Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 4, no 24, lundi 12 juillet 2004

La diversité culturelle, une richesse pour le monde

Le gouvernement du Québec diffusera pendant toute la période estivale un message vidéo sur la diversité culturelle à l’occasion de plusieurs des grands événements culturels québécois. D’une durée de 45 secondes, la bande vidéo sera projetée sur les écrans géants disposés près des scènes extérieures où seront présentés les spectacles du Festival international de jazz de Montréal, du Festival d’été international de Québec, des Francofolies de Montréal et du Mondial des cultures de Drummondville.  Le message, qui a été produit par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, a pour thème La diversité culturelle, une richesse pour le monde. Il vise à sensibiliser les citoyennes et les citoyens du Québec à l’importance de protéger la diversité culturelle. [64]

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications et études

Autres actualités d'intérêt



Communiqués, discours, déclarations

"Pour une Europe fondée sur sa culture" - Déclaration des artistes et responsables culturels européens

Le Monde, édition du 7 juin 2004 – 2004/06/07

Dans cette publication du Monde, les artistes et responsables culturels européens, dans une déclaration, adressent un appel aux chefs d'État et de gouvernement ainsi qu'aux institutions européennes et les invitent  à faire de l'Union européenne «un pôle fort, uni, en matière culturelle et, qu'elle soit écoutée comme une autorité morale». Ils font le constat que l'Europe ne joue pas le rôle qui devrait être le sien, mais qu’elle «entretient l'illusion que l'Union est d'abord une affaire économique et monétaire, elle semble coupée de son passé et tiraillée par des forces aveugles, alors qu'elle devrait apparaître comme un projet fondé sur un héritage». Selon eux, «si l'Europe de la production et de la consommation devait l'emporter sur l'Europe comme civilisation, si l'Europe comme grand marché devait se substituer à l'Europe comme projet politique et culturel, la crise mondiale pourrait culminer dans un affrontement entre les forces de l'intégrisme et celles du matérialisme. Cet affrontement pourrait se révéler aussi douloureux et destructeur que les pires événements qui ont frappé l'humanité au siècle dernier».

C’est pourquoi ils invitent «les chefs d'État et de gouvernement des 25 États membres à adopter une Constitution européenne qui soit un véritable projet de civilisation fondé sur notre héritage culturel et nos valeurs communes de démocratie, de liberté, de respect des droits de l'homme et de la dignité humaine. Les objectifs d'ordre économique doivent à cet égard être considérés plus comme des moyens que comme des fins en soi». Ils leur demandent notamment, ainsi qu’aux institutions européennes «de faire preuve d'une véritable volonté politique commune, de mettre en œuvre un projet européen ambitieux, susceptible de renforcer l'identité culturelle de l'Europe faite d'unité et de diversité. L'Europe tout entière doit devenir un espace vivant, dynamique, d'échanges et de créations, favorisant la circulation des idées, des œuvres et de leurs créateurs». Ils invitent également «les pays les plus engagés dans le processus unificateur à prendre des initiatives nouvelles, audacieuses et fédératrices, afin de faire avancer la cause européenne, en particulier dans sa dimension culturelle» et, exhortent «les artistes et responsables culturels à jouer un rôle actif et visible dans le soutien à une Europe de la culture». [64] (Disponible en français)

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La diversité culturelle à Radio Canada : "la radio française confirme son mandat de service public et se distingue plus que jamais dans le paysage radiophonique"

Union européenne de radio-télévision, 13 mai 2004 – 2004/05/13

Un communiqué de l’Union européenne de radio-télévision rapporte que Radio-Canada, la Première Chaîne va renforcer de douze heures additionnelles son contenu culturel : «À l’heure où le paysage sonore de la radio francophone au Canada devient de plus en plus homogène, déclare son vice-président, M. Sylvain Lafrance, ce défi est plus que jamais le nôtre. Défendre la diversité culturelle et valoriser notre patrimoine musical sont des enjeux majeurs, des priorités d’intérêt national qui relèvent du service public ».

