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Le libre-échange au 3e sommet Union européenne (UE) - Amérique latine et Caraïbes (ALC)

Latin Reporters, Mexico / Bruxelles, le 26 mai 2004 - 2004/05/26

Cinquante-huit chefs d'État et de gouvernement représentant les pays de l'UE et les 33 pays ALC se sont réunis les 28 et 29 mai 2004 à Guadalajara, au Mexique, pour discuter de libre-échange : «L'ambition "d'association stratégique birégionale" qui sous-tend depuis 1999 la dynamique de ces sommets est aussi politique, sociale et culturelle», souligne Latin Reporters, qui nous apprend par ailleurs qu’après l'échec de la 5e Conférence ministérielle de l'OMC et l'incertitude qui plane sur le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) promu par les États-Unis, tant Bruxelles que Washington relancent en Amérique latine la négociation d'accords de libre-échange bilatéraux ou sous-régionaux.

Le commissaire européen au Commerce, M. Pascal Lamy, estime que le sommet de Guadalajara devrait enfin mettre sur les rails, même à défaut de quelques ajustements techniques, l'accord d'association que l'UE négocie depuis 1999 avec le MERCOSUR, marché commun sud-américain formé par le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. À cet égard, le sommet pourrait prendre l'engagement de conclure la négociation UE-MERCOSUR en octobre. La clef du succès serait un équilibre entre la diminution du protectionnisme agricole européen et une plus grande ouverture du MERCOSUR aux produits industriels, aux services et à certains investissements européens. L'UE a déjà signé en 2000 un accord d'association avec le Mexique et un autre avec le Chili en 2002. Les Européens devraient par ailleurs confirmer à la Communauté andine des nations (qui comprend le Venezuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou et la Bolivie) et aux pays d'Amérique centrale que le renforcement de leur propre intégration régionale favoriserait l'ouverture de la négociation d'un accord d'association avec l'UE. L'UE négocie par ailleurs depuis avril dernier un "accord de collaboration économique" avec 15 pays des Caraïbes. À cet égard, elle est le second partenaire commercial, après les États-Unis, des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, mais le premier du MERCOSUR et du Chili. La création éventuelle, à l'horizon 2010, d'une zone de libre-échange UE-Amérique latine est une hypothèse de travail plausible, compte tenu qu'à cette date l'ouverture commerciale sera totale avec le Chili et le Mexique et très avancée avec le MERCOSUR, affirme-t-on.

Quant aux États-Unis, ils ont conclu des accords de libre-échange en 1994 avec le Canada et le Mexique, en 2003 avec le Chili et ils négociaient cette année avec cinq pays d'Amérique centrale et la République Dominicaine un autre accord auquel se ralliera probablement le Panama. Washington devrait aussi ouvrir, avant l'été, la négociation d'accords de libre-échange avec la Colombie, le Pérou et l'Équateur. La Bolivie se joindrait plus tard à ce mouvement. Le représentant américain au Commerce, M. Robert Zoellick, estime que dès 2005 les États-Unis pratiqueront le libre commerce avec les deux tiers des économies du continent américain. Washington espère ainsi contourner partiellement les réticences du Brésil, de l'Argentine et du Venezuela à l'égard de la création d'une Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Politiquement, la majorité des pays latino-américains misent sur un rapprochement avec l'Europe pour limiter l'hégémonie américaine. [61] (Disponible en français)