Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 16, lundi 26 avril 2004

"Faut-il démocratiser la mondialisation? "

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

"Faut-il démocratiser la mondialisation? "

M. Boutros Boutros-Ghali, président du Panel international sur la démocratie et le développement et président de la Commission nationale des droits de l'Homme (Egypte), le 17 avril 2004 - 2004/04/17

«Si l’on veut éviter que la guerre froide d'hier ne se mue en un affrontement culturel, en une guerre de civilisation attisée par d'amples mouvements de migrations internationales, et par le terrorisme international, il faut défendre la diversité culturelle, le plurilinguisme qui est aussi important pour la démocratie planétaire que le pluripartisme est important pour la démocratie nationale. C'est d'ailleurs une des raisons d'être de l'UNESCO». Ainsi déclarait M. Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire général de l’ONU et de la Francophonie, à l’occasion d’une séance des Entretiens du XXIe siècle, organisée à l'UNESCO et présidée par le Directeur général de l'Unesco, M. Koïchiro Matsuura, sur le thème « Faut-il démocratiser la mondialisation ?». [56] (Disponible en français seulement)

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Réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM: Engagement de la Chine à promouvoir la coopération Asie-Europe

M. Li Zhaoxing, ministre des Affaires étrangères de la Chine, le 17 avril 2004 – 2004/04/17

«Nous devons nous efforcer de stimuler le dialogue et la coopération entre le Nord et le Sud, et partant, de réaliser l'objectif du Millénaire pour le développement. Nous devons encourager la co-existence harmonieuse des civilisations différentes, et nous attacher au respect et à la préservation de la diversité culturelle.». C’est ainsi que s’est exprimé le ministre chinois des Affaires étrangères, M. Li Zhaoxing, à l’occasion une réunion du forum Europe-Asie (ASEM), qui regroupait à Kildare en Irlande, les chefs de la diplomatie des 15 pays membres de l'Union européenne (UE) et ceux de Brunei, de l'Indonésie, du Japon, de Corée du Sud, de Malaisie, des Philippines, de Singapour, de Thaïlande, de Chine et du Vietnam. Cette réunion ministérielle avait pour objet la préparation du Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement de l’ASEM qui aura lieu à Hanoi au Vietnam. À cet égard, de nombreux points de convergence se sont développés entre l'Europe et l'Asie, tels le renforcement du multilatéralisme, la prise en compte des défis globaux et le respect de la diversité culturelle. [56] (Disponible en français seulement)

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Publications et études

Le droit à l'éducation en tant que droit culturel, au sein des droits de l'homme - Document de travail

M. Patrice Meyer-Bisch, Université de Fribourg – Suisse, mars 2004 – 2004/03

"Le droit à l'éducation en tant que droit culturel, au sein des droits de l'homme". C’est le titre de la communication qu’a présentée M. Patrice Meyer-Bisch, Coordonnateur de l'Institut interdisciplinaire d'éthique et des droits de l'homme, et de la Chaire UNESCO pour les droits de l'homme et la démocratie de l’Université de Fribourg. M. Meyer-Bisch intervenait dans le cadre du colloque international qui s’est déroulé du 8 au 12 mars 2004, à l’Université de Ouagadougou au Burkina Faso, sur le thème : Le droit à l'éducation: quelles effectivités au Sud et au Nord? En partant du postulat que «le droit à l'éducation est généralement classé à part dans la liste des droits humains, soit comme droit social, soit comme droit culturel, mais sans que les liens avec les autres droits culturels ne soient réellement explicités», l’auteur veut montrer comment l'interprétation de ce droit est enrichie par la spécificité des droits culturels, en particulier dans le lien entre le droit individuel et les dimensions sociales de son objet. Selon lui, le droit à l'éducation est un droit à vivre une culture qui permet de reposer, de façon concrète, le problème du rapport entre individu et communauté. Il souligne notamment que «dans l'ensemble des droits culturels, ou droits d'accès aux ressources nécessaires à l'identité, un parallélisme étroit peut et doit être fait avec le droit à une information adéquate». De plus, affirme-t-il, «formation et information étant deux versants d'une même capacité, toute mise en œuvre de l'un de ces droits implique celle de l'autre». L’auteur soutient en outre que «les valeurs entretenues au sein des cultures ne sont pas un pré-requis ou un contexte, mais des facteurs de la capacité individuelle et sociale que chacun a le droit, la liberté et la responsabilité de développer pour lui et pour autrui par l'éducation et l'information». [56] (Disponible en français)

