Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 31, lundi 13 septembre 2004

Mobilisation autour du texte préliminaire de la Convention sur la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

Préserver la diversité culturelle: "Les règles juridiques en matière de commerce international ne peuvent être les mêmes pour des œuvres d'art et de simples marchandises"

Mme Viviane Reding, commissaire européenne à la Culture et à l'Audiovisuel, le 6 septembre 2004 - 2004/07/06

Mme Viviane Reding, commissaire européenne à la Culture et à l’Audiovisuel, est venue présenter à l’occasion de la 61ème édition de la Mostra (festival du film) qui a lieu du 1er au 11 septembre 2004 à Venise, le programme "MEDIA 2007" d'aide au secteur audiovisuel européen. À cette occasion, elle a souligné qu’«il faut préserver la diversité culturelle de l'Europe, et le film en est un des outils les plus importants». Elle s’est également prononcée sur l’avant-projet de Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, qui doit faire l'objet de négociations au niveau intergouvernemental dès le 20 septembre prochain, en soutenant que les règles juridiques en matière de commerce international ne peuvent être les mêmes pour des œuvres d'art et de simples marchandises: "Un film est une œuvre d'art, pas un sac de patates", a-t-elle déclaré. Mme Reding, qui a obtenu que la Commission européenne participe à la négociation de ce traité, a lancé un appel aux groupes de pression professionnels des États membres pour qu'ils sensibilisent leurs gouvernements respectifs à son importance. (Disponible en français) [71]

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Le sens du combat pour la diversité culturelle: "Permettre à la variété des identités de trouver de vraies formes d'expression"

M. Jacques Chirac, président de la République française, le 5 septembre 2004 - 2004/09/05

Lors d'une cérémonie à l'Elysée en présence de personnalités du monde du cinéma au cours de laquelle le président de la République française, M. Jacques Chirac, décorait le cinéaste américain Steven Spielberg des insignes de chevalier de la Légion d'honneur, il a déclaré: «Notre pays (…) aime le cinéma, tous les cinémas (…). C'est tout le sens de notre combat pour la diversité culturelle: permettre à la variété des identités de trouver de vraies formes d'expression et reconnaître l'égale dignité de toutes les cultures dont chacune est porteuse d'une parcelle d'universalité». À son tour, M. Spielberg, saluant les efforts de la France, a affirmé : «nous devons travailler très très dur pour que les gens comprennent que nous devons célébrer les différences et non les condamner». (Disponible en français) [71]

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Publications et études

Avant-projet de convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle : "La Suisse priée d'entrer en résistance culturelle"

La Tribune de Genève, vendredi 3 septembre 2004

Dans cet article paru sous la plume de Daniel Wermus, journaliste à InfoSud, l’auteur relève les enjeux de la problématique et l'importance d'un engagement fort de la société civile en faveur de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Selon lui, «une convention sur la diversité culturelle doit absolument faire contrepoids aux textes internationaux sur le commerce. Elle doit augmenter la capacité des États à résister aux pressions des marchés». Il faut qu’il y ait "ouverture", «mais à condition que les faibles puissent exister avec les forts». Il soutient en effet que le texte préliminaire de la convention de l’UNESCO "va dans le bon sens": «notamment en préconisant un accès libre et équitable aux diverses formes de création (donc aux marchés aussi), ainsi qu’une aide à la capacité de production culturelle des pays pauvres». Cependant, cet avant-projet, d’après lui, comporte de "nombreuses faiblesses", dont "l’absence de sanctions", sa capacité à "imposer la primauté du droit à la diversité sur les règles de l’OMC". Selon lui, le projet de l’UNESCO "s’applique seulement à la culture qui se vend et s’achète. Ce qui risque de marginaliser les autres". Il soutient qu’on n’obtiendra de la future convention une offre culturelle vivifiante, répondant aux attentes de nos sociétés, favorisant le dialogue des civilisations et le respect de l’autre, que si les sociétés civiles font pression et si les consommateurs l’exigent. Or, selon lui, ces acteurs sont négligés par l’avant projet. En outre, l’auteur réclame un "mouvement contre la malinfo et la monoculture abrutissante" et espère que «la "résistance" suisse y contribuera peut-être». (Disponible en français) [71]

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Autres actualités d'intérêt

La diversité culturelle à la Deuxième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture de l’OÉA – Bilan de mission

