Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 18, lundi 10 mai 2004

La diversité culturelle : un sujet central au cœur de la visite officielle du Premier ministre du Québec en France

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

La diversité culturelle : un sujet central au cœur de la visite officielle du Premier ministre du Québec en France – Entrevue accordée par M. Jean Charest à M. Charles Lambroschini

Le Figaro, édition du 3 mai 2004 – 2004/05/03

Dans cette entrevue, le Premier ministre, M. Jean Charest, souligne que la question de la diversité culturelle est le sujet central de sa rencontre avec le président de la République française, M. Jacques Chirac, et le Premier ministre français, M. Jean-Pierre Raffarin, dans le cadre de sa visite officielle en France. Interrogé à cet égard, M. Charest déclare que : «La France et le Québec sont, avec le Canada, au premier rang des pays qui militent pour l'adoption par l'UNESCO d'une Convention sur la diversité culturelle qui confirmera le droit des États à soutenir leur culture nationale. En tant que francophones représentant 2% de la population nord-américaine, nous défendons tous les peuples qui n'ont pas l'avantage du nombre». À la question de savoir si «Lutter pour imposer la diversité culturelle, c’est forcément combattre les États-Unis»? M. Charest soutient que : «le Québec, qui a réussi à maintenir sa langue dans un environnement démographiquement très difficile, est convaincu de la nécessité d'un Traité garantissant le droit des États à soutenir leur culture. La France partage cette conviction. Mais nous savons que les États-Unis ont une analyse tout à fait différente. Dans le domaine du cinéma par exemple, ils refusent de distinguer entre commerce et culture. Les Québécois sont des militants du libre-échange et leur économie est totalement intégrée à l'Amérique du Nord. En même temps, nous sommes attachés à notre différence. J'ajoute que le gouvernement du Canada a le même souci». [58] (Disponible en français seulement)

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Financement de la culture et diversité culturelle : une nouvelle dimension à la coopération entre la France et le Québec

Revue de la presse des 4 et 5 mai 2004 - 2004/05/04-05

À l’issue des entretiens qui ont marqué la rencontre à Paris entre les premiers ministres de la France, M. Jean-Pierre Raffarin, et du Québec, M. Jean Charest, le Québec et la France ont convenu d’intensifier leurs échanges en matière de financement de la culture, en renforçant notamment la contribution du secteur privé dans le domaine culturel. MM. Charest et Raffarin en ont profité pour réitérer leur volonté commune de mettre au point une convention internationale sur la diversité culturelle avant l’échéance de 2005, «l’UNESCO s’étant donné, en octobre 2003, deux ans pour la création d’une convention donnant aux États le droit de défendre et de soutenir leur culture nationale», ont-ils souligné. Lors d’un point de presse, M. Charest a également déclaré à cet égard que le nouveau gouvernement espagnol a annoncé sa volonté d’adhérer à cette convention. Pour sa part, poursuivant ces échanges, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Line Beauchamp, qui accompagnait le Premier ministre, a rencontré son homologue français, M. Renaud Donnedieu de Vabres, pour discuter de diversité culturelle, de l’avenir des coproductions franco-québécoises et la situation de la langue française dans les entreprises. Elle a également évoqué avec M. Jacques Rigaud, "le patron de l'Admical", une association chargée de promouvoir en France le mécénat d'entreprise, les moyens de favoriser le mécénat et l’économie de la culture. [58] (Disponible en français seulement)

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L’Union européenne s’élargit à 25 pays : "une Europe des hommes plus qu’une Europe des marchés"

