Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 28, lundi 23 août 2004

Le Brésil et la CNUCED créent un Forum international des industries de la création

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

La diversité culturelle à la Deuxième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture de l’OÉA

Mme Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec, Québec le 20 août 2004 - 2004/08/20

Dans notre précédente édition de ce Bulletin, nous rappelions la Deuxième Réunion interaméricaine des ministres de la Culture et des hautes autorités de l’Organisation des États américains (OÉA) qui se tient à Mexico ces 23 et 24 août. Cet événement est organisé dans le cadre d'une conférence spécialisée de l'Organisation des États américains et porte notamment sur la place occupée par la culture dans les processus de développement social et d'intégration économique dans le continent américain. On y aborde essentiellement trois thèmes: la culture comme moteur de la croissance économique et de l'emploi; les défis auxquels sont confrontées les industries culturelles; la culture comme instrument de cohésion sociale et de lutte contre la pauvreté. À ce titre, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Line Beauchamp, qui participe à cette rencontre a notamment déclaré que la participation du Québec constitue une manifestation de sa volonté «d'être un partenaire actif dans la construction des Amériques et de promouvoir, dans le cadre fédéral, ses intérêts dans ses sphères de compétence». Mme Beauchamp entend notamment profiter de cette rencontre pour rappeler le rôle essentiel du créateur dans la dynamique culturelle et pour réaffirmer la position du Québec en matière de culture et de diversité culturelle. Aussi, souligne-t-elle : «il est réjouissant de constater que les pays des Amériques reconnaissent de plus en plus l'importance de la culture dans le développement de nos sociétés». [68] (Disponible en français)

Communiqué
Extrait de l’ordre du jour

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Publications et études

"Tous différents, tous uniques" : Les Jeunes et la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle

UNESCO, Division des politiques culturelles et du dialogue interculturel, 37 p., 2004

Dans l’avant-propos de ce document, version "pour jeunes" de la Déclaration universelle de l’UNESCO, le Directeur général, M. Koïchiro Matsuura, souligne qu’avec cette version de la Déclaration, l’UNESCO cherche «non seulement à présenter aux jeunes la diversité culturelle et l’UNESCO, mais aussi à resserrer les liens entre eux, en quelque lieu qu’ils habitent. Grâce à l’amitié internationale, les jeunes devraient tirer profit de la diversité culturelle et, par leurs actes d’aujourd’hui, aider à la préserver pour les générations futures. Si la jeunesse est la clé de l’avenir, il est essentiel qu’elle façonne aussi le présent». En effet, les personnes âgées de 18 à 24 ans constituent 18 % de la population mondiale. Le Parlement international de la jeunesse et l’UNESCO pensent que les jeunes sont au plus haut point parties prenantes des questions de droits de l’homme, de développement et de diversité culturelle. Ainsi, ont-ils en tant que groupe «un rôle très important à jouer dans la promotion des principes de la diversité culturelle inscrits dans la Déclaration de l’UNESCO. Il est donc essentiel de leur donner l’occasion de démontrer leurs capacités d’exercer des responsabilités pour que ces valeurs deviennent partie intégrante de la vie quotidienne de tous les gens et de toutes les communautés du monde».

C’est pourquoi l’UNESCO et le Parlement international de la jeunesse ont collaboré, dans le cadre de ce projet, pour l’organisation d’une large consultation des jeunes sur le thème de la diversité culturelle et des valeurs défendues par la Déclaration universelle. Ils ont notamment collaboré dans dix pays pour faciliter l’organisation d’ateliers réunissant des jeunes et animés par des jeunes où ont eu lieu des échanges de vues centrés sur les douze articles de la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Le présent document présente donc le résultat de ces consultations. Après avoir commenté chaque article de la Déclaration, les auteurs présentent diverses initiatives concrètes reflétant l’opinion des jeunes quant aux types d’activités, pilotées par des jeunes, qu’ils jugent nécessaires pour faire vivre les valeurs positives de la Déclaration dans les cœurs et les esprits des jeunes et de leurs communautés dans le monde entier.

