Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 3, no 31, lundi 20 octobre 2003

L’opportunité d’un nouvel instrument normatif sur la diversité culturelle

Les délégués à la Commission IV (Culture) de l’UNESCO ont adopté à l’unanimité dans la nuit de lundi à mardi 14 octobre une résolution donnant mandat au Directeur général de l’UNESCO d’élaborer un avant-projet de Convention sur la protection des contenus culturels et des expressions artistiques. Nous vous reviendrons dans notre prochaine édition du Bulletin des nouvelles avec cette importante résolution adoptée par l’ensemble des délégués à la 32e session de la Conférence générale.

Pendant que s’achevaient à Paris les travaux de la 32e Session de la Conférence générale de l’UNESCO, qui s’est prononcée sur «l’opportunité d’un nouvel instrument normatif sur la diversité culturelle», se tenait à Opatija en Croatie jusqu’au 19 octobre prochain la Sixième réunion ministérielle annuelle du RIPC (Réseau international sur la politique culturelle). Au cours de cette rencontre, les ministres ont examiné principalement la nouvelle ébauche du projet de Convention internationale sur la diversité culturelle, préparée par le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation. Vous pouvez consulter ce document sur le site Internet du RIPC à l’adresse :

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

Le canada défend la diversité culturelle

Entrevue de Mme Sheila Copps,  ministre du patrimoine canadien
afrik.com  - 13 octobre 2003 – 2003/10/13

Interrogée sur l’engagement du Canada dans la défense de la diversité culturelle, Mme Copps déclare : «Pour nous, la diversité culturelle consiste à rester ouvert aux multiples influences et produits culturels du monde, tout en faisant connaître nos récits et entendre nos voix. Nous pensons que la diversité culturelle est une source de créativité et d'innovation, en plus d'être un agent de cohésion sociale et de développement économique. Elle est aussi importante pour le bien-être et l'avenir de l'humanité que la biodiversité peut l'être pour la santé de la planète». Dans cette optique, elle indique que le premier Forum canadien sur l'entreprise de la culture aura lieu à Paris du 12 au 14 janvier prochain. Cette rencontre internationale réunira les entrepreneurs des arts et de la culture du Canada, d'Europe et d'Afrique francophone. Mme Copps précise que ce Forum est l’expression de l’engagement du Canada «à promouvoir les exportations de produits et services culturels, mais aussi la diversité culturelle à l'échelle internationale». Selon Mme Copps, le défi de pénétrer des marchés étrangers se pose plus particulièrement aux entreprises des pays en développement qui, dans ce contexte, ne disposent pas des mêmes structures d'appui ni des mêmes infrastructures que les entreprises des pays industrialisés. À cet égard, souligne-t-elle, «qu'il s'agisse de contribuer à renforcer les capacités des gouvernements en matière de politiques culturelles, d'appuyer la promotion ou la diffusion des arts ou de soutenir la production audiovisuelle, le Canada participe activement à des partenariats multilatéraux avec de nombreux pays d'Afrique». (Disponible en français seulement)

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Publications et études

Opportunité de l'élaboration d'un instrument normatif international concernant la diversité culturelle» (débat 5 – point 5.11) - rapport de la commission iv (32 c/74) – unesco, conférence générale, 32e session

Paris, le 16 octobre 2003 – 2003/10/16

Le jeudi 16 octobre, la Commission IV a adopté son rapport qui comprend les recommandations qu’elle a adressées à la Conférence générale sur chaque point inscrit à son ordre du jour dont notamment le point 5.11 portant sur l’«Opportunité de l'élaboration d'un instrument normatif international concernant la diversité culturelle». Sur ce point, la Commission recommande notamment à la Conférence générale d’adopter le texte de résolution qui a fait l’objet d’un consensus en son sein. Ainsi, la Commission demande à la Conférence générale de décider que «la question de la diversité culturelle pour ce qui a trait à la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques doit faire l'objet d'une convention internationale». À cet égard, elle invite le Directeur général à soumettre à la 33e session de la Conférence générale un rapport préliminaire sur la situation devant faire l'objet d'une réglementation ainsi que sur l'étendue possible de cette réglementation, accompagné d'un avant-projet de convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. (Disponible en français et en anglais seulement)

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La diversité culturelle et les accords de commerce international

Par Valérie Bisson – ministère québécois du développement économique et régional – mai 2003 – 2003/05