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"The Promotion of Cultural Diversity, A Korean Experience with Screen Quota System" for the International Forum on Cultural Expression and Communication, UNESCO

Hyung Jin Kim, Legal Adviser, Korean Coalition for Cultural Diversity , 25 November 2003 –2003/11/25

"Comment favoriser l’expression de la diversité culturelle?" Telle est la question qu’aborde M. Hyung Jin Kim dans cette communication. Il se propose d’y répondre en évoquant l’expérience coréenne de l’industrie du cinéma. Plus spécifiquement, il explique les raisons pour lesquelles les Coréens ont choisi la politique culturelle des quotas écrans, notamment dans l’industrie du cinéma, pour protéger et favoriser la diversité culturelle sur le marché domestique du film. Il affirme qu’il est "impératif de maintenir et développer la culture traditionnelle coréenne". Selon l’auteur, «les industries culturelles sont nécessaires pour préserver la culture, les traditions, la langue et l’intégrité». Il soutient que la Corée n’est pas contre la mondialisation, mais "s’oppose seulement à la manipulation et à l’annihilation culturelles sous le couvert de la mondialisation". En outre, elle s’oppose fortement à «toute idée qui considère la culture simplement comme un secteur des négociations commerciales internationales». Aussi, elle milite pour une «mondialisation à visage humain qui favorise la coexistence culturelle»

Toutefois, considérant la situation actuelle de l’industrie coréenne du film, l’auteur souligne que, dans le cadre des négociations d’un accord bilatéral de libre-échange (ALE) entre les États-Unis et la Corée du Sud, cette politique des quotas écrans est «soumise aux attaques féroces de Hollywood et de ses défenseurs qui se mobilisent efficacement pour faire une proposition finale à laquelle le gouvernement coréen ne peut pas refuser.» À cet égard, le Secrétariat du Comité de liaison international des Coalitions pour la diversité culturelle (CLI) indiquait déjà que les États-Unis continuaient de cibler le quota de films coréens dans les salles de cinéma dans le cadre des négociations de cet accord, et se demandait si la «Corée du Sud pourra résister aux pressions américaines pour l’amener à réduire ou même à abolir le quota de 40 % établi pour la production cinématographique coréenne?».

Par ailleurs, 47 organisations professionnelles françaises de la culture, membres du Comité de vigilance pour la diversité culturelle, devenu Coalition française pour la diversité culturelle, se joignaient aux protestations énergiques de la Coalition coréenne pour la diversité culturelle et de la Coalition for diversity in moving images (CDMI) contre une mise en cause de la politique culturelle des quotas écrans en Corée du Sud dans le cadre des négociations de cet accord. En effet, la Coalition française estime que «les biens et services culturels, en raison de leur double nature, culturelle et économique, et de leur valeur identitaire pour les peuples, ne doivent pas faire l’objet d’une libéralisation commerciale dans le cadre de l’OMC ou de toute autre négociation d’accord de libre-échange, de commerce ou d’investissement». Elle soutient en outre que «le traitement des biens et services culturels sous le seul angle commercial reviendrait à remettre en cause les politiques de soutien à la culture et l’ouverture équilibrée aux autres cultures, qui doivent être déterminées en toute souveraineté par chaque pays». Il appartient  donc à chaque pays, déclare-t-elle, «de définir le type de politique culturelle dont il a besoin, en fonction de ses conditions de développement et de la valeur qu’il attache à son identité». [56] (Disponible en anglais et en français)