Le Parlement international de la jeunesse, initiative d’Oxfam International gérée par Oxfam Community Aid Abroad, est un réseau mondial de jeunes leaders de plus de 150 pays qui ont une vision commune de “la jeunesse qui construit un monde équitable, durable et pacifique”. Ce réseau a été lancé en 2000 avec la première session du Parlement international de la jeunesse qui a réuni 250 jeunes acteurs du changement social venus de plus de 100 pays. [68] (Disponible en français, anglais)

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Investigating the business of culture in Africa : The issue on Cultural Industry in Africa

Revue "Africa e Mediterraneo" - un numéro sur les industries culturelles en Afrique

Le magazine scientifique italien prépare ce numéro spécial en se basant notamment sur la décision des ministres de la Culture du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique de renforcer la place des industries culturelles dans les politiques culturelles. [68]

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Autres actualités d'intérêt

Le Brésil et la CNUCED créent un Forum international des industries de la création

La onzième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) s’est tenue à São Paulo le 18 juin 2004 au terme de laquelle les États membres ont adopté une déclaration baptisée "L´esprit de São Paulo". À la suite de cette onzième CNUCED, le ministre de la Culture du Brésil, M. Gilberto Gil Moreira, a lancé le 20 août 2004 à Genève une initiative conjointe du gouvernement brésilien et de la CNUCED créant un Forum international des industries de la création artistique au Brésil. Ce Forum a pour but d’aider les pays en développement à tirer beaucoup plus profit des secteurs émergents et dynamiques des industries de la création, comme celles du disque et de la musique, de la photographie, de l’art commercial et de la production musicale et cinématographique. Les concepteurs déclarent qu’«en améliorant la transparence des marchés, l’échange des bonnes pratiques et les actions de plaidoyer au niveau international, le nouveau Forum pourrait jouer un rôle majeur d’assistance au développement de ces industries, qui sont un important outil de promotion de la diversité culturelle dans les pays en développement».[68]

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Le point sur les négociations en cours à l'OMC : reprise des négociations du cycle de Doha

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, Ottawa, le 31 juilllet 2004 - 2004/07/31

Le communiqué rendu public par le ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce international rapporte que le Canada s'est joint, le 31 juillet 2004, à d'autres membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour accueillir avec satisfaction un cadre de négociations qui permettra de relancer les négociations commerciales mondiales du cycle de Doha. En effet, «les 147 membres de l'OMC ont adopté, par consensus, un cadre de négociations qui prévoit une feuille de route destinée à orienter les prochaines étapes des négociations commerciales mondiales». Bien que le gros reste à faire avant d'arriver à un texte final, reconnaît le communiqué, «l’entente nous permet de passer à la prochaine phase des négociations» dans le cadre du cycle de Doha, notamment l'ouverture des marchés mondiaux pour les biens et services, la réduction des formalités administratives aux frontières, l'amélioration des règles régissant l'anti-dumping et les mesures compensatoires, et la meilleure intégration des pays en développement dans le système commercial mondial. Parmi les principaux éléments sur lesquels porte l’accord figure le commerce des services au sujet duquel des négociations se poursuivent. À cet égard, souligne le document d’information publié à cet effet, «le texte accentue l’élan amorcé en appelant les membres à soumettre toutes offres initiales en suspens d’accès aux marchés et à convenir le plutôt possible d’une date pour la soumission d’offres améliorées». Ces négociations, déclare-t-on, «offriront des débouchés très intéressants à nos exportateurs de services, surtout dans les marchés émergents comme la Chine, le Brésil et l’Inde, et par ricochet, permettront de créer des emplois au Canada. Sont d’un intérêt particulier les services commerciaux : financiers, professionnels, de télécommunications, et de recherche et de développement, qui représentent près de la moitié de nos échanges internationaux dans le secteur des services». Les biens et services culturels et l’audiovisuel ne figurent pas dans le cadre de cet accord conclu par les 147 membres de l’OMC qui, affirme-t-on, «est un vote de confiance en faveur du multilatéralisme».

Commentant cette reprise des négociations du cycle de Doha, le Réseau international pour la diversité culturelle (RIDC), dans son Bulletin (no 8, Vol. 5, d’août 2004) souligne que «l’ordre du jour "multilatéral" est reparti encore une fois et cela risque d’augmenter les défis pour les politiques culturelles et la diversité culturelle» ( incd@ccarts.ca  ou www.incd.net) [68] (Disponible en français et en anglais)

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Réunion de réflexion sur le développement durable et la diversité culturelle dans l'espace méditerranéen