M. Jacques Chirac, président de la République française, le 29 avril 2004 - 2004/04/29

À l’occasion d’une conférence de presse présidentielle à propos de l'élargissement de l'Europe du 29 avril, le président de la République française, M.  Jacques Chirac, a appelé de ses vœux «une Europe qui assure à tous ses créateurs une meilleure protection de leurs droits, notamment par une lutte sans merci contre la piraterie et un soutien efficace à ses industries culturelles».  S’interrogeant sur la voie de l'avenir pour l'Europe, M. Chirac a déclaré que : «L'Europe de demain devra être l'Europe de l'éducation et de la culture». À cet égard, réaffirmant la nécessité de protéger la diversité culturelle et de "garantir l’exception culturelle française", il a souligné que : «la reconnaissance de la diversité culturelle et linguistique dans la future Constitution qui ne s'est pas faite toute seule, mais pour laquelle la France a courageusement plaidé, ouvre à notre continent des chantiers exaltants». M. Chirac a également mis en garde "les plus libéraux des Européens" qui souhaiteraient que la culture soit considérée comme une activité économique classique et soit soumise aux mêmes règles de la concurrence et du marché unique, dès lors qu’ils remettent en cause la protection particulière, à savoir le système d’aides publiques au cinéma, dont bénéficie jusqu’en 2007 le secteur culturel et le cinéma notamment. Exposant sa vision d'une Europe volontariste qui investit "massivement dans la recherche et l'innovation", assure "la protection des travailleurs" ou "la qualité des services publics", et reconnaît "la diversité culturelle", M. Chirac a déclaré que l'Europe était "profondément attachée à la singularité de son modèle social, à l'initiative individuelle, aux valeurs de justice et de solidarité": «C'est l'Europe des hommes plus qu'une Europe des marchés. Une Europe de la liberté et du droit».
Pour sa part, M. Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, a assigné trois objectifs raisonnables pour cette Europe dans les 15 ans qui viennent : «tout d’abord, maintenir et favoriser la paix et la compréhension mutuelle entre les peuples; deuxièmement, demeurer un cadre pour un développement durable et solidaire;  troisièmement, stimuler la diversité culturelle qui a toujours été l'apanage et la spécificité de l'Europe». [58] (Disponible en français seulement)

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Publications et études

Mise en valeur de la diversité linguistique et culturelle - Chantier 1 : Programmation 2004-2005 de l’AIF

Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF), le 16 décembre 2003 - 2003/12/16

La diversité culturelle est le premier des cinq chantiers prioritaires de la Programmation de l’AIF pour le biennum en cours (2004-2005) adoptée par la Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie en Conférence générale de l'Agence, le 18 décembre 2003. L’un des six axes de ce chantier prioritaire porte sur les Politiques culturelles et la diversité culturelle et se décline en deux volets : Diversité culturelle et instrument international, et Appui aux politiques nationales en matière de culture. L’AIF consacre au volet Diversité culturelle et instrument international un budget annuel de 340 000 euros. Sur la base des résultats importants obtenus en 2003, (à savoir qu’en avril, le Conseil exécutif de l’UNESCO a inscrit à l’ordre du jour de la Conférence générale de l’automne le lancement de l’étude et de l’élaboration d’un projet de convention internationale sur la diversité culturelle, et qu’en octobre, la Conférence générale a adopté une résolution demandant au Directeur général de l’UNESCO de présenter «un premier projet de convention» en 2005, lors de la 33e Conférence générale de l’organisation), l’AIF entend ainsi réaliser les objectifs suivants : contribuer à la préservation de la diversité culturelle contre les risques d’uniformisation que pourrait entraîner la libéralisation incontrôlée des biens et services culturels; favoriser l’épanouissement du dialogue des cultures, facteur de paix et de développement; et contribuer à la préparation par l’UNESCO d’un instrument juridique international sur la diversité culturelle et à son adoption par la Conférence générale de l’UNESCO, en 2005.

L’AIF s’est notamment engagée à appuyer les instances de la Francophonie dans leur action en faveur de la préservation de la diversité culturelle, et elle entend désormais soutenir les États et les gouvernements membres dans leurs efforts visant à l’adoption d’un tel instrument par la Conférence générale de 2005, tout en veillant parallèlement à ce qu’aucun engagement préjudiciable ne soit pris au cours de négociations bilatérales ou multilatérales sur la libéralisation des biens et services culturels. À cet effet, l’AIF entend poursuivre l’objectif de sensibilisation enclenché en 2003, notamment par des missions d’information et l’organisation de séminaires régionaux, et accompagner le processus d’élaboration de l’avant-projet de convention par l’UNESCO, tant au niveau du groupe d’experts que cette organisation a mis en place qu’à celui de la négociation intergouvernementale qui suivra. [58] (Disponible en français seulement)