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Le libre-échange et les accords de commerce dans la politique commerciale des États-Unis – Cahiers de recherche - CEIM 04-03

M. Christian Deblock, Centre Études internationales et Mondialisation (CEIM) - Université du Québec à Montréal, 16 avril 2004 - 2004/04/16

«Les États-Unis n’ont pas attendu les réformes toujours repoussées du système commercial multilatéral pour tenter, par d’autres voies, de remédier à ses lacunes et faire avancer leur agenda commercial, leur vision de l’ordre international et leurs intérêts géostratégiques. Ils ont multiplié les initiatives commerciales depuis deux décennies et se sont de plus en plus profondément engagés dans une voie parallèle, celle du bilatéralisme». Tel est le constat que dégage M. Deblock, économiste, directeur du CEIM et professeur à l’Université du Québec à Montréal, dans cette étude dans laquelle, il retrace et propose, dans un premier temps, une interprétation de ces évolutions, en retenant trois variables : les intérêts commerciaux, les intérêts géostratégiques et les valeurs. Dans un deuxième temps, il montre comment, en privilégiant les alliances commerciales et la mise en concurrence des accords commerciaux, d’une part, et en utilisant les accords commerciaux à des fins diplomatiques et géostratégiques, d’autre part, l’administration Bush a fait prendre un tour nouveau à la politique commerciale américaine. M. Deblock soutient par ailleurs que dans la catégorie d’arrangements liés au commerce, qu’il qualifie d’ad hoc, deux nouvelles tendances ont commencé à se dessiner dont l’une  concerne la voie bilatérale qui permet aux États-Unis «de contourner certaines dispositions ou exceptions générales contenues dans les accords multilatéraux, sur la diversité culturelle ou les OGM, par exemple».

Dans une annexe où M. Deblock analyse les objectifs recherchés dans l’accord de libre-échange avec le Maroc, l’auteur souligne que cet accord doit être replacé dans le cadre del’Initiative commerciale pour le Moyen-Orient, lancée en mai 2003. À cette fin, la stratégie américaine consiste à «s’appuyer sur les acquis des accords signés [notamment avec Singapour et le Chili] pour relever toujours un peu plus haut la barre». Les États-Unis procèdent en ciblant "les secteurs porteurs pour leurs exportations", à savoir les marchés publics et les services incluant les télécommunications et les technologies de l’information, entre autres. M Deblock souligne notamment que Robert Zoellick, le négociateur américain, «s’est fait l’un des plus ardents défenseurs des accords de libre-échange, tant par conviction que pour des raisons stratégiques». De ce point de vue, indique-t-il, «dans le cas des pays en développement en général et des pays émergents comme le Maroc en particulier, les accords de libre-échange présentent le double avantage, selon l’argumentaire officiel, de consolider l’ouverture économique et les réformes en cours, d’une part, et de créer un environnement économique et social favorable au développement, d’autre part». En clair, il s’agit «de démontrer les avantages que ces pays peuvent tirer du commerce et des investissements au plan de leur développement, puis, de verrouiller par un accord de libre-échange les réformes et les politiques économiques de libéralisation». C’est ainsi que M. Deblock replace le projet de libre-échange avec le Maroc dans le cadre de la "nouvelle stratégie d’alliances stratégiques". Cet accord présenterait, selon lui, des avantages indéniables : «il pourrait constituer un précédent pour d’autres accords, tout en venant sérieusement interférer dans le projet européen de mettre en place éventuellement une zone de libre-échange dans la région. En outre, et de manière plus immédiate, il permettrait d’éliminer le désavantage concurrentiel dont pâtissent actuellement les entreprises américaines et de la sorte de rattraper le terrain perdu.» [56] (Disponible en français seulement)

