Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 17, lundi 3 mai 2004

"Une nouvelle alliance franco-québécoise" : La suite - Visite officielle du Premier ministre du Québec, M. Jean Charest en France

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

"Une nouvelle alliance franco-québécoise" : La suite - Visite officielle du Premier ministre du Québec, M. Jean Charest en France

Mme Marie-Claude Champoux, attachée de presse, Cabinet du Premier ministre du Québec, le 26 avril 2004 - 2004/04/26

La diversité culturelle figure à l’ordre du jour des rencontres qu’aura le Premier ministre du Québec, M. Jean Charest, dans le cadre de la visite officielle qu’il effectue en France du 1er au 5 mai 2004. Il est notamment accompagné de la ministre de la Culture et des Communications, Mme Line Beauchamp, de la vice-première ministre, Mme Monique Gagnon-Tremblay. Cette visite s’inscrit dans le cadre des rencontres annuelles alternées des premiers ministres français et québécois. Lors de son séjour, M. Charest rencontrera des autorités politiques françaises dont le Président de la République, M. Jacques Chirac, et le Premier ministre, M. Jean-Pierre Raffarin. Il discutera également de diversité culturelle avec le Secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf et le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura qui a présenté récemment, lors de la 169e session du Conseil exécutif de l’UNESCO, un calendrier détaillé du processus d’élaboration du projet de Convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qui mènera à son adoption, par la Conférence générale de l’UNESCO, à l’automne 2005 [57]

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Le dossier de la diversité culturelle mis à l'ordre du jour du Conseil exécutif de l'UNESCO : Point 3.7.2 : "Diversité culturelle : synthèse des travaux préliminaires et des réunions d'experts de catégorie VI et perspectives "

169e session du Conseil exécutif de l'UNESCO, le 26 avril 2004 - 2004/04/26

La question de la diversité culturelle, mise à l'ordre du jour du Conseil exécutif de l'UNESCO à la demande de 15 pays membres, a été traitée le lundi 26 avril 2004. Le sous-directeur général pour la Culture, M. Mounir Bouchenaki, après avoir fait une synthèse des travaux entrepris depuis la 32ème Conférence générale (rencontres des experts de catégorie VI, rapports écrits ou verbaux de ces rencontres) a indiqué que les États membres recevraient un avant-projet de convention vers la mi-juillet 2004, afin de lancer les débats d'experts de catégorie II. Le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, avait auparavant présenté un calendrier détaillé du processus d’élaboration du projet de Convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Ce calendrier, qui comporte des étapes clés, prévoit la remise du texte d’un avant-projet préliminaire aux États membres de l’UNESCO en juillet 2004, et l’amorce des négociations intergouvernementales sur son contenu dès l’automne; ce qui rend possible un vote pour l’adoption de la convention à la Conférence générale de l’UNESCO à l’automne 2005. Les membres du Conseil ont ensuite adopté, sans modification,  le projet de décision proposé au point 16 (page 4) du document 169 EX/40, donnant au Directeur général le mandat de convoquer des réunions d'experts de catégorie II. [57] (Disponible en français, anglais, espagnol)

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Publications et études

Communication interprétative de la Commission relative à certains aspects des dispositions de la directive "Télévision sans Frontières" concernant la publicité télévisée.

Commission des Communautés européennes, Bruxelles, le 23 avril 2004 - 2004/04/23

Avec le développement des nouvelles techniques de publicité, comme les écrans partagés, la publicité interactive, la publicité virtuelle et l'usage accru des nouvelles formes de publicité, la Commission européenne a été saisie de manière récurrente de questions concernant l'interprétation correcte des dispositions de la directive sur la télévision sans frontières en matière de publicité et la compatibilité de ces pratiques avec ces dispositions. À l'initiative de Mme Viviane Reding, commissaire européenne responsable de l'Éducation et de la Culture, la Commission a adopté le 23 avril 2004 une communication interprétative de la directive "Télévision sans frontières" (TVSF, adoptée en 1989 et renouvelée en juin 1997).

«Cette communication, indique la Commission, interprète la directive mais ne change pas les règles de droit». Ainsi, elle clarifie: les restrictions quantitatives de la publicité (durée journalière, durée horaire); la séparation entre le contenu éditorial et le contenu publicitaire en précisant que la pratique publicitaire des mini-spots (très utilisée en Italie) est autorisée pour autant que ces spots aient un caractère exceptionnel et ne portent pas atteinte au confort du téléspectateur; la notion de publicité clandestine. La communication analyse aussi comment la directive s'applique aux nouvelles techniques de publicité. Elle vise trois concepts: l'écran partagé (diffusion simultanée ou parallèle de contenu rédactionnel et de contenu publicitaire), qui est interdit au Portugal et en France mais autorisé au Royaume-Uni; la publicité interactive, autorisée seulement au Royaume-Uni; le parrainage virtuel (utilisation de techniques virtuelles pour insérer des messages publicitaires, par exemple lors de la diffusion d'événements sportifs), prohibé au Portugal et en Norvège mais autorisé en Espagne et en Grèce.