Dans notre édition du 30 août dernier, nous publiions la version préliminaire des textes de la Déclaration et du Plan d’action de Mexico examinés lors de la sixième séance plénière de la Deuxième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires gouvernementaux chargés des politiques culturelles de l’OÉA tenue le 24 août à Mexico. La version finale approuvée desdits textes est maintenant disponible sur le site Web de l’OÉA. On peut les consulter en cliquant sur les liens suivants : [71]

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Résultats de la consultation de la société civile suisse sur l'avant-projet de convention de l'UNESCO sur la diversité culturelle

Comme nous l’annoncions dans notre édition du 16 août dernier, la Commission suisse pour l'UNESCO, en partenariat avec Traditions pour Demain et la Déclaration de Berne, deux ONG engagées dans le Sud, ont recueilli le 31 août dernier, dans le cadre d'une consultation élargie, la position de la société civile suisse sur l'avant-projet de Convention de l'UNESCO sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Les résultats de cette rencontre ont donné lieu à la publication de plusieurs documents qu’on pourra consulter ci-après. Lesdits documents se composent de trois éléments, à savoir le message de la société civile suisse aux autorités fédérales; la synthèse de l'audience du 31 août (avec les objectifs et la procédure de la consultation, le programme de la journée, la liste des 150 personnes représentant le gouvernement et les organismes de la société civile invitées à participer à la consultation, et la liste de celles ayant apporté une contribution); et le recueil des remarques et suggestions spécifiques (partiellement en allemand et en français).

Dans son message, la communauté des créateurs et producteurs culturels, des médias, des ONG de coopération, et plus généralement des différents secteurs de la sphère culturelle en Suisse, reconnaît "l'engagement dont les autorités fédérales ont fait preuve jusqu'à présent en faveur de la protection et de la promotion des expressions culturelles en Suisse et dans le monde", et compte tenu de "l'importance et de l'urgence du sujet", elle les encourage vivement à "agir avec détermination en faveur du projet de convention de l'UNESCO sur la diversité culturelle". Pour la société civile suisse,
«ce projet de convention offre aux États une occasion unique de concilier, dans le cadre d'une réglementation internationale contraignante, à la fois la promotion de la diversité créatrice de la planète et l'élimination des dérapages générés par la mondialisation et les nouvelles règles du commerce international». Aussi, exhorte-t-elle «tout spécialement que soit assurée la primauté de la convention sur les autres instruments juridiques internationaux en vigueur (variante A de l'article 19)»; convention à laquelle elle souhaite participer au processus d’élaboration.

Dans ses conclusions au processus de consultation avec les autorités fédérales, la société civile suisse accueille "très favorablement l'avant-projet de convention" car, selon elle, «la reconnaissance, pour la première fois dans un instrument juridique international, de la double nature des biens et services culturels constitue un pas essentiel dans l'architecture générale du droit international public, et augure positivement de la protection et de la promotion de la diversité culturelle qui ne manqueront pas d'en découler». Cependant, elle énonce ses inquiétudes à l’égard de plusieurs dispositions de l’avant-projet de Convention relativement à la préséance de la future Convention sur les autres instruments internationaux; la conception de la diversité culturelle; le caractère contraignant de la future convention; la définition des droits et des obligations des États découlant de la convention; les mécanismes de suivi; et le rôle de la société civile dans la mise en œuvre de la future convention.
 
Les résultats de la consultation seront transmis à l'administration fédérale et présentés lors de la réunion du Groupe interdépartemental sur la "Diversité culturelle" (GID) à Berne. De même, certaines des personnes et organisations ayant participé à la consultation seront présentes lors des conférences intergouvernementales qui se réuniront à partir du 20 septembre à l'UNESCO en vue de l'élaboration de la convention. De plus, les participants à la consultation ont décidé de constituer de manière informelle le Réseau de la société civile suisse pour la diversité culturelle dont la coordination pourrait être assurée par la Commission suisse pour l'UNESCO. Ce réseau se «tiendra informé de l'évolution du processus d'élaboration de la convention, en particulier des positions prises par la Suisse et, selon les besoins, se concertera pour continuer à communiquer aux autorités fédérales ses remarques et ses suggestions». (Disponible en français et allemand) [71]

  • Tous les documents précités sont accessibles sur le site Web de la Commission suisse à l'adresse : http://www.unesco.ch/

