Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 3, lundi 26 janvier 2004

La diversité culturelle, "pour assurer la survivance de la langue et de la culture du Québec"

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

La diversité culturelle, "pour assurer la survivance de la langue et de la culture du Québec"

Allocution du premier ministre du Québec, M. Jean Charest devant la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, Londres, le 20 janvier 2004 - 2004/01/20

Dans cette allocution prononcée devant les membres de la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni de Londres, dans le cadre de la mission qu’il effectue en Europe, M. Jean Charest déclare que la promotion de la diversité culturelle constitue l’un des engagements du gouvernement québécois. Il soutient notamment que «c’est une responsabilité, à la fois morale et historique», pour le Québec «de travailler activement à la protection de la diversité culturelle pour que survivent, justement, notre langue et notre culture». C’est pourquoi, rappelle-t-il, «le gouvernement du Québec compte parmi les nombreux promoteurs, de tous les continents et de nombreuses cultures, d’un accord international sur la diversité culturelle sous les auspices de l’UNESCO. Un tel accord garantirait aux États et aux gouvernements le droit d’élaborer et d’appliquer des politiques de soutien de la culture sous toutes ces formes». [43] (Disponible également en français et en anglais)

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La diversité culturelle : une "réponse à l’aspiration des peuples à se développer dans un environnement où toutes les cultures peuvent s’épanouir"

Allocution de Mme Monique Gagnon-Tremblay, vice-première ministre, ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, à France-Amérique,  Paris, le mercredi 17 décembre 2003 - 2003/12/17

Abordant tour à tour les priorités du gouvernement du Québec, les relations avec la France et l'action menée par la Délégation générale du Québec à Paris, de même que le Québec dans l'environnement nord-américain, Mme Gagnon-Tremblay évoque, dans son allocution, certains grands enjeux auxquels nous sommes tous confrontés dans le contexte de la réalité internationale et du processus de mondialisation, dont notamment la question de la diversité culturelle. Sur ce point précisément, Mme Gagnon-Tremblay  déclare que la défense de la diversité culturelle, qui représente pour le gouvernement du Québec «un dossier de très haute priorité», constitue «la réponse appropriée à l'aspiration des peuples à se développer dans un environnement où toutes les cultures peuvent s'épanouir». À cet égard, elle soutient qu’«un véritable dialogue des cultures contribue à la richesse de l'humanité». Elle se réjouit également de la décision de l’UNESCO, à l’effet que «la question de la diversité culturelle en ce qui concerne la protection des contenus culturels et des expressions artistiques fera l'objet d'une convention internationale». À cet égard, le gouvernement du Québec, indique-t-elle,  scrute attentivement les négociations commerciales internationales entreprises sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), afin de s’assurer que les négociations commerciales dans le secteur des services n'entravent pas sa capacité d'agir dans l'intérêt public, dans les domaines de l'éducation, de la culture, de la santé et des services sociaux. [43] (Disponible en français seulement)

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Diversité culturelle et Francophonie : "une Francophonie fortement impliquée dans le projet de Convention sur la diversité culturelle en préparation à l’UNESCO"

Première session plénière du Haut Conseil de la Francophonie - Paris, le mardi 20 janvier 2004 - 2004/01/20

