Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 3, no 30, mercredi 15 octobre 2003

Un nouvel instrument normatif sur la diversité culturelle

Les délégués à la 32e session de la Conférence générale de l’UNESCO qui s’achève à Paris cette semaine ont adopté à l’unanimité dans la nuit de lundi à mardi 14 octobre une résolution concernant «un nouvel instrument normatif sur la diversité culturelle». En raison de l’importance de ce texte qui met en chantier la diversité culturelle à l’UNESCO, cette édition spéciale du Bulletin des nouvelles sur la diversité culturelle se propose de vous livrer l’information entourant cet événement.

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations



Communiqués, discours, déclarations

The 32nd session of unesco’s general conference approves unanimously the elaboration by 2005 of an international convention regarding the protection of the diversity of cultural contents and artistic expressions

GERM, 14 octobre 2003 – 2003/10/14

Ce document, adopté par la Commission IV de l’Assemblée générale de l’UNESCO, propose à l’Assemblée de «décider que la question de la diversité culturelle doit faire l’objet d’une Convention internationale». Il invite notamment le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, à soumettre à la 33e Conférence générale de l’organisation dans deux ans un rapport préliminaire accompagné du premier projet d’une Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. (Disponible en anglais seulement)

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Pour une mobilisation immédiate en faveur d’une convention internationale sur la diversité culturelle par mmes monique gagnon-tremblay, vice-première ministre, ministre des relations internationales et ministre responsable de la francophonie et line beauchamp, ministre de la culture et des communications du québec

Paris, le 14 0ctobre 2003 – 2003/10/14

Dans ce texte publié par le quotidien français Le Figaro, dans son édition du 14 octobre 2003, Mmes Gagnon-Tremblay et Beauchamp souhaitent que la culture québécoise «à la fois authentique et métissée», s’enrichisse encore au contact des autres cultures tout en gardant sa personnalité propre. Elles déclarent notamment : «Tendre vers l’universel tout en restant nous-mêmes, voilà le projet que nous défendons sur toutes les tribunes où l’on traite de diversité culturelle. Nous le faisons pour nous en souhaitant voir à nos côtés les citoyens et les citoyennes du monde car, cette fois, l’opération doit être menée par tous ceux et toutes celles qui souhaitent continuer de développer et de partager leur culture». Face à «une mondialisation conçue de façon strictement économique» susceptible de «mettre à mal les précieux dispositifs de soutien à la création culturelle que de nombreux États, pays et gouvernements se sont donnés», cela explique pourquoi, affirment Mmes Gagnon-Tremblay et Beauchamp, «le gouvernement du Québec a été l’un des premiers à avoir pris fait et cause de manière officielle en faveur d’une Convention internationale sur la diversité culturelle». Cette volonté réitérée par le Premier ministre, M. Jean Charest, a été consacrée par une décision prise en Conseil des ministres actualisant officiellement la position du gouvernement du Québec en faveur de la diversité culturelle. Pour Mmes Gagnon-Tremblay et Beauchamp, il ne s’agit pas de rejeter la mondialisation, mais d’agir seulement en sorte qu’elle soit plus maîtrisée et donc plus fructueuse encore : «Voilà pourquoi nous souhaitons qu’une Convention internationale sur la diversité culturelle nous assure de conserver notre droit d’aider nos artistes et nos industries culturelles, évitant ainsi l’expansion de la monoculture sur cette terre». Selon elles, «chaque vote en faveur d’une Convention internationale sur la diversité culturelle est un jalon important vers ce qu’on peut déjà appeler notre liberté culturelle». Aussi, «la question de l’adoption d’une Convention internationale sur la diversité culturelle, dont les membres de l’UNESCO discutent en ce moment même, doit nous interpeller tout autant que les cycles de négociations commerciales». (Disponible en français seulement)

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Un axe franco-canadien pour la diversité culturelle

Le Monde , le 13 octobre 2003 – 2003/10/13

Dans cette entrevue accordée au Monde, Mme Sheila Copps, ministre du Patrimoine canadien, situe les enjeux de la Conférence générale de l'UNESCO dans le domaine culturel et défend le caractère supranational du projet de Convention internationale sur la diversité culturelle auquel l’UNESCO doit donner son aval. Selon Mme Copps, «la mondialisation doit respecter le droit de chaque pays à défendre sa culture, sa civilisation, ce qu'il exprime par ses livres, son cinéma, ses télévisions». Aussi, déclare-t-elle, «nous proposons une convention sur la diversité culturelle afin qu'il existe une protection dans tous ces domaines». Si «avec Hollywood, les échanges se font dans un seul sens, des États-Unis vers l'extérieur», pour Mme Copps, «avec une convention de l'Unesco, nous voulons nous assurer que les droits ne seront pas étouffés». Elle souligne notamment que «l'idée n'est pas de permettre uniquement aux pays riches de garder leur petit pré carré. Nous souhaitons aussi permettre à tous les pays qui ne sont pas encore dotés d'industries culturelles de pouvoir en construire une, pour que leurs artistes puissent aussi être reconnus commercialement.» (Disponible en français seulement)

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Il nous faut maintenant ancrer dans le droit par une convention» les principes de la diversité culturelle

Discours de monsieur jacques chirac, president de la republique française, devant la 32ème conference generale de l’unesco
Paris, le 14 octobre 2003 – 2003/10/14

Devant la 32e Conférence générale de l’UNESCO, le président français, M. Jacques Chirac plaide pour l'adoption d'une convention internationale sur la diversité culturelle, assurant à l'adresse des États-Unis qu'un tel instrument juridique garantirait la spécificité des créations culturelles "loin de tout protectionnisme". Selon M. Chirac, cette convention est un "Nouveau prolongement de la Déclaration universelle des droits de l'homme dont elle réaffirmera les acquis». À cet égard, «cette convention reconnaîtra à chaque État le droit d'adopter ou de maintenir les politiques publiques nécessaires à la préservation et au développement de son patrimoine naturel, culturel et linguistique». Cette convention, affirmera également «la spécificité des créations culturelles» et «organisera la solidarité internationale, nécessaire pour que ce droit profite à tous». Aussi, M. Chirac déclare-t-il que cette convention «constituera la réponse de la communauté internationale aux projets d'enfermement identitaire qui, dévoyant les traditions des peuples, cherchent à les opposer, les soulever les uns contre les autres, et ainsi mieux les asservir». M. Chirac souligne notamment que «Ce qui vaut pour nos États vaut pour le monde. Loin de tout protectionnisme, la convention sur la diversité culturelle nous donnera l’instrument d’une circulation des idées plus assurée, parce que respectueuse de l’autre». Aussi, estime M. Chirac, «Aujourd'hui, nous attendons de l’UNESCO qu'elle s'affirme comme une référence, qu'elle donne un sens et une finalité humaniste aux forces à l'œuvre dans la mondialisation». (Disponible en français seulement)

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