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Le RIDC et l’avant-projet de Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques - Propositions

Le Réseau international pour la diversité culturelle (RIDC) a rendu public sur son site Web un document dans lequel il prend position concernant le texte préliminaire de la Convention sur la diversité des expressions culturelles que propose l’UNESCO. Le RIDC déclare notamment que cet avant-projet se conforme aux principes de base auxquels ils adhèrent, à savoir: la nécessité de préserver la diversité culturelle menacée par les grands défis que posent la rapidité des changements technologiques, la convergence et l’érosion des distinctions entre diffusion et contenu, la concentration toujours croissante de la propriété relativement à la production et la distribution de contenus culturels; préserver le droit souverain de toutes les nations de prendre les mesures qu’elles jugent nécessaires à la conservation, la promotion et l’amélioration et au renforcement de la diversité culturelle; donner une valeur exécutoire à la Convention, en la dotant de clauses de règlement des différends et des mécanismes de mise en application; reconnaître que les biens et services culturels ne peuvent être traités comme de simples marchandises; s’assurer que les mesures mises en place pour encourager la diversité culturelle n’enfreignent pas les principes internationaux en place; la nécessité d’atteindre un équilibre entre l’objectif de protéger les institutions et œuvres culturelles nationales et indigènes d’une part et le besoin qu’il y a d’encourager l’échange international de produits culturels et de formes d’expression artistiques d’autre part; la nécessité d’assurer pleinement la participation de la société civile au processus de promotion et de conservation de la diversité culturelle. Cependant, reconnaissant que «la version provisoire actuellement à l’examen à l’UNESCO manque à plusieurs égards, et de façon vitale, aux objectifs énoncés», le RIDC préconise et énonce en outre des modifications à l’avant-projet proposé. Par ailleurs, le RIDC déclare qu’il «continuera à considérer et tenir compte des clauses de la Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques et à encourager la discussion parmi ses membres et avec les autres organismes». (Disponible en français, anglais, espagnol) [71]

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Le Vietnam soutient la protection de la diversité culturelle

Agence Vietnamienne d'Information, Hanoi, le 7 septembre 2004 - 2004/09/07

Le Comité national UNESCO du Vietnam, en collaboration avec le Bureau de l'UNESCO à Hanoi, ont organisé conjointement le 7 septembre 2004 à Hanoi une table ronde sur le projet de Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. À l’occasion de cette rencontre, M. Le Cong Phung, président du Comité national UNESCO du Vietnam et vice-ministre permanent du ministère des Affaires étrangères souligne que «le gouvernement vietnamien s'est engagé à soutenir vigoureusement les activités visant à protéger la diversité culturelle et à participer activement aux efforts de la communauté internationale dans ce travail». De même, le professeur Vu Khieu souligne que: «Pour le Vietnam, la diversité culturelle est devenue depuis longtemps une condition de l'existence et du développement non seulement de la culture, mais encore de la nation vietnamienne». (Disponible en français) [71]

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Télévision et diversité culturelle: "Images d’ailleurs - État du secteur télévisuel africain"

Élise Colette, Jeune Afrique l’Intelligent,  29 août 2004 - 2004/08/29

Dans cet article, Mme Élise Colette, journaliste à Jeune Afrique l’Intelligent, dresse un état du secteur télévisuel africain dominé par des chaînes non africaines. Elle rapporte les propos de M. Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone (UIPF), qui constate que: «Le développement de la télévision africaine a pris du retard par rapport à celui des offres audiovisuelles d'autres continents. Dans le même temps, la diffusion par satellite sur l'Afrique a commencé à se développer, et dans les cinq ans qui viennent, des opérateurs francophones et anglophones couvriront l'ensemble des marchés africains par des offres commerciales ou gratuites grâce à des bouquets satellites en réception directe (petites paraboles). Dans toute l'Afrique subsaharienne, le besoin se ressent de chaînes africaines modernes, performantes, capables de produire des émissions in situ adaptées aux standards audiovisuels internationaux». Le portrait que dresse Mme Colette est tout aussi sombre: «Même s'il y a eu plusieurs créations de chaînes privées ces deux dernières années, elles n'ont aucun moyen de concurrencer les offres venues du Nord. Un système de redevance qui ne fonctionne pas, du matériel obsolète, peu d'ingénieurs formés aux équipements envoyés par les télévisions du Nord, et une publicité insuffisante quand elle n'est pas inexistante». Il s’ensuit donc un recours "inévitable" aux programmes des chaînes du Nord. Par conséquent, la révolution numérique a accentué l'internationalisation des programmes télévisuels, laissant les chaînes africaines sur le carreau et, plus grave encore, les télévisions internationales qui s'étaient intéressées au continent subissent échec sur échec, déclare-t-elle. De manière générale, affirme-t-elle, «dans les bouquets satellites aujourd'hui en Afrique, on ne trouve plus guère que l'américaine CNN, la britannique BBC World, l'européenne Euronews, l'arabe Al-Jazira, et la francophone TV5». Précisément dans le cas de TV5, elle remarque que si elle est devenue une télévision à part entière, sa pénétration cependant est «paradoxalement plus faible qu'en Asie, où le fleuron de la francophonie est reçu par presque 30 millions de foyers». Elle en conclut que «la domination des chaînes non africaines dans les pays africains nuit certainement à la diversité culturelle». Face à cette situation, déclare-t-elle, «nombreux sont les Africains à dénoncer le manque de programmes nationaux, ou, à tout le moins, régionaux». (Disponible en français) [71]

