Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 3, no 19, lundi 23 juin 2003

Première réunion des ministres de la culture des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP)

La semaine dernière s’est ouverte à Dakar (Sénégal) la Première réunion des ministres de la culture des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), en partenariat avec la Commission européenne, l’UNESCO et le Bureau international du travail (BIT). 65 délégations de pays participaient à cet événement dont une cinquantaine conduite par leur ministre de la culture. La réunion ministérielle du 20 juin était précédée d’une rencontre au niveau des experts. Trois thèmes majeurs ont fait l’objet de ces assises dont notamment la promotion de la diversité culturelle et la sauvegarde du patrimoine culturel. Nous vous invitons à consulter ci-après les divers communiqués et dépêches diffusés à cet effet. Nous reviendrons sur cet événement la semaine prochaine avec notamment les textes de la déclaration et du plan d’action.

DANS CE NUMÉRO :

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Publications et études

Le débat politique et juridique sur la diversité culturelle

Debora abramowicz , 4 juin 2003 – 2003/06/04

Mme Abramowicz, qui dirige le département des affaires internationales de la SACD, soutient que la promotion de la diversité culturelle passe par la reconnaissance de la capacité des États de définir eux-mêmes leurs politiques culturelles. Reconnaissant que le seul jeu des forces du marché ne permet pas d’atteindre l’objectif de diversité culturelle, il apparaît indispensable, affirme l’auteur, «de reconnaître dans un instrument juridique international contraignant le droit des États à définir librement leurs politiques culturelles». L’auteur souligne notamment qu’il est essentiel que les questions culturelles soient négociées dans une enceinte non seulement spécialisée dans la protection du patrimoine et de la culture, mais où la voix de chaque État membre est entendue de façon équitable. Selon Mme Abramowicz, «les négociations concernant la future Convention Internationale sur le diversité culturelle doivent débuter au plus vite au sein de l’UNESCO et se tenir parallèlement aux négociations OMC afin que les questions culturelles soient clairement identifiées comme étant du ressort de la première et non de la seconde. Par ailleurs, l’initiation des négociations à l’UNESCO permettront aux États de prendre la mesure des enjeux de la diversité culturelle et les rendra plus attentifs aux engagements de libéralisation qu’ils pourraient être amenés à prendre à l’OMC». (Disponible en français seulement)

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Politiques d'intégration régionale et conflits entre modèles économiques et désir de diversité culturelle en afrique de l'ouest

Abdoulaye elimane kane. 6 juin 2003 – 2003/06/06

Dans cette étude, M. Kane relève que si les Accords et Traités passés entre les États de l’Afrique de l’Ouest en vue de leur intégration démontrent un net retard dans la prise de conscience de ces États dans le domaine des politiques culturelles et leur volonté d’y apporter des remèdes à travers la coopération sous-régionale, c’est plutôt dans des protocoles additionnels que ces États signataires insistent sur quelques dispositions pertinentes destinées à mettre en exergue le rôle de la culture, des ressources humaines et de la participation des peuples africains au développement, «comme si, à la longue les Dirigeants africains s’étaient rendus compte que les solutions économiques sont nécessaires mais qu’elles ne se suffisent pas à elles mêmes et qu’elles sont même peut-être impossibles sans une prise en compte suffisante de quelques déterminants culturels». Il soutient en outre que «la place et le rôle de la culture dans l’imaginaire, les représentations et la vie des communautés de base africaines doivent pouvoir, avec l’effectivité de la décentralisation, donner une nouvelle chance aux politiques culturelles dans un monde polycentrique», en tant qu’«instruments régulateurs entre le local et le global, entre les tendances unificatrices et la nécessaire diversité». (Disponible en français seulement).

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Autres actualités d'intérêt

Diversité culturelle, mondialisations et globalisation - Discours de Jack Ralite

Jack Ralite Animateur des états généraux de la culture, en ouverture de "l'université des mondialisation" organisée au parc de la villette par le groupe d'études et de recherches sur les mondialisations

4 juin 2003 – 2003/06/04

Dans ce texte, M. Ralite souligne les enjeux de la diversité culturelle. En dépit de la nécessaire mobilisation en Europe qui a conduit à la réaffirmation de l’attachement à la diversité culturelle, l’auteur déclare que la diversité culturelle, «même s’il est espérable et nécessaire qu'elle ait droit de cité dans la future Constitution, sans mesure concrète, elle ne sera pas effective». Car, reconnaît-il, «les États-Unis qui ont des intérêts financiers importants dans les nouveaux États membres de la Communauté européenne, notamment dans l'audiovisuel, font pression pour que la «diversité culturelle» ne soit qu'un mot». M. Ralite prévient que la conséquence la plus grave serait une remise en cause radicale des politiques culturelles nationales au nom de la clause de la nation la plus favorisée et des principes du traitement national et du libre accès au marché. «Pour conclure le débat-monde où la culture est concernée par des engagements de libéralisation», il demande notamment de récuser la religion de l’économie et met en garde contre l’offre commerciale américaine dans laquelle les États-Unis «reclassifient complètement le secteur audiovisuel, en y organisant une véritable partition avec de nouveaux secteurs «autres services de communication», «secteurs récréatifs». Il s’agit, pour l’auteur, d’un «grignotage intérieur de l'«exception culturelle». Finalement, souligne-t-il, c'est l'application créative du principe cher à M. Valenti : on vous laisse une régulation a minima pour l'ancien et on ne veut pas de régulation du tout pour le nouveau. Par exemple, le film diffusé sur Internet n'est plus un service, donc ne peut plus se réclamer de l'«exception culturelle», mais devient un bien virtuel et est donc libéralisable. (Disponible en français seulement)

