Diversité culturelle

Publications et études

Les industries culturelles des pays du Sud : enjeux du projet de convention internationale sur la diversité culturelle

M. Francisco d’Almeida et Mme Marie Lise Alleman, Association Culture et développement, aôut 2004 - 2004/08

Ce rapport d'étude, établi pour le compte de l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF) et du Haut Conseil de la Francophonie, par M. Francisco d’Almeida et Mme Marie Lise Alleman, en collaboration avec M. Bernard Miège et M. Dominique Wallon, est, selon ses rédacteurs, «le fruit de la première tentative à visée globale pour cerner le poids économique des industries culturelles dans les pays du Sud. Elle constitue une base de départ pour connaître les réalités économiques, institutionnelles et culturelles auxquelles sont confrontées les industries de la culture dans les pays du Sud». En effet, ceux-ci ont choisi de travailler sur la base d’une sélection de filières et de pays dont les indicateurs macroéconomiques et sociaux sont représentatifs des réalités du Sud. Pour une telle investigation, reconnaissent-ils, les données statistiques sont essentielles : «l’un des résultats de notre travail est de mettre en lumière l’insuffisance d’informations complètes sur ces industries et la nécessité d’harmoniser les procédures de collecte d’informations afin d’aboutir à un "modèle" commun à la communauté internationale». À cet égard, ils soutiennent qu’il y a «urgence à lancer un programme de travail sur les aspects économiques de la culture dans les pays du Sud car l’absence d’informations disponibles pour la puissance publique comme pour les professionnels est l’un des freins au développement de leurs industries de la culture. En effet, cette étude montre que les pays où elles se développent sont ceux qui ont mis en œuvre des politiques publiques et créé préalablement des dispositifs d’information. Dès lors, l’information sous ses diverses formes constitue l’une des priorités d’un programme de soutien au développement des industries culturelles du Sud. Dans cette perspective, la création dans les pays du Sud de pôles régionaux d’information reliés à la communauté internationale serait un facteur de dynamisme des politiques et du développement des industries de la culture».

De fait, le rapport repose sur l’hypothèse que «la possibilité pour chaque peuple d’exprimer sa vision de la vie à travers ses œuvres et ses expressions culturelles et d’avoir accès à celles des autres constitue un bien public primordial à préserver et à développer. Cependant, par méconnaissance de la contribution économique et sociale des industries culturelles, peu d’États du Sud, particulièrement ceux d’Afrique Francophone, disposent de politiques publiques pour les soutenir». Dès lors, les rédacteurs assignent trois objectifs à cette étude : identifier les indicateurs de la contribution actuelle ou potentielle des industries culturelles aux économies; mettre à jour les freins structurels au développement de ces industries culturelles qui appellent la mise en œuvre de politiques publiques appropriées. Le troisième objectif découle de la perspective qu’offre l’élaboration de la Convention internationale sur la diversité culturelle et conduit à explorer les logiques économiques et culturelles qui la justifient.

De cette étude, les auteurs en arrivent à la conclusion que la variété des industries culturelles telles qu’elles sont organisées dans les pays du Sud implique de ne pas les envisager comme une entité homogène. Elles présentent des caractéristiques et des facteurs d’hétérogénéité: différences de structuration des réseaux de distribution, orientation vers les marchés intérieurs, faible compétitivité sur les marchés extérieurs. De ce fait, les stratégies et politiques publiques à engager ou à compléter sont nécessairement plurielles. Elles doivent en priorité viser à structurer un environnement économique, juridique et technique pour créer les conditions de développement d’une production locale contribuant à l’économie nationale et à la diversité culturelle. Dans ce contexte, les stratégies et politiques publiques constituent un facteur décisif de l’affermissement de la diversité culturelle. Leur élaboration et leur mise en œuvre pourraient bénéficier de la coopération et de la solidarité internationales sur la base de plans d’action par filière, élaborés par pays et par région. Dans cette perspective, les discussions qui vont s’ouvrir autour du Projet de Convention Internationale sur la Diversité Culturelle sont capitales pour les pays du Sud. L’enjeu pour ces pays est de légitimer les politiques publiques pour créer un espace de visibilité et de viabilité économique de leur production culturelle. L’analyse de l’avant-projet de convention sur la diversité culturelle montre que, par ses objectifs et par les mesures particulières envisagées pour les pays du Sud, la Convention constituerait un atout essentiel pour le développement de leurs industries de la culture et la promotion de la diversité culturelle au plan mondial et à l’échelle de chaque pays. Pour ce faire, soutiennent les rédacteurs, en participant activement à sa mise au point et à sa signature, les pays du Sud garantiraient le dynamisme de leurs industries culturelles et leur enrichissement par les échanges et le dialogue interculturels. (Disponible en français) [72]