Ministère français des Affaires étrangères, 12 mai 2004 - 2004/05/12

Les 17 et 18 mai 2004 ont eu lieu à Marseille, en France, le Rendez-vous méditerranéen, sous le patronage du président de la République française, M. Jacques Chirac. Ce rendez-vous réunissait une centaine de personnalités incarnant la science, l'engagement au service du développement durable et le dialogue des cultures (élus, intellectuels, artistes, chefs d'entreprises, ONG) de tous les pays bordant la mer Méditerranée, afin de leur ouvrir une tribune de réflexion et d'expression libre sur le sujet. Il ne s'agissait pas d'un rendez-vous institutionnel destiné à élaborer des décisions précises. L'objectif était de «recréer, à travers des représentants de la société civile de peuples qui ont toujours communiqué au long de leur histoire, le désir de penser ensemble un avenir de progrès économique et humain, dans la préservation solidaire de l'écosystème».

Au cours de deux séances plénières et de quatre tables rondes, les participants ont abordé les thèmes suivants : création et diversité culturelle; construire une solidarité économique méditerranéenne; une mer commune; aménager les territoires. Partant d'une perspective large et pluridisciplinaire, cette réflexion avait vocation à contribuer aux travaux plus spécifiques menés notamment dans le cadre du Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM) pour l'élaboration d'une stratégie méditerranéenne de développement durable. Le résultat attendu devrait permettre de déboucher sur des propositions pour l'action des instances étatiques et des cadres multilatéraux de coopération (PAM, Partenariat euro-méditerranéen - PEM) mais aussi des collectivités territoriales, des villes, des entreprises, des associations, et permettre également d'identifier des pistes concrètes d'action ou des solutions à l'œuvre qu'il conviendrait de renforcer. [68] (Disponible en français)

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Les États-Unis signent un traité bilatéral avec le Bahreïn

Coalitions en Mouvement, Bulletin des Coalitions pour la diversité culturelle, Vol 2, no 4, été 2004

Cette publication du Secrétariat du Comité de liaison international des coalitions pour la diversité culturelle (CLI) rapporte que les États-Unis continuent d’agrandir le cercle de leurs accords de commerce bilatéraux avec un nombre accru de pays en concluant, le 27 mai 2004, un accord bilatéral de commerce avec un pays du Moyen-Orient, le Bahreïn. Selon ce Bulletin, cet accord, qui a des conséquences sur la capacité du Bahreïn de maintenir des politiques culturelles existantes ou d’en introduire de nouvelles, n’est que l’une des nombreuses négociations menées par les États-Unis cette année : la deuxième ronde des négociations avec le Pérou, la Bolivie et l’Équateur s’est déroulée à Atlanta à la fin de juin, tandis que cinq rondes de négociations ont eu lieu avec l’Union douanière sud-africaine - SACU (Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Lesotho, Swaziland), la date butoir étant fixée à décembre de cette année. Par ailleurs, des négociations doivent débuter sous peu avec la Thaïlande. Entre-temps, le processus de ratification des Accords de libre-échange avec l’Australie et avec les pays d’Amérique Centrale - CAFTA (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et République Dominicaine) est encore à compléter. [68]

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"Cultural Diversity Not a Threat to Development"

Jon Schaffer, Washington File Staff Writer, Bureau of International Information Programs, U.S. Department of State, Washington, July 16, 2004 - 2004/07/16

Dans ce communiqué du Département d’État américain, M. Jon Schaffer, rédacteur du Washington File, déclare que "la diversité culturelle n’entrave pas le développement ". En effet, cette déclaration intervient à la suite de la publication, le 15 juillet 2004 à Bruxelles, de la 15e édition du Rapport mondial sur le développement humain 2004 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dont "La liberté culturelle dans un monde diversifié" est le thème central. Ce Rapport défend l’idée que les États doivent prendre l'initiative d'élaborer des politiques multiculturelles conçues pour éviter toute discrimination d'origine culturelle, qu'elle soit religieuse, ethnique ou linguistique. «Ce n'est qu'en étendant les libertés culturelles, et non en les supprimant, que l'on pourra promouvoir durablement la stabilité, la démocratie et le développement humain au sein de toutes les sociétés, soutient le Rapport». Selon M. Schaffer la diversité culturelle ne freine pas la croissance économique. De telles politiques ne sont pas toujours simples à concevoir, mais de nombreux pays progressent. Ce rapport détruit les mythes dont on s'est prévalu pour refuser l'élargissement des libertés culturelles, en montrant que la diversité n'est ni une menace pour l'unité de l'État, ni la source de "heurts" inévitables, ni un obstacle au développement. Au contraire, la diversité culturelle est au cœur du développement humain: la capacité pour les individus de choisir d'être ce qu'ils souhaitent. Ce rapport offre un cadre privilégié pour examiner certaines questions qui figurent parmi les priorités de l'agenda politiques international : l'immigration, l'extrémisme prédateur, la loi coutumière et la diversité culturelle. Selon les rapporteurs, il s’agirait désormais de «favoriser la diversité tout en laissant les pays ouverts aux flux mondiaux de capitaux, de biens et de personnes». Dans cette perspective, les États sont incités à davantage d’équité dans le commerce des marchandises culturelles. Ils sont en même temps appelés à laisser «chacun libre d’être ce qu’il souhaite» pour que progresse le développement humain. [68]

