Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 10, lundi 15 mars 2004

"Diversité culturelle - l'engagement de la Francophonie: au-delà du succès de l'UNESCO, la mobilisation doit être maintenue"

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

Mondialisation et diversité culturelle : "la culture comme tremplin sur le monde"

M. Jean Charest, premier ministre du Québec, le 25 février 2004 - 2004/02/25

Dans le cadre d’une allocution prononcée le 25 février 2004 à l’École nationale d’administration publique du Québec (ÉNAP), M. Charest est intervenu, devant un auditoire composé d’administrateurs publics, pour situer "la place de l’État québécois dans le monde d’aujourd’hui" relativement à la conduite des relations internationales et des défis que pose le phénomène de la mondialisation. À cet égard, le premier ministre a soutenu que «les notions identitaires et commerciales ont été les moteurs de l’engagement international du Québec». Du reste, cet engagement actif sur la scène internationale a toujours été une constante de la politique poursuivie par les gouvernements du Québec qui se sont succédés depuis les années 1960. Il a également soutenu que «sur le plan des valeurs, le Québec se présentera comme un promoteur de la paix et du respect entre les peuples. Cette idée de respect implique notamment que le Québec assumera sa responsabilité internationale à l’égard de la diversité culturelle», un "enjeu majeur" qui fait en sorte que «le Québec milite aux côtés de la France et du gouvernement canadien en faveur d’un traité, sous l’égide de l’UNESCO, qui assurerait aux États le droit de soutenir leur culture». Pour M. Charest, il est clair que "la mondialisation n’est pas synonyme d’homogénéité" et que la culture non plus "n’est pas un rempart contre qui que ce soit, mais bel et bien un tremplin vers le monde entier". C’est pourquoi, déclare-t-il, «nous serons en faveur d’une mondialisation respectueuse des droits, (…) nous nous poserons en défenseur de tous les peuples qui n’ont pas l’avantage du nombre». [50] (Disponible en français seulement).

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"Une solidarité francophone engagée à la défense de la diversité culturelle"

Mme Monique Gagnon-Tremblay, vice-première ministre, ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Dakar-Sénégal, le 1er  mars 2004 - 2004/03/01

La diversité culturelle était à l’ordre du jour à l’occasion d’un cocktail dînatoire offert par le gouvernement du Québec dans le cadre de la visite officielle effectuée par Mme Gagnon-Tremblay au Sénégal et au Burkina Faso. À cet effet, Mme Gagnon-Tremblay a déclaré que la Francophonie continuera sa mobilisation "en faveur du combat pour la diversité culturelle et linguistique". Soulignant "l'apport et l'engagement du Sénégal dans le dossier de la défense de la diversité culturelle, notamment à l'UNESCO", Mme Gagnon-Tremblay a soutenu que : «l'Afrique doit être partie prenante de cette lutte pour le respect et la sauvegarde des identités culturelles. La Francophonie doit l'y aider et soutenir, là où la volonté se manifeste, l'émergence d'une véritable infrastructure nationale au service de la création, de la production et de la diffusion de la culture. La culture, en Afrique comme ailleurs, doit être l'une des clés du développement économique».

Cette visite officielle s’est poursuivie au Burkina Faso où Mme Gagnon-Tremblay s’y est entretenue avec le président de la République, M. Blaise Compaoré, et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, M. Youssouf Ouédraogo, chargé du comité national d’organisation du Xe Sommet de la Francophonie prévu au Burkina Faso en novembre prochain. Elle a également eu des entretiens avec des représentants de la Coalition burkinabé pour la diversité culturelle. [50] (Disponible en français seulement)

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"Le gouvernement du Canada continuera de jouer un rôle de chef de file dans l'élaboration d'une convention internationale portant sur la diversité culturelle"

Mme Hélène Chalifour Scherrer, ministre du Patrimoine canadien, Ottawa, le 27 février 2004 - 2004/02/27