Le nouveau Haut Conseil de la Francophonie s’est réuni pour la première fois du 19 au 20 janvier 2004 à Paris. Composé de trente-sept personnalités originaires de pays francophones, mais aussi du Brésil, d'Italie, du Japon, du Portugal, de la Russie, l’une des missions de ce Haut Conseil est d'alimenter la réflexion stratégique de la Francophonie, dans le moyen et long terme, notamment dans les domaines de la langue française et de la diversité culturelle. Ouvrant les travaux de la première session du Haut Conseil, le secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf, a déclaré que «la Francophonie revendique l’existence de grands ensembles linguistiques et culturels, espaces de solidarités qui dialoguent ensemble» et qu’elle est notamment «engagée dans une coopération active avec les hispanophones, les lusophones, les arabophones, et dans le même esprit avec le Commonwealth, sur ce thème majeur de la diversité culturelle».  M. Diouf soutient que «ces partenariats sont d’autant plus importants pour nous que nous savons bien que la diversité culturelle ne peut précisément être prise pour une réalité acquise». Selon lui, «il existe désormais un assez large consensus au sein de la communauté internationale sur l’idée que les biens et services culturels ne sont pas des marchandises comme les autres. Qu’ils ne doivent pas être soumis sans garde-fous aux lois de l’économie de marché». Il souligne également que «la libéralisation des échanges internationaux, conjointement avec les phénomènes de concentration au sein des industries de l’information et de la communication, suscitent l’apparition d’entreprises dominantes dans ce secteur», et que, «à cela s’ajoute l’évolution des négociations commerciales multilatérales qui conduit à remettre en question la capacité des États à formuler et à mettre en œuvre des politiques de développement culturel, sous prétexte que de telles politiques pourraient créer des entraves au commerce». Si, à ses yeux, «l’action de la Francophonie dans le dossier de la diversité culturelle est exemplaire», il reconnaît cependant que «la bataille qui s’engage sera difficile car les intérêts économiques de certains grands groupes, relayés par les pays dont ils sont issus, s'opposent à toutes formes de régulation de la circulation de leur production, et ce quel qu'en soit le motif». C’est donc pourquoi, affirme-t-il, «nous devons veiller à ce qu'un maximum de pays, notamment ceux du Sud, soient convaincus de l'intérêt, pour leur propre développement, d'une telle convention». C’est dans cette perspective qu’il convie les membres du Haut Conseil à se mettre à pied d’œuvre afin de guider les membres de la Francophonie dans leur recherche, de construire un cadre intellectuel et conceptuel qui puisse répondre aux incertitudes de la mondialisation et, sur le plan politique, à relayer, chacun, auprès de son pays et sur toutes les tribunes qui leur sont offertes, «notre débat d’idées par un discours de la volonté». Par ailleurs, dans son discours de clôture, M. Diouf s’engage, avec tous les acteurs institutionnels de la Francophonie, à étudier les modalités de mise en œuvre de la diversité culturelle sous l’angle du rapport avec les cultures, les religions et la laïcité en Francophonie, et dans d’autres pays que la France; à œuvrer pour leur réalisation; et à soutenir et nourrir le travail réalisé à l’UNESCO pour le projet de convention internationale sur la diversité culturelle. [43] (Disponible en français seulement)

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Forum mondial des médias électroniques : Déclaration des radiodiffuseurs

Union européenne de Radio-Télévision - Genève, le 11 décembre 2003 - 2003/12/11

Le Sommet mondial sur la société de l’information qui a eu lieu à Genève du 10 au 12 décembre 2003 a également rassemblé, du 9 au 11 décembre 2003, les responsables des médias du monde entier dans le cadre du Forum mondial des médias électroniques. Cette mobilisation visait à illustrer l’apport de la radio télédiffusion à la société de l’information. Les Unions de radiodiffusion du monde, groupement d’unions régionales de radiotélévision représentant les principaux organismes de radio et de télévision du monde, ont notamment rendu public une déclaration dans laquelle elles soulignent «la responsabilité et la contribution des radiodiffuseurs pour promouvoir des valeurs fondamentales telles que la liberté d’expression, l’accès à l’information, le pluralisme des médias et la diversité culturelle». Cette déclaration énonce les principes et objectifs selon lesquels la liberté d’expression, le pluralisme et la diversité culturelle sont des valeurs et des objectifs fondamentaux qui devraient imprégner tout le système des médias et la société de l’information en général, en particulier dans le cadre de la mondialisation; et que les médias électroniques ont un rôle primordial dans la société de l’information : produire, rassembler et distribuer des contenus de qualité; fournir des informations impartiales; sauvegarder le pluralisme des médias et contribuer à la diversité culturelle. [43] (disponible également en français et en anglais)

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Publications et études

"Diversité culturelle et Francophonie, dans l'espace francophone et à l'échelle mondiale" : Séance inaugurale du Haut Conseil de la Francophonie - Dossier préparatoire

Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Paris, 19-20 janvier 2004 - 2004/01/19-20

La première réunion de travail du Haut Conseil de la Francophonie, qui s’est tenue à Paris du 19 au 20 janvier 2004, a porté sur le thème : "Diversité culturelle et Francophonie, dans l'espace francophone et à l'échelle mondiale". La Francophonie a voulu illustrer sa forte implication dans le projet de Convention sur la diversité culturelle en préparation à l’UNESCO, Convention qui, affirme-t-on, «aura des répercussions majeures sur le développement des industries liées à la culture». Cette rencontre s’est déclinée à travers plusieurs séances qui ont permis aux participants d’aborder des sujets tels que : "Diversité culturelle et Francophonie dans l'espace francophone: une apparente contradiction ?"; "Diversité culturelle et Francophonie à l'échelle mondiale : le difficile pari de l'ouverture et du dialogue". Dans sa note introductive, M. Christian Valantin, président du Haut Conseil, a déclaré que «les dynamiques à l’œuvre dans la mondialisation indiquent qu’il est urgent de définir des jalons et des repères assurés en s’appuyant sur une démarche en trois temps : clarifier le concept de culture fondant le dialogue entre les nations; promouvoir des stratégies à la hauteur du nouvel instrument normatif international concernant la diversité culturelle; identifier des pratiques concrètes à mettre en œuvre pour traduire dans la réalité vécue la dynamique plurielle requise. Les débats ont fait émerger trois grandes priorités susceptibles de favoriser réellement la diversité culturelle mondiale : conduire un vaste débat national et international, en commençant par les pays membres de l'OIF et avec les autres grandes aires linguistiques, sur l'équilibre acceptable entre identité refuge et dialogue des cultures, dans le cadre des valeurs universelles supérieures;  permettre la conduite de politiques publiques ou contractuelles de régulation des marchés des industries culturelles : audiovisuel, édition, cinéma, disques, chanson, en excluant les produits concernés des champs d’intervention de l’OMC (possibilité de subventionner et de maintenir des quotas). Pour cela, il faut surveiller les deux fronts : celui de l’Union européenne et celui de l’OMC, tout en essayant de faire adopter une convention à l’UNESCO;  favoriser l’émergence d’industries culturelles et de circuits de distribution au Sud. [43] (Disponible en français seulement)

