Diversité culturelle

Publications et études

"The Promotion of Cultural Diversity, A Korean Experience with Screen Quota System" for the International Forum on Cultural Expression and Communication, UNESCO

Hyung Jin Kim, Legal Adviser, Korean Coalition for Cultural Diversity , 25 November 2003 –2003/11/25

"Comment favoriser l’expression de la diversité culturelle?" Telle est la question qu’aborde M. Hyung Jin Kim dans cette communication. Il se propose d’y répondre en évoquant l’expérience coréenne de l’industrie du cinéma. Plus spécifiquement, il explique les raisons pour lesquelles les Coréens ont choisi la politique culturelle des quotas écrans, notamment dans l’industrie du cinéma, pour protéger et favoriser la diversité culturelle sur le marché domestique du film. Il affirme qu’il est "impératif de maintenir et développer la culture traditionnelle coréenne". Selon l’auteur, «les industries culturelles sont nécessaires pour préserver la culture, les traditions, la langue et l’intégrité». Il soutient que la Corée n’est pas contre la mondialisation, mais "s’oppose seulement à la manipulation et à l’annihilation culturelles sous le couvert de la mondialisation". En outre, elle s’oppose fortement à «toute idée qui considère la culture simplement comme un secteur des négociations commerciales internationales». Aussi, elle milite pour une «mondialisation à visage humain qui favorise la coexistence culturelle»

Toutefois, considérant la situation actuelle de l’industrie coréenne du film, l’auteur souligne que, dans le cadre des négociations d’un accord bilatéral de libre-échange (ALE) entre les États-Unis et la Corée du Sud, cette politique des quotas écrans est «soumise aux attaques féroces de Hollywood et de ses défenseurs qui se mobilisent efficacement pour faire une proposition finale à laquelle le gouvernement coréen ne peut pas refuser.» À cet égard, le Secrétariat du Comité de liaison international des Coalitions pour la diversité culturelle (CLI) indiquait déjà que les États-Unis continuaient de cibler le quota de films coréens dans les salles de cinéma dans le cadre des négociations de cet accord, et se demandait si la «Corée du Sud pourra résister aux pressions américaines pour l’amener à réduire ou même à abolir le quota de 40 % établi pour la production cinématographique coréenne?».

Par ailleurs, 47 organisations professionnelles françaises de la culture, membres du Comité de vigilance pour la diversité culturelle, devenu Coalition française pour la diversité culturelle, se joignaient aux protestations énergiques de la Coalition coréenne pour la diversité culturelle et de la Coalition for diversity in moving images (CDMI) contre une mise en cause de la politique culturelle des quotas écrans en Corée du Sud dans le cadre des négociations de cet accord. En effet, la Coalition française estime que «les biens et services culturels, en raison de leur double nature, culturelle et économique, et de leur valeur identitaire pour les peuples, ne doivent pas faire l’objet d’une libéralisation commerciale dans le cadre de l’OMC ou de toute autre négociation d’accord de libre-échange, de commerce ou d’investissement». Elle soutient en outre que «le traitement des biens et services culturels sous le seul angle commercial reviendrait à remettre en cause les politiques de soutien à la culture et l’ouverture équilibrée aux autres cultures, qui doivent être déterminées en toute souveraineté par chaque pays». Il appartient  donc à chaque pays, déclare-t-elle, «de définir le type de politique culturelle dont il a besoin, en fonction de ses conditions de développement et de la valeur qu’il attache à son identité». [56] (Disponible en anglais et en français)