À l'occasion de la Conférence Chalmers 2004, organisée à Ottawa le 27 février 2004 par la Conférence des arts du Canada, Mme Scherrer affirme sans équivoque sa "détermination de voir le Canada continuer de jouer un rôle majeur en vue d’assurer le succès de la campagne pour une convention internationale sur la diversité culturelle". Mme Scherrer notamment déclare que «la culture est un lien vital qui nous unit les uns aux autres et nous donne une voix unique dans le concert des nations». Aussi, «l’expression de la diversité est un objectif national qui rejoint ici un enjeu international». Selon la ministre, «l’affirmation culturelle n’est pas synonyme de protectionnisme». En effet, souligne-t-elle, «de tous les pays du monde, le Canada est le plus ouvert aux autres cultures». Pour le constater, «il n'y a qu'à voir les films à l'affiche sur nos écrans, les œuvres qui jouent à la radio, les magazines dans nos kiosques à journaux, les livres sur les rayons de nos libraires». Mais, prévient-elle, si «cette ouverture est une source d'enrichissement» pour la population canadienne, «elle ne doit toutefois pas rendre nos créations invisibles sur nos propres marchés».

Au regard du processus engagé à l’UNESCO en vue de l’élaboration d’une convention internationale sur la diversité culturelle, Mme Scherrer soutient que dans son Discours du trône, le gouvernement canadien a clairement affirmé son appui à cette initiative et que le « Canada continuera de jouer un rôle de chef de file dans l'élaboration d'une convention internationale portant sur la diversité culturelle». À cet égard, la ministre a ajouté : «je compte bien assurer son succès, avec l'aide de mon homologue du Québec, madame Line Beauchamp, de même qu'avec mes autres homologues provinciaux et territoriaux». [50] (Disponible en français et en anglais)

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Le combat pour la diversité culturelle dans "la Francophonie aujourd’hui" : "un combat pour le pluralisme, pour la démocratie, pour la liberté"

M. Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Paris, le 23 janvier 2004 - 2004/01/23

Dans le cadre d’une conférence donnée à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, M. Diouf a évoqué différentes dimensions de "la Francophonie aujourd’hui" au nombre desquelles figurent la mondialisation et la diversité culturelle. M. Diouf a notamment affirmé que la Francophonie "n’est pas opposée à la mondialisation en cours ", mais qu’elle souhaite une "mondialisation organisée ", une «mondialisation tempérée par l’esprit de solidarité, avec des règles du jeu édictées par la communauté internationale et l’existence d’un équilibre entre plusieurs ensembles établis sur des bases régionales, culturelles, linguistiques, économiques ou politiques». Ce dont nous ne voulons pas, soutient-il, «c’est d’un monde déséquilibré par l’existence de super-puissances qui écraseraient les autres nations et leur imposeraient peu à peu leur façon de parler, de penser, de vivre. L’unité du monde oui, mais dans l’équilibre et la diversité, pas dans l’uniformité».

Concernant la diversité culturelle, M. Diouf a souligné que le combat pour la diversité culturelle "est un combat pour le pluralisme, pour la démocratie, pour la liberté ". Aussi déclare-t-il : «nous ne voulons pas d’un monde uniforme. Nous voulons un monde solidaire, mais riche de ses différences. Un monde où le dialogue des cultures soit possible (…). Et pour que ce dialogue entre cultures existe et soit fécond, soutient-il, «il faut que plusieurs cultures, que de nombreuses cultures puissent exister fortement et continuer à vivre, à créer et à innover». Pour M. Diouf, la diversité culturelle est devenue "un enjeu central et un enjeu politique" : «si les biens et services culturels devaient être soumis sans garde-fous aux lois de l’économie de marché, alors, la diversité culturelle et, du même coup, la diversité linguistique seraient menacées. Le développement et la libéralisation des échanges internationaux, conjointement avec la convergence des industries de l’information et de la communication, provoquent la concentration des industries culturelles et l’apparition d’entreprises dominantes. Cette évolution comporte un vrai risque d’uniformisation des cultures et de marginalisation des créateurs. Il est donc important que les États en soient conscients. Il ne faut pas qu’ils se privent de leurs marges de manœuvre en matière de politiques culturelles. Ils doivent se garder de tout engagement de libéralisation concernant les biens et services culturels dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, en raison de la spécificité du secteur culturel. C’est pourquoi les États et gouvernements de la Francophonie ont été au premier rang pour élaborer et voter la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle du 2 décembre 2001 et pour engager le processus d’adoption dans ce même cadre d’un instrument juridique normatif d’ici à 2005». Toutefois, souligne M. Diouf, une convention internationale est aujourd’hui nécessaire mais pas suffisante : «elle doit aider à favoriser la création d’industries culturelles fortes, le soutien apporté aux créateurs par les États et les collectivités locales». [50] (Disponible en français seulement)