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Australia's media fears free trade - The Australian film and television industry is dominating a free-trade agreement being struck between the us and australia. by christian mahne

Sydney-Australia,  12 june 16, 2003 – 2003/06/12

Cet article relève les appréhensions de la Commission australienne de film à l’égard des négociations entourant l’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Australie. Avec l’ouverture de l’Australie sur un environnement numérique des canaux de diffusion, les industries culturelles australiennes craignent un déferlement des contenus de télévision importés bon marché si l’accord de libre-échange restreint ou affaiblit le système australien de soutien de la culture par les quotas et les subventions. Cette perte de contrôle de l’Australie sur ses industries culturelles mettrait en péril l’industrie australienne de film. (Disponible en anglais seulement)

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"En matière culturelle, l'unanimité empêche d'agir" - Entretien avec le commissaire européen chargé du commerce extérieur

M. Pascal Lamy - Bruxelles, 19 juin 2003 – 2003/06/19 

Se démarquant de la position du gouvernement français, qui défend la règle de l’unanimité dans les négociations sur les services culturels et audiovisuels, M. Lamy déclare que le projet de Constitution de l’Union européenne propose un bon équilibre dès lors qu’il affirme que la diversité culturelle doit être défendue et que pour la mettre en œuvre il faut passer de l’unanimité à la majorité qualifiée. Il affirme en outre que «désormais c’est l’unanimité qui empêche et la majorité qui permet». Ainsi, «en matière extérieure, il y aura des moments où il faudra agir pour promouvoir la diversité culturelle. Rester à l'unanimité, c'est prendre le risque d'un blocage». Il soutient notamment que «le combat pour la diversité culturelle doit cesser d'être défensif pour devenir offensif». (Disponible en français seulement)

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Première réunion des ministres acp de la culture : "éviter les mesures cosmétiques"

Dakar, 18 juin 2003 – 2003/06/18

Dans cet entretien accordé à l’Agence France-Presse, M. Jean-Robert Goulongana, secrétaire général du groupe des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), justifie cet événement : «Nous avons pris conscience que la culture est un élément important du développement durable de nos pays. Ensuite, la culture est un domaine dans lequel nous avons le savoir-faire, nous avons un avantage comparatif. Il faut donc que les ministres de la Culture se rencontrent pour avoir des échanges de vue sur ces questions. L'autre élément qui justifie cette réunion est le fait que nous pensons qu'une coopération culturelle entre pays ACP peut être développée. Et puis, enfin, une question importante se rapportant aux négociations commerciales qui se déroulent aujourd'hui à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) entre les pays ACP et l'Union européenne. Dans ces négociations, l'aspect culturel est abordé, donc il est bon que les responsables de la culture puissent donner un avis sur la manière d'aborder ces négociations». (Disponible en français seulement)

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Pour une convention internationale sur la diversité culturelle

Dakar, 20 juin 2003 – 2003/06/20

À l'ouverture de la première réunion des ministres ACP de la Culture, le 20 juin courant, le premier ministre sénégalais,  M. Idrissa Seck, déclare : "Nous devons accorder tout l'intérêt nécessaire au combat mené par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la Francophonie et le Réseau international sur la politique culturelle, en faveur de l'adoption d'une convention internationale sur la diversité culturelle". Il demande en outre que cette réunion ministérielle accorde «une importance fondamentale aux stratégies qui allient l'exploitation de notre potentiel économique à la valorisation de notre patrimoine culturel par le biais du développement des industries culturelles». (Disponible en français seulement)

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États acp et diversité culturelle - professionnalisation des acteurs et developpement des industries culturelles

Edition du mardi 17 juin 2003

Dans le cadre de la première réunion des ministres ACP de la culture, un atelier de professionnalisation et de réflexion pour la mise en place de nouvelles politiques de stratégies culturelles en Afrique a regroupé les 18 et 19 juin courant à Dakar les acteurs et promoteurs culturels du Sénégal autour de représentants de l’UNESCO, du BIT, de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie et du Comité français de vigilance pour la diversité culturelle pour traiter du développement des Industries culturelles, de la promotion de la diversité culturelle et  de la mise en réseaux, au moment où, sur le plan international, il est question d’adopter une Convention sur la diversité culturelle à l’UNESCO.  (Disponible en français seulement)

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Les experts des pays acp en réunion à dakar, avant les ministres de la culture

Dakar, le 18 juin 2003

En prélude à la première réunion des ministres ACP de la culture, près de 70 experts des pays ACP se sont réunis les 18 et 19 juin courant à Dakar pour étudier les moyens de mettre en place une Fondation culturelle ACP et l'organisation d'un festival culturel ACP. Le ministre sénégalais de la Culture, M. Abdou Fall, a exhorté les experts à «porter un regard critique et objectif sur la promotion de la diversité culturelle, la sauvegarde du patrimoine culturel, les développements des industries culturelles». M. Fall a notamment précisé que cette rencontre «vise également à jeter les bases d'une dynamique de coopération culturelle intra-ACP». (Disponible seulement en Français)

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Séminaire d'information des journalistes culturels sur la réunion des ministres acp

Dakar, 6 juin 2003

Sous la présidence du ministre sénégalais de la Culture, M. Abdou Fall, un séminaire d'information des journalistes culturels sur la première réunion des ministres de la Culture des pays ACP a eu lieu au Bureau régional de l'UNESCO à Dakar (BREDA), dans le but d'informer davantage les journalistes sur le programme, les thèmes et les enjeux de la réunion des ministres de la Culture des pays ACP, «afin d'assurer une bonne couverture de cette manifestation d'envergure». (Disponible en français seulement)

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