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Autres actualités d'intérêt

Le 10e Sommet de l’Organisation internationale de la francophonie à Ouagadougou

Le prochain Sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 26 et 27 novembre 2004 à Ouagadougou au Burkina Faso, a maintenant son site Web. Ce site présente des informations non seulement sur le Sommet, mais également sur le Burkina Faso et sur la Francophonie. On peut y consulter, dans la rubrique "Les dossiers", plusieurs documents dont notamment le Recueil documentaire de la Francophonie sur la diversité culturelle, de même que les versions française et anglaise de l’Argumentaire : "La diversité culturelle est menacée", destiné à sensibiliser les acteurs appelés à prendre position sur le principe de l’élaboration d’un instrument juridique international sur la diversité culturelle dans le cadre de l’UNESCO.

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Conférence sur la connaissance scientifique et la diversité culturelle

Dans le cadre de la série "Communication publique sur les sciences et les techniques" (CPST), une conférence sur la connaissance scientifique et la diversité culturelle se déroulera du 3 au 6 juin 2004 à Barcelone, en Espagne. Cette conférence examinera en quoi la diversité culturelle influence la connaissance scientifique, sa création et son application, ainsi que le processus de communication des sciences et des technologies au grand public.

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"Culture is crucial to our independent Canada"

David Crane, The Toronto Star, April 10, 2004 – 2004/04/10

Dans cet article, M. Crane souligne la position du gouvernement canadien en faveur de la diversité culturelle énoncée dans le Discours du trône à l’effet que «le gouvernement continuera à jouer son rôle de leadership dans la création d’un nouvel instrument juridique international sur la diversité culturelle». Selon M. Crane, «le but de cette convention internationale sur la diversité culturelle est de faire en sorte que les industries culturelles, y compris la culture populaire, ne soient pas traitées simplement comme n’importe quelle autre industrie dans les accords de commerce international, mais qu’elles soient reconnues comme quelque chose d’unique pour chaque société et ne soient pas assujetties aux règles du commerce international». C’est le défi que doit relever l’UNESCO qui a décidé d’élaborer une convention internationale sur la diversité culturelle, souligne M. Crane. Pour l’auteur, «la mondialisation serait un échec si les sociétés perdent leur capacité à la libre expression et si la diversité culturelle dans le monde était broyée dans le rouleau compresseur de l’homogénéisation commerciale». À cet égard, il convoque l’ouvrage de Peter Grant et de Chris Wood : Blockbusters And Trade Wars: Popular Culture In A Globalized World, qui explique en quoi les industries culturelles sont différentes et pourquoi les règles du commerce international devraient traiter la culture différemment. [56] (Disponible en anglais seulement)

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Préservation du patrimoine et diversité culturelle : «Pour dialoguer, il faut exister»

M. Francisco d'Almeida, Association Culture et Développement, le 7 avril 2004 – 2004/04/07

Quel lien existe-t-il entre préservation du patrimoine et diversité culturelle? Dans un entretien accordé au quotidien algérien d’information La Nouvelle République, M. d’Almeida, Délégué général de Culture et développement, une association nationale non gouvernementale qui inscrit son action dans le contexte des échanges Nord-Sud, et qui prend plus particulièrement en compte la dimension culturelle des processus de développement, déclare qu’«il faut au préalable qu’il y ait de la singularité pour qu’il puisse y avoir dialogue autour de la diversité culturelle, et pour qu’il puisse y avoir diversité, il faut que les identités existent, compte tenu des exigences de leur temps». Selon lui la préservation du patrimoine et de la diversité culturelle sont aussi de l’ordre des moyens. C’est ainsi qu’il a évoqué des actions indispensables pour donner aux pays qui ne les ont pas les moyens de préserver leur patrimoine. À cet égard, il souligne l’apport de la Francophonie et des autres organisations internationales comme l’UNESCO. Il affirme notamment qu’il peut y avoir un réel partenariat dans les échanges culturels entre les pays du Nord et les pays africains. [56] (Disponible en français seulement)

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