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La création audiovisuelle en mal de financement et de diversité - Bilan de la Journée des Auteurs

Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD),  le 3 mai 2004 - 2004/05/03

Une conférence, ayant pour thème : La création audiovisuelle en mal de financement et de diversité, s’est tenue dans le cadre de la Journée des Auteurs, qu’organisait la SACD le 3 mai 2004 et regroupait notamment plusieurs intervenants, au nombre desquels : Francis Girod et Roger Kahane, réalisateurs, David Kessler, directeur général du CNC, Didier Mathus, député, membre de la Commission des affaires culturelles, Christine Miller, présidente de la SACD, scénariste, Dominique Richard, député, membre de la commission des affaires culturelles, Pascal Rogard, directeur général de la SACD, Claude Scasso, scénariste, Marc Tessier, président de France Télévision.

Ayant pris acte de la situation du sous-financement de la création audiovisuelle française, les intervenants ont discuté des mesures urgentes tendant à favoriser l’innovation et le financement de la création audiovisuelle. Cette conférence faisait écho à la position adoptée par la SACD rendue publique dans un document intitulé Pour une nouvelle impulsion du soutien à l’audiovisuel. Ce document proposait à cet égard cinq mesures pour donner un nouvel élan à la politique publique de soutien à la production et à la création audiovisuelles. Ces mesures ont été reprises par les intervenants dans le cadre de cette conférence. Ainsi, le soutien de l’État à la création devait se faire notamment par : la redéfinition de l’œuvre audiovisuelle, à l’heure où les interprétations abusives perdurent, vidant de leur substance les mécanismes de soutien. Aussi, les intervenants incitent le gouvernement à faire aboutir dans de brefs délais la réforme de cette définition qui devrait se recentrer sur ses objectifs initiaux, à savoir soutenir les programmes de création et constituer un patrimoine audiovisuel; une offre de programmes plus audacieuse et plus diverse, l’ambition de diversité devant se traduire également par la mise en place de nouvelles cases et de nouveaux formats pour les fictions; un meilleur financement global de la fiction intégrant le développement de nouveaux formats d’émissions, notamment la télé-réalité; un meilleur financement du développement des films de télévision et de cinéma en les dotant d’un budget de recherche s’inscrivant dans une perspective de modernité et d’innovation; et un financement de l’audiovisuel public à la hauteur des ambitions et des enjeux par l’octroi de moyens financiers adéquats. Pour conclure, les intervenants déclarent qu’«il faut soutenir la différence, la créativité et la diversité, pour que l’audiovisuel français n’ait pas à pâlir de sa confrontation avec le reste de l’Europe». [58] (Disponible en français seulement)

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Autres actualités d'intérêt

Premières assises européennes de la diversité culturelle

Quelle place pour les identités nationales dans l’Europe de la diversité culturelle? Comment conjuguer le droit de l’individu, droit à la liberté de création, d’expression ou de choix en matière de culture, et celui du groupe ou de la communauté, pour lequel la culture est le garant de l’identité? Quel est le rôle de l’État dans la mise en place des politiques culturelles et en particulier dans la promotion de la diversité? Le processus d’intégration européenne exige-t-il l’affirmation de la diversité culturelle de ses participants? Comment définir les limites de l’action de l’État dans ce domaine afin que celui-ci n’entrave ni la libre circulation des biens culturels ni la liberté d’expression? Les biens culturels sont-ils des biens publics? Le processus de mondialisation doit-il être encadré par une action normative? Inversement, le protectionnisme, parfois légitime, doit-il également être limité? La culture est-elle une marchandise comme les autres et les produits culturels doivent-ils être soumis à la concurrence? Existe-t-il un conflit d’intérêts entre auteurs, producteurs et public des services et biens culturels? Comment mener à bien un débat international sur ces questions au sein des diverses enceintes multilatérales (UNESCO, OMC, et OMPI) de façon à parvenir à des résultats complémentaires et harmonieux? Ces questions seront débattues les 3, 4 et 5 juin 2004 à Varsovie en Pologne, dans le cadre des Premières assises européennes de la diversité culturelle, qu’organise la Commission polonaise de l’UNESCO, en coopération avec la Commission française et en partenariat avec tous les pays des régions Europe et Amérique du Nord. Les Assises sont conduites dans le cadre des réflexions menées en vue de l’adoption par l’UNESCO, à l’horizon 2005, d’une Convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Cet événement, ouvert à la société civile, réunira tous les acteurs de la diversité culturelle : artistes, animateurs, intellectuels, gestionnaires, experts et élus des pays concernés soucieux d’illustrer une certaine idée de la culture en Europe et de défendre la promotion de la diversité culturelle. Sont envisagés, une centaine d’experts participants, à raison de trois intervenants par pays.