Cette communication fait suite à la consultation lancée par la Commission en vue d'une possible révision de la directive et à la communication sur «l'avenir de la politique audiovisuelle». Mme Reding a déclaré que «La directive "Télévision sans frontières" reconnaît que la publicité constitue la base économique de toutes les chaînes de télévision privées et d'une partie des chaînes publiques à accès libre, cette publicité étant essentielle pour garantir une télévision et un paysage médiatique libres et diversifiés en Europe. Dans le même temps, la directive précise clairement que la publicité doit avoir des limites pour sauvegarder les intérêts des téléspectateurs et des titulaires de droits en matière d'œuvres audiovisuelles. Cette communication permet aux radiodiffuseurs, aux téléspectateurs et aux titulaires de droits de mieux comprendre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas». [57] (Disponible en français et en anglais)

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Autres actualités d'intérêt

Coalitions en mouvement

Le Secrétariat du Comité de liaison international des coalitions pour la diversité culturelle (CLI) publie un bulletin mensuel intitulé Coalitions en mouvement. Le numéro 3 d’avril 2004 revient sur certains faits saillants en lien avec la diversité culturelle. C’est ainsi qu’on peut y trouver des informations relatives à la tenue des Troisièmes rencontres internationales des organisations professionnelles de la Culture, qui auront lieu à Séoul en Corée, du 1er  au 4 juin 2004. D’autres titres portent sur le calendrier de l’UNESCO de l’élaboration de la convention sur la diversité culturelle qui conduira à son adoption à l’automne 2005, rendu public par le Directeur général de l’UNESCO; le rapport du Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur (USTR) qui  publie sa liste annuelle des mesures considérées comme des barrières importantes aux exportations des États-Unis; et le texte des Accords de libre-échange ÉU-Maroc et ÉU-République Dominicaine. Le CLI regroupe 11 Coalitions nationales pour la diversité culturelle : Argentine, Australie, Burkina Faso, Canada, Chili, Corée, France, Maroc, Mexique, Nouvelle-Zélande, Sénégal. On peut accéder à ces titres par le lien suivant :

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Communication and Cultural Diversity

Un forum de Dialogue sur la communication et la diversité culturelle est prévu dans le cadre du Forum sur les cultures de Barcelone 2004. Ce Dialogue, qui vise à faciliter l’échange d’expériences et de points de vue dans le but de créer la connaissance qui favorisera les pratiques culturelles créatrices susceptibles de stimuler la diversité culturelle, aura lieu du 24 au 27 mai 2004, au Centre de Convention de Barcelone. Il rassemblera des experts et des acteurs intéressés au rapport entre la communication et la diversité culturelle, des professionnels du monde de la communication et des affaires en général, des créateurs et des professionnels de la culture, de même que des représentants d’ONG. Pour information :

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L’École internationale d’été sur les Amériques: Les grands enjeux de la coopération interaméricaine, et l’avenir du libre-échange dans les Amériques

Le Centre d’études interaméricaines (CEI) de l’Institut québécois des hautes études internationales (IQHEI) de l’Université Laval tiendra du 7 au 15 juin 2004 son École internationale d’été sur les Amériques. Deux thèmes d'importance sont au centre de cette première édition: Les grands enjeux de la coopération interaméricaine, et L’avenir du libre-échange dans les Amériques. L’École internationale d’été sur les Amériques sera présentée en deux volets. Du 7 au 11 juin, le CEI offrira sur le campus de l’Université Laval une formation inédite de 5 jours destinée à des étudiants universitaires de 2ième et 3ième cycles intéressés par les Amériques. Le second volet de l’École se déclinera en des ateliers, animés par des conférenciers et destinés aux spécialistes et aux praticiens des relations interaméricaines, qui se réuniront pendant trois jours, du 13 au 15 juin, dans un environnement propice aux échanges et au questionnement sur un sujet d’actualité dont notamment l’avenir du libre-échange dans les Amériques ou les résultats des récentes rencontres ministérielles de l’OMC et de la Zone de libre-échange des Amériques. Pour information sur les programmes du séminaire pour les étudiants et des ateliers pour professionnels et spécialistes, et les fiches d’inscription :

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Culture schlock : «Promoting diversity is a way to give voice to those who feel swamped by the flood of big-budget "foreign" culture, and resentful of the axiom "if you're in, you win."»