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"Faut-il abandonner toute politique de protection culturelle en échange d'investissements économiques?" - Partenariat commercial américano-africain: "President Bush Signs African Growth and Opportunity Act - AGOA III"

Département d’État américain, 13 juillet 2004 – 2004/07/13

Le 13 juillet 2004, le président américain, M. George Bush, a promulgué la loi sur l'accélération de l'application de l'AGOA (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique - African Growth and Opportunity Act) qui proroge l'AGOA jusqu'en 2015 et élargit sa portée. Baptisée AGOA III, la nouvelle loi est considérée par maintes personnes comme une mesure importante pour accroître les investissements américains en Afrique subsaharienne en ce sens qu’elle proroge jusqu'en 2015 la plupart des avantages commerciaux prévus pour les 37 pays africains qui remplissent les conditions nécessaires. Adoptée à l'unanimité par la Chambre des représentants et ensuite par le Sénat le 24 juin 2004, cette loi est considérée comme un programme important de préférences commerciales destiné à aider l'Afrique subsaharienne à se développer et à renforcer sa croissance économique. À la suite de son adoption, et entouré du corps diplomatique africain, le représentant des États-Unis pour le Commerce extérieur, M. Robert Zoellick, a déclaré que «l’AGOA constitue le fondement de la politique du gouvernement Bush dont il en a fait la pièce maîtresse de la politique africaine de son gouvernement en matière de commerce et d'investissement en Afrique subsaharienne, qui vise à encourager l'ouverture des marchés, l'accroissement des échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique et des investissements, à stimuler la croissance économique et à faciliter l'intégration de l'Afrique dans l'économie mondiale».

«Une Afrique plus prospère et plus stable sur le plan économique est une bonne chose non seulement pour les Africains, mais aussi pour les intérêts des États-Unis et du reste du monde», a déclaré la représentante adjointe des États-Unis pour le Commerce extérieur chargée de l'Afrique, Mme Florizelle Liser. Elle fait d’ailleurs remarquer que «Le commerce est l'un des grands piliers du plan d'engagement stratégique des États-Unis avec l'Afrique, et l'AGOA est important à cet égard ». C'est pourquoi, souligne-t-elle, il importe tant de renforcer le système commercial international et la participation de l'Afrique à ce système. Le député Ed Royce, président de la sous-commission sur l'Afrique de la Chambre des représentants, a affirmé que si l'Afrique se retrouvait sur la voie du déclin, les États-Unis en souffriraient considérablement : «Nos intérêts, de plus en plus nombreux, dans les domaines de la sécurité et de l'économie sur le continent en pâtiraient, ainsi que notre image de pays compatissant». D’autres soutiennent que l'AGOA III est d'une grande importance pour l'économie des pays de l'Afrique subsaharienne avec une diversité de mesures incitatives déclinées par les nouvelles provisions de la loi et se rapportant à l'assistance technique pour le développement, des infrastructures aéroportuaires, portuaires et des routes; l'assistance agricole et surtout le développement des relations entre les acteurs du commerce pour une croissance soutenue des échanges des deux côtes de l'Atlantique. À l'heure actuelle, 37 des 48 pays d'Afrique subsaharienne remplissent les conditions nécessaires pour bénéficier de l'AGOA. Le comité d'action en faveur de l'AGOA III se compose de trois groupes de travail spécialisés dans trois secteurs: agriculture, organismes de crédit à l'exportation, textiles et vêtements. Quatre autres groupes de travail font porter leurs activités dans les domaines suivants : information du public, pouvoir exécutif, pouvoir législatif, les médias et les pays africains. [68] (Disponible en français, anglais)

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