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La place des industries culturelles dans les initiatives prioritaires en matière d'éducation et de culture en 2004 - Session plénière du Comité Économique et Social Européen

Mme Viviane Reding, membre de la Commission européenne responsable de l'Éducation et de la Culture, Bruxelles, le 28 janvier 2004 - 2004/01/28

Présentant devant la Session plénière du Comité économique et social européen le sujet des industries culturelles dans le cadre des initiatives prioritaires en matière d'éducation et de culture pour 2004, Mme Reding souligne particulièrement les problèmes spécifiques aux entreprises culturelles européennes : le manque d'investissement et les difficultés de mobiliser les ressources financières, et la capitalisation insuffisante des entreprises, les problèmes liés à la distribution, la dimension insuffisante du marché, la faiblesse des investissements dans la promotion et la publicité, l'augmentation du piratage».

Selon Mme Reding, si ces industries culturelles sont directement liées à la création artistique, «il ne s'agit pas de produire et de vendre des produits comme les autres, mais des biens culturels. Et ces biens culturels constituent toute la richesse de la diversité culturelle européenne». C’est dans ce sens que le Comité souligne l'importance économique des produits culturels et des industries qui les soutiennent, «estimant que ces industries culturelles européennes contribuent à la réalisation des objectifs de Lisbonne en ce qui concerne la création d'emploi». De plus, relève-t-elle, le Conseil des ministres de la culture de l'Union européenne, dès 1999, estimait «vital pour la compétitivité européenne et pour la diversité culturelle de renforcer les industries de la culture, qui ont un grand potentiel de croissance dans le marché unique et sur le marché mondial». Pour essayer de résoudre ces problèmes, Mme Reding affirme que : «nous tentons déjà, par le biais de nos instruments actuels, de promouvoir la création artistique et la diffusion des productions européennes, de soutenir les échanges de spectacles vivants au-delà des frontières nationales, de soutenir des actions de sensibilisation à la culture dans le domaine de l'éducation. Mais nous savons bien qu'il y a encore beaucoup de travail à accomplir dans ce secteur».

À cet égard, l’avis exploratoire adopté par le Comité reconnaît que l’essor des industries culturelles «est essentiel pour faire de ces industries un vecteur important du développement économique et social, dans la mesure où il est démontré que ce secteur possède un potentiel significatif d'emplois et de richesses, et pour favoriser l'expression des cultures européennes». De plus, analysant en profondeur les défis culturels et socio-économiques auxquels doivent faire face les industries culturelles en Europe, le Comité estime que l'Union européenne doit apporter sa contribution, en particulier dans les domaines suivants: développer une politique culturelle pour l'Union européenne; développer un espace culturel européen; trouver des moyens d'aider les industries culturelles; aider les créateurs et les artistes. [50] (Disponible en français seulement)

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Publications et études

La citoyenneté en action: favoriser la culture et la diversité européennes par les programmes en matière de jeunesse, de culture, d’audiovisuel et de participation civique - communication de la Commission - COM(2004) 154 final

Commission des Communautés Européennes, Bruxelles, le 09 mars 2004 - 2004/03/09

Dans sa communication du 10 février 2004 intitulée «Construire notre avenir commun: Défis politiques et moyens budgétaires de l’Union élargie 2007-2013», la Commission propose de faire de la citoyenneté une réalité en favorisant la culture et la diversité européennesdans des domaines associant directement les citoyens européens au processus d'intégration, à savoir la jeunesse, la culture, le secteur audiovisuel et la participation civique. Pour l’Union élargie, «la diversité culturelle, sociale et linguistique représentera une immense richesse». Aussi, «l’Union contribue à la préservation et au développement des valeurs (indivisibles et universelles communes qui fondent la Communauté) dans le respect de la diversité des cultures et des traditions des peuples de l'Europe, ainsi que de l'identité nationale des États membres».

Pour ce faire, les "actions spéciales", d’une dimension et d’une envergure importantes, «devraient  avoir une résonance significative auprès des citoyens, en renforçant leur sentiment d'appartenance à l'Union et en les sensibilisant à la diversité culturelle de celle-ci». Dans le secteur audiovisuel, le programme MEDIA 2007 poursuivra les objectifs généraux suivants : préserver et renforcer la diversité culturelle et le patrimoine audiovisuel de l'Europe, et promouvoir le dialogue et la compréhension entre les cultures; accroître la diffusion des œuvres audiovisuelles européennes à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union européenne; renforcer la compétitivité du secteur audiovisuel européen dans le cadre d'un marché ouvert et concurrentiel.