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"Promotion et valorisation des génies créateurs et gestion collective des droits d’auteurs et droits voisins"

Rachidi Mamandu, Multimedia Congo, le 2 septembre 2004 - 2004/09/02

À l’issue d’une assemblée générale extraordinaire qui visait à restructurer la Société nationale des éditeurs, compositeurs et auteurs (Soneca) en matière de gestion des droits d’auteurs et des droits voisins, le ministre congolais de la Culture et des Arts, M. Christophe Muzungu a répété sa volonté de se consacrer à la promotion ainsi qu’à la valorisation des génies créateurs de la République démocratique du Congo(RDC). Tout en considérant que les droits d’auteurs et droits voisins sont une priorité pour l’univers des métiers culturels, le ministre a souhaité que «des mesures rigoureuses soient prises, des actions énergiques entreprises afin de mettre fin au bradage, à la piraterie et autres prédations des œuvres de l’esprit». Cette volonté politique se traduit par la mise en œuvre d’un plan d’action se déclinant en plusieurs points dont la réhabilitation du corps des métiers culturels et la vente de l’image de la diversité culturelle de la RDC au monde entier en constituent les principaux. À travers ce programme, le ministre veut mettre à la disposition des opérateurs culturels des infrastructures et équipements culturels adéquats, et faire de la RDC le pays de grandes rencontres culturelles. Cette rencontre intervient à la suite des travaux des "Journées de concertation sur la gestion collective des droits d’auteurs et voisins", organisés le 8 décembre 2003 à Kinshasa (RDC). (Disponible en français) [71]

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Fête de L’Humanité 2004 : "Faire germer et s’épanouir une authentique diversité culturelle dans un monde qui bride la créativité"

Journal L’Humanité, édition du 11 septembre 2004 - 2004/09/11

Placée sous le signe de la création, de la solidarité, d’un "non" de gauche à l’Europe ultralibérale, l’inauguration de la fête pour célébrer les 100 ans de L’Humanité s’est ouverte le 9 septembre 2004 à Paris par l’exposition "Cent peintres pour les cent ans de l’Huma". Remerciant tous les peintres ayant participé à cette exposition d’une étonnante diversité, et prouvant, comme avait pu le dire le peintre Jean-Pierre Jouffroy, que la peinture est bien vivante en dépit des diktats d’un marché de l’art qui n’en finit plus de décréter sa mort, le directeur du journal, M. Patrick Le Hyaric a souligné ce qui fut, en dépit de périodes sombres, une constante dans l’histoire de l’Humanité, et aussi du PCF, à savoir un rapport fort et d’une certaine manière fondamental à la création : «Dans un monde qui bride la créativité, nous prenons plaisir à faire germer et s’épanouir une authentique diversité culturelle dans les allées et les espaces de la Fête. Car pour nous, la culture ne fleurit pas dans la serre du profit». M. Le Hyaric a également déclaré qu’«au moment où les concentrations dans la presse s’accélèrent, notre Fête va être celle de la défense du pluralisme de la presse, du pluralisme des idées. Elle va être aussi un moment crucial pour la défense et le soutien à l’Humanité, dont la situation reste très fragile»
(Disponible en français) [71]

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