Olivia Ward, The Toronto Star, April 24, 2004 – 2004/04/24

Dans cet article, Mme Ward fait le constat que le concept de diversité culturelle est totalement assiégé à l’ère de la mondialisation. Cette nouvelle mondialisation économique offre des produits qui sont susceptibles d’être enveloppés dans ce mouvement d'homogénéisation qui lamine tout sur son passage, à l’instar du rouleau compresseur des grandes sociétés de divertissement qui provoquent ainsi la mort programmée des producteurs autonomes tant dans le secteur des films que des magazines. L’auteur montre comment les Etats-Unis et le Royaume-Uni dominent le commerce international de la littérature, des journaux et des magazines. Selon elle, il devient dès lors impérieux de protéger l’autonomie des producteurs et créateurs culturels et la diversité culturelle. Elle rapporte Peter Grant et Chris Wood, auteurs de Blockbusters And Trade Wars: Popular Culture In A Globalized World, et les défenseurs de la diversité dans la culture  qui prônent qu’il faut protéger nos valeurs culturelles par la libre expression et les mesures de soutien gouvernementales afin de promouvoir des industries culturelles fortes à l’instar de celles qui sont mises en œuvre tant au Canada qu’en France. L’auteur soutient en effet la démarche enclenchée à l’UNESCO qui conduira à l’élaboration et à l’adoption d’une Convention internationale soulignant la "nature unique" des produits culturels et la nécessité de conserver aux États la capacité de prendre des mesures pour défendre et promouvoir la diversité culturelle en dehors du cadre des négociations commerciales internationales. [57] (Disponible en anglais seulement)

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L’Amérique latine dans la politique commerciale des États-Unis : éliminer "des obstacles aux exportations américaines"

M. Toni Solo, Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine, 25 avril 2004 - 2004/04/25

Dans ce texte, M. Solo met en lumière la rhétorique du gouvernement américain sur l’Amérique Latine. Il souligne la différence entre les déclarations au Congrès des fonctionnaires de l’administration Bush et celle qu’ils véhiculent au public étranger. À cet égard, note-t-il, le compte rendu du représentant du commerce américain, M. Robert Zoellick, au Congrès diffère beaucoup de celui que délivre dans ses discours le représentant américain à l’Organisation des États américains (OEA), M.  John Maisto.  Il relève en effet que «les États-Unis agissent pour dominer les événements en Amérique latine en combinant la diplomatie et l’aide étrangère avec la pression commerciale et économique, tout cela appuyé en dernière instance par la menace de l’impitoyable force militaire». À cet égard, il rapporte les propos de M. Zoellick, lorsque celui-ci déclare au Congrès américain : «Jour après jour, dans le monde entier, le gouvernement étasunien travaille agressivement à faire en sorte que les barrières aux marchandises et aux services étasuniens soient levées. Nos nouveaux associés dans les traités de libre-échange et ceux qui sont en instance de le devenir, représentent le troisième plus grand marché d’exportation de l’Amérique - ces traités de libre-échange jettent par-dessus bord les barrières commerciales, marché par marché et accroissent les chances des États-Unis. L’application des accords commerciaux existants est un complément essentiel à la production de nouveaux accords. En effet, l’application des accords est par nature reliée au processus de négociation de nouveaux accords. Pratiquement tout ce que l’USTR (US Trade Department) fait est d’une certaine façon lié à l’application des accords. Les négociations pour ouvrir des marchés et l’application des accords sont les deux faces de la même monnaie».

M. Solo soutient en outre que : «le but principal de tous les accords de «libre-échange» des États-Unis est de forcer l’ouverture des marchés pour les sociétés multinationales étasuniennes et étrangères». À cet égard, il cite le rapport de M. Zoellick au Congrès qui établit la liste de ce que le Représentant américain au commerce extérieur considère comme des barrières commerciales et des pratiques injustes envers les exportations américaines de marchandises, de services et de produits agricoles dans le monde entier.

Dans son récent numéro d’avril 2004, Coalitions en mouvement, le bulletin d’information du Secrétariat du Comité de liaison international des coalitions pour la diversité culturelle, rapporte également que le Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur (USTR) a publié récemment sa liste annuelle des mesures considérées comme des barrières importantes aux exportations des États-Unis. Ainsi, dans le secteur culturel, les quotas de contenu national pour la radio, le cinéma et la télévision de même que les limites à la propriété étrangère pour les entreprises nationales dans les secteurs de l’édition, de la télévision, de la radio et de la distribution par satellite et par câble figurent en tête sur cette liste. C’est ainsi, par exemple, que les exigences de la France en termes de contenu national imposé aux chaînes de télévision sont qualifiées de «barrières importantes pour l’accès des émissions américaines au marché français». Le Bulletin souligne notamment que la France est loin d’être le seul pays à imposer des quotas pour la radio, la télévision ou le cinéma, car des mesures semblables, considérées comme des barrières commerciales par le rapport américain, sont citées en Australie, au Brésil, au Canada, en Colombie, en Italie, en Corée, en Malaisie, en Espagne et au Sri Lanka. La même chose, indique le Bulletin, vaut pour les limites à la propriété étrangère des entreprises culturelles. Les pays pointés du doigt ici incluent le Brésil, le Canada, l’Italie, la Turquie, le Venezuela et le Vietnam. [57] (Disponible en français, anglais, espagnol)

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