solution à ces questions entraînerait rapidement d’autres progrès: un accord-cadre pour la réduction des tarifs douaniers dans le secteur industriel et la suppression des barrières autres que tarifaires dans le domaine des échanges de marchandises; des efforts renouvelés afin d'ouvrir le marché des services, et un accord sur le meilleur mode de participation possible des plus petits et plus pauvres des pays en développement au commerce mondial. Pour ce faire, M. Zoellick pense que «d'autres pays devront mettre un terme aux monopoles exportateurs détenus par l'État, ainsi qu'au recours à des taxes différentielles à l'exportation». Aussi affirme-t-il : «Nous devrons également opérer des réductions importantes de subventions faussant les règles du commerce intérieur, afin de réduire considérablement les inégalités et le montant global autorisé - jusqu'à l'élimination totale de ces subventions».

M. Zoellick soutient notamment que dans le secteur important des services, les États-Unis appellent la majorité des pays membres de l'OMC à faire des offres significatives : «Dans le cadre de ce processus, nous sommes disposés à fournir aux pays en développement une assistance technique, afin de leur permettre de soumettre des offres. Nous avons également appelé la Banque mondiale à aider les pays en voie de développement dans l'évaluation des avantages potentiels et la préparation des propositions impliquant plusieurs ministères». Pour ces pays en effet, M. Zoellick les invite à être des partenaires, car ils peuvent être des bénéficiaires majeurs de la libéralisation du commerce mondial, étant donné que «le commerce offre des opportunités, pas des garanties». Aussi déclare-t-il : «En Afrique, nous devons nous assurer que les plus pauvres ont accès aux bénéfices liés à la croissance et à l'ouverture des marchés». C’est ainsi que l’AGOA (African Growth and Opportunity Act – Loi sur la croissance et les  possibilités économiques en Afrique), mise en place par les États-Unis crée des incitations en matière économique en faveur des 37 pays africains subsahariens éligibles. Pour conforter ce succès, déclare M. Zoellick, les États-Unis ont lancé des négociations d'accords de libre-échange avec les cinq pays de l'Union douanière des pays de l'Afrique australe : le Botswana, le Lesotho, la Namibie, l'Afrique du sud, et le Swaziland et, poursuivent une initiative d'ouverture commerciale au Moyen-Orient adaptée aux spécificités de chaque pays tout en visant l'objectif d'un accord global de libre-échange avec les États-Unis. En plus d'aider les pays à devenir membre de l'OMC, affirme M. Zoellick, nous développons le réseau d'accords de libre-échange que nous avons déjà négociés avec la Jordanie, Israël, le Maroc, et bientôt Bahreïn. Nous fournissons également de l'aide pour construire des capacités commerciales et pour étendre les opportunités de sorte que les pays du Moyen-Orient puissent tirer profit de leur intégration dans le système marchand mondial. Pour les pays pauvres en voie de développement qui veulent saisir de nouvelles occasions de combiner l'ouverture commerciale avec des réformes nationales, M. Zoellick déclare : «Nous serions heureux de travailler avec eux pour étendre leur ambition - par exemple, au travers de la libéralisation des services ou des négociations sectorielles concernant les marchandises ou l'agriculture ou encore au travers de l'application des règles commerciales dans des directions qui conforteront ou favoriseront leurs propres programmes intérieurs de réforme».

M. Zoellick réaffirme l’engagement de son président pour qui "les négociations de Doha demeurent l'objectif majeur de la stratégie commerciale américaine" et qui soutient notamment que "davantage de libre-échange est indispensable pour donner aux pays en voie de développement l'occasion de se libérer des dépendances du passé". Aussi déclare-t-il : «L'engagement fort du Président en faveur du libre-échange (…) devrait renforcer les engagements de ceux qui se demandent si l'Amérique est sérieuse dans ses propositions d'éliminer les subventions d'exportation agricoles (…) de réduire de manière drastique les droits sur les marchandises et l'agriculture, et d'augmenter le commerce des services. Nous pensons ce que nous disons». [62] (Publié en français sur le Web de AllAfrica Global Media)