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Forum culturel mondial de Sao Paulo et Conférence internationale des ministres de la culture

Le Forum mondial de la culture se tiendra à Sao Paulo, au Brésil du 24 juin au 4 juillet 2004. Organisé par Rede Brasile, l'Association brésilienne des producteurs indépendants des arts et de la culture, en collaboration avec la ville de Sao Paulo, le ministère de la Culture du Brésil et SESC de Sao Paulo, cet événement bénéficie du soutien de plusieurs autorités gouvernementales, des structures privées et les fondations et organismes internationaux. En marge de ce forum se tiendra la Conférence internationale des ministres de la Culture. Pour ce faire, une quinzaine de pays africains se sont réunis à Bamako, au Mali, du 16 au 18 avril 2004, à l’occasion de la Deuxième réunion préparatoire mondiale de la culture pour l'Afrique, dans le but de «préparer la déclaration de l'Afrique au forum de Sao Paulo, au Brésil, sur la culture, tout en profitant pour constituer une plate-forme visant à réfléchir et discuter sur la place de l'art et de la culture dans un monde en perpétuel changement.» Les participants ont notamment abordé les questions suivantes : Quelle place l'Afrique peut-elle occuper dans le domaine de la culture, dans l'environnement de la mondialisation ? À quoi peut-on encore servir dans le contexte, avec les nouveaux moyens de normalisation tels les nouvelles technologies de l'information et de la communication ? La mondialisation a-t-elle des effets négatifs sur la diversité culturelle ou est-ce le contraire ?

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Troisième réunion des ministres de la Culture de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP)

À l’issue de la Troisième réunion des ministres de la Culture de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) qui s’est tenue à Maputo, au Mozambique, en avril 2004, la Quatrième réunion aura lieu en Angola l’année prochaine et sera précédée d’un Séminaire sur la diversité culturelle. La réunion de Maputo a notamment institutionnalisé le marché culturel commun des pays de la CPLP.

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Media Mergers : "The five sisters"

New York Times, February 16, 2004 – 2004/02/16

Dans cet article, M. William Safire revient sur le problème de la concentration accélérée des grands médias et les pressions exercées pour libéraliser l’accès aux marchés culturels. Apparu avec la vague de fusions-acquisitions des années 90, ce problème, de l’avis d’un certain nombre d’observateurs, est la plus grande menace qui pèse sur le pluralisme culturel. Aussi, comme se demande l’auteur, si une grande firme contrôlait la production et la diffusion de la majeure partie de nos nouvelles et divertissement, ne pourrait-elle pas de la même façon régner sur le monde entier? On imagine mal, dit l’auteur, que ce phénomène puisse se produire aux États-Unis, pays considéré comme «terre de la concurrence qui produit de la nouvelle technologie afin d’assurer une diversité des voix». À cet égard, M. Safire met sérieusement en doute la capacité de la Commission fédérale des Communications (FCC) à «protéger notre accès à une variété de nouvelles, de vues et de divertissement». C’est ainsi qu’il dénonce comment le géant des médias, Viacom-CBS-MTV, contrôle aussi bien le conduit que le contenu des médias de communication aux États-Unis. Il cite également les cinq autres «grandes sœurs» qui le font à l’échelle du monde : Murdoch-FoxTV-HarperCollins-WeeklyStandard-NewYorkPost-LondonTimes-DirecTV; G.E.-NBC-Universal-Vivendi; Time-Warner-CNN-AOL; Disney-ABC-ESPN; et la plus grande compagnie de câblo-distributeur: Comcast. [58] (Disponible en anglais seulement)