À cet égard, le programme s’appuiera sur les résultats obtenus par les actions mises sur pied dans le cadre du programme MEDIA Plus, à savoir le système d'aide automatique et le système d'aide sélective des distributeurs, ainsi que les regroupements de distributeurs. De plus, il soutiendra les sociétés de distribution en ce qui concerne les catalogues d'œuvres à potentiel commercial réduit, en vue de promouvoir la diversité culturelle. Une aide sera également accordée pour le doublage, le sous-titrage et les copies multilingues, dans le but de renforcer la diversité culturelle et, il est notamment prévu de soutenir la projection numérique en facilitant l'accès au financement pour les investissements dans le matériel numérique. [50] (Disponible uniquement en français, anglais, allemand)

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Autres actualités d'intérêt

"Diversité culturelle - l'engagement de la Francophonie: au-delà du succès de l'UNESCO, la mobilisation doit être maintenue"

À l’occasion de la Semaine internationale de la Francophonie, le Bureau du Québec à Munich en Allemagne fédérale, en collaboration avec les Consulats généraux de France et de Suisse à Munich, organise, le 22 mars 2004 à 19h30 à l'Institut français, une table ronde sur le thème: "Diversité culturelle - l'engagement de la Francophonie: au-delà du succès de l'UNESCO, la mobilisation doit être maintenue". Pour information : Institut français, Kaulbachstraße 13, 80539 Munich; téléphone : 089 / 28 66 28-0

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Accord de libre-échange entre les États-Unis et le Maroc: "le Maroc tient à la diversité culturelle"

MENARA, éditions du 3 et 5 mars 2004 - 2004/03/03-05

Lors d'une conférence de presse donnée à Rabat – Maroc, le secrétaire d'État marocain aux Affaires étrangères et à la Coopération, M. Taieb Fassi Fihri a déclaré que la conclusion de l'accord de libre-échange (ALE) avec les États-Unis n'affectera pas les subventions accordées par l'État marocain à toute forme de production culturelle, qu'il s'agisse des livres, films ou tout autre support culturel. À cet égard, souligne-t-il, «le Maroc garde toute latitude pour pouvoir subventionner et aider toute forme de production culturelle». De plus, rappelant à ce propos le rôle pionnier joué par le Maroc en matière de défense de la diversité culturelle sur le plan national et au sein d'organisations internationales telle que l'UNESCO, il a soutenu que «nous gardons une marge de manœuvre totale en ce qui concerne les biens culturels». Concernant le volet de l'audiovisuel, M. Fassi Fihri a notamment indiqué  que «toutes les actions qui seront entreprises dans ce secteur se feront dans "le strict respect" des dispositions du projet de l'audiovisuel marocain, expliquant que toute participation étrangère à une télévision ou radio ne devrait pas dépasser 51 % du capital». [50] (Disponible en français seulement)

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Penser les enjeux de la Société de l’information : par rapport au devenir de la diversité culturelle

Le Soleil, quotidien de Dakar, édition du 11 mars 2004 - 2004/03/11

l’Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les info routes au Sénégal (Osiris) postule que la question de la diversité culturelle et de sa survie, «désormais envisagée comme un des enjeux essentiels pour le futur du globe, l’émergence de la société de l’information et de cette forme de mondialisation imposée par celle-ci aux pays du Sud» est une des dimensions de la société de l’information qu’il importe d’analyser.

À cet égard, le secrétaire général d’OSIRIS, M Olivier Sagna, souligne la vision partagée des organisateurs du Sommet mondial sur la société de l’information (SMI) pour mettre en œuvre le plan d’action adopté à cet effet par les pouvoirs publics, les institutions intergouvernementales, la société civile. Selon lui, la mise en place de mesures facilitant l’appropriation des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) par le plus grand nombre d’acteurs dans les pays pauvres contribuerait à la compréhension de la problématique du développement durable. Cet article fait suite au texte publié dans l’édition du Soleil du mari 23 décembre 2003, à l’occasion du Sommet de Genève sur la société de l’information. [50] (Disponible en français seulement)

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