Dans ce texte, Mme Bisson relève que les règles contenues dans les accords de commerce international tendent à remettre en cause le rôle de soutien des États et des gouvernements en matière de culture. Dans ce contexte, souligne-t-elle, les politiques culturelles et les diverses mesures de soutien à la culture sont assimilées à des barrières au commerce. Mme Bisson déclare notamment que la diversité culturelle est d’autant plus menacée que les accords de commerce et leurs négociations tendent à couvrir de plus en plus de sujets susceptibles d’avoir un impact sur la problématique de la diversité culturelle. Pour cette raison, «le Québec s’est impliqué très tôt dans le dossier de la diversité culturelle et il a été le premier gouvernement à se prononcer en faveur d'un instrument international sur la diversité culturelle».  Selon elle, la Conférence générale qui est en train de «prendre une décision en faveur de la poursuite de l'action visant à l'élaboration d'un nouvel instrument normatif international sur la diversité culturelle et de déterminer la nature de l'instrument visé», est un «événement» qui «constituera donc un moment très important pour l’avenir de l’instrument». Mme Bisson souligne également que «la position du Québec en matière de diversité culturelle est l’objet d’une concertation étroite entre le ministère du Développement économique et régional (MDER), le ministère de la Culture et des Communications (MCC) et le ministère des Relations internationales (MRI). (Disponible en français seulement)

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Hollywood pratique une discrimination culturelle à l'échelle planétaire

Christophe Germann, lundi le 13 octobre 2003 – 2003/10/13

Alors que l'UNESCO débat de la préservation de la diversité culturelle, Mme Sandra Vinciguerra rapporte dans Le Courrier de Genève les propos de l'avocat et réalisateur genevois Christophe Germann. M. Germann dénonce la complaisance d'un certain journalisme consacrant une couverture toujours plus grande aux superproductions hollywoodiennes. Mr Germann dénonce également l'influence des «blockbusters», ces superproductions cinématographiques qui menacent, selon lui, la pluralité d'opinions. Selon M. Germann, ce phénomène d'ampleur met en danger «tant la critique journalistique que les subventions de l'État à la presse et au cinéma». Cette préoccupation l’a notamment poussé à déposer plainte auprès du Conseil suisse de la presse. (Disponible en français seulement)

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Autres actualités d'intérêt

Le projet d'une convention internationale pour la préservation de la diversité culturelle au centre de la 32e session de la conférence générale de l'unesco

Le Monde, édition du 14 octobre 2003 – 2003/10/14

«Faut-il, oui ou non, traiter les échanges culturels comme les autres?». Selon Le Monde, les États-Unis y répondent par l’affirmative, car «ils dénient toute spécificité aux biens culturels». La raison en est que «le secteur de la culture, au sens large, est le premier poste à l'exportation des États-Unis», et que « cela reflète aussi une politique commerciale abusive : au fil d'accords bilatéraux léonins, conclus avec des pays qui n'en peuvent, les États-Unis veulent imposer une libéralisation totale des échanges culturels». D'où l'importance, pour contourner cette pratique, du projet d'une convention internationale pour la préservation de la diversité culturelle dont est saisi l’UNESCO. Selon Le Monde, «L'idée est de donner une valeur juridiquement contraignante à la déclaration sur la diversité culturelle adoptée à l'unanimité en 2001. La convention proclamerait le droit des États à protéger – notamment à l'aide de subventions – tel ou tel secteur du domaine culturel». (Disponible en français seulement)

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L'unesco ouvre le chantier de la diversité culturelle

Radio-Canada, 14 octobre 2003 – 2003/10/14

Radio-Canada rapporte que les 190 pays membres de l'UNESCO, réunis à l’occasion de la 32e Session de sa Conférence générale à Paris, ont unanimement décidé de se pencher sur la diversité culturelle et ont notamment donné à l'organisation «deux ans pour mettre au point une convention internationale juridiquement contraignante qui donnera le droit à chaque État de défendre et de soutenir sa culture». Si les Américains souhaitent que «la culture soit considérée comme un bien comme les autres et qu'elle puisse ainsi circuler librement sur la planète», il en va différemment des autres pays, dont la France et le Canada en tête, pour qui «cette nouvelle protection est nécessaire à la survie de leur identité». La ministre du Patrimoine canadien, Mme Sheila Copps s’est notamment «réjouie de ce déblocage dans un dossier qu'elle pilote depuis des années». (Disponible en français seulement)

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Copps wins cultural victory - way to solve trade disputes nearer would affect `magazine war' issues

Toronto Star, October 15, 2003 – 2003/10/15

Dans cet article, M. Graham Fraser indique que la ministre du Patrimoine canadien, Mme Sheila Copps a gagné une victoire significative à Paris dans le dossier de la diversité culturelle, où se tient la 32e session de la Conférence générale de l’UNESCO, lorsque les États-Unis ont retiré leurs objections, permettant ainsi aux délégués d’adopter une résolution mandatant le Directeur général de l’UNESCO d’élaborer un avant-projet de Convention sur la protection des contenus culturels et des expressions artistiques. Selon Mme Copps cette attitude américaine de s’aligner sur ce consensus est positive à long terme. Cette convention internationale sur la diversité culturelle, qui serait adoptée en 2005, offrira aux États des moyens adéquats pour régler des différends internationaux impliquant la protection de la diversité culturelle qui sont maintenant portés devant l’OMC. (Disponible en anglais seulement)