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Intégration mondiale et préservation de l’identité et de la diversité culturelles : "la diversité culturelle est un caractère fondamental de la civilisation mondiale et une forme d'expression de la culture mondiale"

Forum de coopération Asie-Europe (ASEP 3), Hue, le 26 mars 2004 - 2004/03/26

À la suite de la Conférence des ministres de la Culture des pays de l'ASEM (Forum de coopération Asie-Europe) relative aux cultures et civilisations qui a eu lieu en décembre 2003 en Chine, la 3e Réunion sur le partenariat entre les parlements Asie-Europe (ASEP 3) s’est tenue le 25 mars 2004 à Hue au Vietnam. Lors d’une séance de discussions sur l'identité et la diversité culturelles, la délégation vietnamienne a déclaré que : «Le Vietnam considère la diversité culturelle comme une demande objective et une condition permettant à tous les peuples de choisir une voie de développement la plus appropriée à leur identité comme à leur compétence». Ils ont notamment affirmé que le Vietnam soutient totalement la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle en soulignant que les nations doivent "renforcer la coopération et la solidarité internationales visant à favoriser toutes les nations, en particulier les pays en développement et en mutation, à promouvoir des industries culturelles fortes et capables de soutenir la concurrence tant au niveau national qu’international". Selon eux, cette démarche permettra aux nations de préserver leur identité culturelle dans l'actuel contexte de déséquilibre en matière de circulation et d'échange des biens et services dans le monde entier. C’est dans cet esprit que le Vietnam propose à l'ASEP d’organiser en 2005, en collaboration avec l’Alliance mondiale des parlements et l'UNESCO, un forum sur le thème de la promotion des échanges entre les cultures. Ce forum vise à contribuer aux efforts actuels de l'ASEM en vue de soutenir les efforts de l'UNESCO concernant l’élaboration et l’adoption d’une convention internationale sur la diversité culturelle. [58] (Disponible en français seulement)

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"Le monopole des produits culturels prive les spectateurs du droit de jouir de la diversité culturelle"

Beijing Information, no 16, April 2004 - 2004/04

Face à l’influence et à la compétition des films à grand succès de Hollywood, les cinéastes et scénaristes chinois se demandent comment s’y prendre pour relever le défi. À cet égard, la présente édition de Beijing Information se demande si l’Oscar est «un rêve pour les chinois ou un jeu pour les autres?». On rapporte notamment que dans les milieux du cinéma chinois, «certains soutiennent que suivre la tendance mondiale est le seul moyen de développer l’industrie cinématographique chinoise. Ils comparent les films de Hollywood au fast-food de McDonald’s, parce que ces deux valeurs ont changé inconsciemment le goût du peuple. Mais les puristes protestent, disant que les films nationaux et régionaux doivent maintenir leur goût distinct». Aussi, comme le soutient M. Ni Zhen, professeur à l’Institut de Cinéma de Beijing, « face à la mondialisation et à l’interaction des cultures, l’industrie cinématographique de Chine doit se rendre compte de cette tendance et aiguiser son tranchant compétitif». D’autres, à l’instar de M. Guo Fumin, professeur adjoint de l’Institut central de théâtre moderne de Beijing, affirment que «malgré leur vaste influence, les films de Hollywood ont leurs défauts. Ils imposent les valeurs étatsuniennes très limitées. La créativité est tronquée pour plaire aux spectateurs et gagner de l’argent. Les cinéastes concentrent donc leur attention sur la part de marché». C’est pourquoi, ainsi que le reconnaissent certains, même si «le monde est devenu progressivement un supermarché de films étatsuniens», les films mondiaux doivent «maintenir la diversité des caractéristiques régionales». Ce faisant, «les films européens, japonais, iraniens et sud-coréens ont récemment commencé à défier la domination de Hollywood. Le monopole des produits culturels prive les spectateurs du droit de jouir de la diversité culturelle. La Chine a aussi sa propre histoire et sa culture irremplaçables». [58] (Disponible en français seulement)

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