Diversidad cultural

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Economic integration treaties and their relationship with international trade of cultural goods and services - The Latin American perspective

Alvaro Garzón, Senior international consultant, Former director of UNESCO’s Cultural Industries Division, Jodhpur (India) 22-26 February 2005 – 2005/02/22-26

En collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour le développent industriel (ONUDI), l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), la Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (ABD), le Bureau de l’UNESCO pour l'Asie-Pacifique à Bangkok a organisé du 22 au 26 février 2005 à Jodhpur (Inde) une conférence internationale sur les industries culturelles : Asia-Pacific Creative Communities - a Strategy for the 21st Century. Cette conférence visait à élaborer un Plan d’action de 10 ans centré sur la promotion de la créativité et des industries culturelles comme outil de réduction de la pauvreté et de développement économique local dans les pays de la région Asie/Pacifique.

À cette occasion, Mr. Alvaro Garzón, Consultant et ancien directeur de la Division des industries culturelles de l'UNESCO, a fait une présentation dans laquelle il examine l'expérience latino-américaine en matière d'industries culturelles à la lumière des accords de libre échange. Dressant le portrait des politiques de développement des industries culturelles en Amérique latine et passant au crible tous les traités économiques auxquels ces États font parties, l'auteur affirme que l es traités économiques sont le résultat des compromis nationaux, sous-régionaux, régionaux et globaux. En tant que tels, ils reflètent des réalités souvent différentes et divergentes, s'étendant du protectionnisme national à l'ouverture totale prônée par les néo-libéraux, des intérêts des marchés locaux à ceux de la mondialisation sauvage. Selon lui, il est très intéressant d'observer le traitement dont fait l'objet la culture dans la sphère mondiale, où des décisions sont habituellement prises seulement à partir d'une perspective économique et commerciale. L'auteur soutient que les industries culturelles sont d'une importance capitale parce qu'elles reflètent des identités culturelles diverses. Cependant, à la différence des autres industries de la consommation, elles ne franchiront jamais le stade artisanal si elles sont laissées aux seules forces du marché (la loi de l'offre et de la demande). Par conséquent, si les gouvernements souhaitent développer des industries culturelles locales, ils doivent leur fournir des mesures de soutien telles que des subventions et des incitations fiscales. Or très souvent, cette décision de politique nationale peut s'opposer avec des engagements résultant des traités d'intégration économique conclus par ces pays.

Dans ses conclusions, l'auteur relève que la mondialisation n'est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle offre l'occasion à chaque être humain de découvrir et d'apprécier les œuvres créatrices des autres à travers la planète. Mais, elle charrie aussi la culture étrangère dont la forte consommation risque de mener à la négligence de la culture locale. La menace surgit quand la puissance de disséminer des histoires et les rêves constitue le monopole de quelques-uns, comme le reflète si bien le déséquilibre existant dans les produits et services culturels. Or, bien que les pays en voie de développement n'aient pas les possibilités et la technologie appropriée pour partager et distribuer leurs expressions culturelles, ils sont cependant très riches en imagination et en créativité qui sont les ressorts ultimes des industries culturelles. Aussi, pour l'auteur, ce serait dommage si la société de l'information était uniquement guidée par des critères commerciaux. Ce qui est en jeu, souligne-t-il, c'est la préservation et la protection de la diversité culturelle. Garantir la diversité culturelle, selon lui, est devenu un impératif moral et politique. C'est pourquoi la communauté internationale a tourné toute son attention sur l'UNESCO, et notamment le projet de Convention sur la protection de la diversité des expressions culturelles, en cours d'élaboration. En effet, l'Amérique latine et le reste du monde ont placé un grand espoir dans ce processus car ils sont persuadés que la culture sera le moteur de l'économie mondiale au 21ème siècle. À cette fin, la diversité culturelle est le capital mondial que la communauté internationale doit promouvoir pour des raisons économiques et des impératifs moraux. [05-14]