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La convention internationale sur la diversité culturelle «permettra de sceller dans le droit international les règles de la protection des biens et contenus culturels» - jean-jacques aillagon, ministre français de la culture et de la communication

Paris, 13 octobre 2003 – 2003/10/13

M. Aillagon se réjouit de «la décision adoptée de façon unanime par l'UNESCO d'engager la négociation d'une convention internationale sur la diversité culturelle». Il déclare notamment que «Ce texte, souhaité depuis plusieurs années par la France permettra de sceller dans le droit international les règles de la protection des biens et contenus culturels». Selon M. Aillagon, «Ce résultat montre l'engagement de tous les états membres de l'UNESCO en faveur de la diversité culturelle et du dialogue des cultures». (Disponible en français seulement)

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Diversité culturelle et commerce international: «les américains n'hésitent pas à jouer de tous les moyens de pression

Le Monde, édition du 13 octobre 2003 – 2003/10/13

Dans cet article, Mme Nicole Vulser soutient que le lobby hollywoodien, incarné par la Motion Pictures Association of America (MPAA), qui regroupe les principaux studios américains, passe à l'offensive n'importe où dans le monde, dès que la question du cinéma est abordée. Leur stratégie «consiste à intervenir dans les organisations internationales du commerce (l'OMC) et de la culture (l'UNESCO), mais aussi, de manière plus souterraine, dans les accords de commerce bilatéraux», en proposant aux États ciblés «un marché peu acceptable». Illustrant cette stratégie par quelques exemples, Mme Debora Abramowicz relève dans le cas de l’Accord de libre-échange entre les États-Unis et le Chili ceci : "Le Chili, fort exportateur de minerai, a accepté ce principe. Mais il ne peut plus élargir aux chaînes privées sa politique de quotas de diffusion d'œuvres audiovisuelles, réservée aux chaînes publiques. Sa politique culturelle ne peut s'appliquer qu'aux moyens de diffusion actuels, et pas à Internet. Autant dire que, dans cinq ans, ce pays ne pourra plus avoir de propre politique culturelle". Ainsi que le souligne Pascal Rogard, déléguégénéral de l'Association française Auteurs Réalisateurs Producteurs, cela "signifie clairement la volonté américaine de soumettre la culture au commerce et de répondre ainsi aux injonctions de l'oligopole hollywoodien, dont l'objectif non dissimulé est d'uniformiser à son profit la création cinématographique et audiovisuelle". C’est pourquoi, la plupart des États considèrent que l’UNESCO est, plus que l’OMC, «l'enceinte légitime pour créer un droit international de la culture». C’est aussi la raison pour laquelle ils se réjouissent notamment de la décision adoptée par l’UNESCO d’engager la négociation d’un avant-projet de Convention sur la protection des contenus culturels et des expressions artistiques. (Disponible en français seulement)

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Production littéraire et diversité culturelle : «une logique de plus en plus industrielle et de moins en moins littéraire» – les détours de babel

Libération, édition du 9 octobre 2003

Cette enquête est menée à l’occasion de la Foire du livre de Francfort «qui est le rendez-vous mondial des professionnels de l'édition, un endroit où se rencontrent les cultures et où s'échangent les livres publiés dans le monde entier». Mme Natalie Levisalles révèle ainsi que 50 % des traductions mondiales se font à partir de l'anglais, alors que les Américains ne consacrent que 3% seulement de leur production aux livres étrangers. Selon elle, «le contexte américain c'est aussi, depuis dix ans, une concentration de l'immense majorité des éditeurs au sein de cinq énormes groupes (à lui seul, Bertelsman possède 40 % des maisons d'édition du pays) qui ont une logique de plus en plus industrielle et de moins en moins littéraire». Mme Levisalles soutient en effet que : «Quant à la littérature plus commerciale, les Américains ont tendance à penser qu'ils ont chez eux ce qui se fait de mieux (…) D'autant que ceux qui ont fait des exceptions s'en mordent les doigts». Or, comme le souligne Mme Jill Schoolman, «les Américains ne sont pas opposés à la littérature étrangère, simplement insuffisamment exposés... Ils ont un immense besoin de contacts avec les mouvements et les cercles littéraires au-delà de nos frontières... Nous n'avons jamais été aussi isolés du reste du monde. Nous vivons dans un empire qui préfère exporter plutôt qu'importer, qui a une écoute et une vision sélectives, même quand il s'agit d'art et de littérature. En cette époque inquiétante, c'est aux petites maisons d'édition indépendantes de créer un espace pour que la littérature du monde soit présente dans les bibliothèques de ce pays». (Disponible en français seulement)

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