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Autres actualités d'intérêt

Media briefing by Trade Minister Mark Vaile and US FTA chief negotiator Stephen Deady - Transcript

Australian Department of Foreign Affairs and Trade, Thursday, 15 January 2004 - 2004/01/15

Ce document fait état des négociations en cours entre les États-Unis et l'Australie en vue de conclure un accord de libre-échange. On y relève que des pressions américaines sont actuellement exercées sur l'Australie afin que ce pays assouplisse son système de quotas de contenu local dans le secteur audiovisuel. Le ministre du Commerce, M. Mark Vaile, a notamment déclaré que «nous maintiendrons notre capacité de fournir aux Australiens un message australien avec des voix australiennes par le biais de notre système de télévision australien». [43] (Disponible en anglais seulement)

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"L’Afrique sera présente à toutes les batailles en faveur de la diversité culturelle dans le monde"

M. Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine (UA), Paris, le 21 janvier 2004 - 2004/01/21

Au terme de la réunion du tout nouveau Haut Conseil de la Francophonie, M. Oumar Konaré a déclaré que l’Afrique sera présente à "toutes les batailles" en faveur de la diversité culturelle dans le monde. Selon lui, «chaque Africain pris individuellement peut apporter une contribution importante à la lutte pour la diversité culturelle dans le monde». Assumer sans complexe le fait d’être francophone et croire fondamentalement à la diversité, au pluralisme et à la gestion des différences sont, pour lui des valeurs sur lesquelles «l’on peut fonder un monde de paix, juste et solidaire». [43] (Disponible en français seulement)

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"La diversité culturelle s'épanouira d'autant mieux que nous saurons défendre l'universalité des droits de l'homme"

M. Jacques Chirac, président de la République française, le 21 janvier 2004 - 2004/01/21

En recevant le nouveau Haut Conseil de la Francophonie, M. Chirac a assigné à la Francophonie la mission de favoriser le "dialogue des cultures", de "défendre l'universalité des droits de l'Homme" et de développer "la solidarité internationale". Il a également réitéré que le "dialogue des cultures" était "un antidote" au "choc des civilisations", appelant les Francophones à "multiplier les échanges avec les grandes aires culturelles du monde, trouver des instruments efficaces pour préserver la diversité des langues et des cultures". [43] (Disponible en français seulement)

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"Préserver la diversité culturelle marocaine"

Nabil Ayouch, cinéaste, fondateur de la Coalition marocaine pour la diversité culturelle, 19 janvier 2004 - 2004/01/19

La Coalition marocaine pour la diversité culturelle est née le 22 décembre 2003, en réponse à l'opacité entourant la négociation des accords bilatéraux de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis, notamment en ce qui concerne la culture. Pour M. Ayouch, ce qui est menacé, «c'est la possibilité future de construire une politique culturelle qui favorise la culture nationale». Selon lui, si le Maroc accède à la demande américaine, les États-Unis «en useront pour les autres accords bilatéraux qu’ils entendent signer dans le courant de cette année». De plus, n’ayant «ni les moyens financiers ni les ressources humaines pour faire face à la concurrence américaine (…) il sera difficile de résister à l'invasion américaine». Dans ce contexte, «le Maroc, État et citoyens, a le droit de disposer des moyens de défendre sa politique culturelle». M. Ayouch se réjouit de la collaboration de M. Robert Pilon, vice-président de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle, qui «nous a ouvert les yeux sur notre responsabilité et notre rôle», en prévenant des dangers que les professionnels de la culture et tous les Marocains couraient si l’accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis «venait à être signé dans sa forme actuelle». [43] (Disponible en français seulement)

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