En effet, la chaîne culturelle amorcera un grand virage pour devenir une radio axée sur la diversité musicale et l’expression du talent canadien et ses nuits seront entièrement consacrées à la musique pour les 16 à 34 ans. «Ainsi réinventée, la nouvelle chaîne permettra à Radio-Canada d’accomplir pleinement sa mission de service public en proposant aux Canadiens un choix et une diversité de contenus radiophoniques. Un choix constitué d’une chaîne dédiée à l’information et à la culture d’une part, d’une chaîne axée sur la diversité musicale d’ici et d’ailleurs d’autre part». [64]  (Disponible en français et en anglais)

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Publications et études

La diversité culturelle menacée : "Manipulations de l’information et concentration des médias - Contestation de l’ordre médiatique américain"

Le Monde diplomatique, avril 2004, p. 19 - 2004/04 

"Certaines entreprises de presse représentent-elles une menace pour la paix mondiale?" À cette question, M. Eric Klinenberg, professeur à la New York University et auteur de Heat Wave : A Social Autopsy of Disaster in Chicago, (University of Chicago Press, 2002), qui signe ce texte affirme que «La campagne qui va mettre aux prises M. George W. Bush et M. John Kerry permettra sans doute d’aborder la question des manipulations de l’information , ainsi que celle de la concentration capitaliste dans les médias». Il note en effet que l’année 2003 a vu enfler la contestation de l’ordre médiatique. C’est ainsi que le journaliste John Nichols, qui dirige un mouvement pour la réforme des médias, Free press, en pleine expansion, remet en question le fonctionnement du journalisme américain. À ce sujet, M. Bernie Sanders, qui représente le Vermont à la Chambre des représentants, souligne que, «pour la première fois dans l’histoire américaine, la question de l’appropriation des médias par des entreprises privées est entrée dans le débat politique». Membre du Congrès lui aussi, M. Maurice Hinchey ajoute que la réforme des médias « représente le problème le plus grave auquel est confronté aujourd’hui le peuple américain : nous devons nous réapproprier le débat, la démocratie en dépend», dit-il. Mais, se demande l’auteur, «Comment faire bouger les choses dans un pays où dix énormes entreprises dominent le marché de l’actualité? Que peut espérer un mouvement décidé à transformer les médias?

L’auteur note cependant que deux événements ont favorisé la prise de conscience et la mobilisation de millions d’Américains : le manque d’esprit critique des journalistes sur le sujet de la guerre en Irak et la décision de la Federal Communications Commission (FCC), qui a accéléré la déréglementation des médias. À cet égard, le 2 juin 2003, la FCC qui réglemente le secteur de la communication «a pris une décision permettant aux mastodontes médiatiques d’augmenter encore leurs parts de marché» en autorisant les journaux à posséder des stations de télévision dans la même ville et permettant aux diffuseurs d’acquérir encore plus de chaînes locales et nationales. Tandis que deux millions d’Américains lui écrivaient pour exprimer leur opposition à la déréglementation envisagée. Pour M. Charles Lewis, dirigeant du Center for Public Integrity (CPI), il est évident que «la FCC a pactisé avec le secteur privé» et, selon M. Adelstein, ln des cinq directeurs de la FCC, il s’est agi de «la plus vaste et de la plus grave remise en cause de la protection des consommateurs dans l’histoire de la télédiffusion américaine». La représentante Mme Tami Baldwin s’est plainte de devoir, «en tant que membre du Congrès américain, consulter la presse étrangère pour obtenir une information précise et étayée».

Illustrant ces propos, l’auteur souligne que La loi sur les télécommunications signée par le président Clinton en 1996 a tellement dérégulé le marché de la diffusion radiophonique que le nombre de propriétaires de stations a diminué de 34 % en sept ans. Aujourd’hui, Clear Channel possède à elle seule plus de 1 200 stations, dont les six de Minot. Dans certaines villes, une seule entreprise possède la totalité des stations locales, et les habitants ont du mal à trouver quelque chose d’intéressant à se mettre entre les oreilles. Les télévisions ne sont pas à l’abri. Selon M. Adelstein, «environ 14 % des programmes diffusés par les télévisions locales sont de l’“infomercial”, c’est-à-dire des messages publicitaires maquillés en bulletin d’information». Toutefois, comme le note le sénateur Lott, les Américains s’intéressent à la télévision, à la radio et à la presse. Et ils sont préoccupés par le déficit de qualité et de diversité qu’ils constatent. M. Bernie Sanders, pour sa part, observe par exemple que les réunions politiques qui traitent de ce thème attirent plus de monde que n’importe quel autre sujet. Or, comme le souligne l’auteur, les mouvements décidés à transformer l’information se focalisent pour l’instant sur l’Irak et sur la FCC, mais leur objectif n’est pas seulement d’annuler les lois votées en 2003 : «Revenir sur les décisions de la FCC ne suffit pas, avertit John Nichols, cela nous laisserait toujours face à une guerre illégale couverte par une presse partisane». Pour Robert McChesney, universitaire et directeur de Free Press, il est urgent de mettre en cause les « médias monopolistiques », de réorganiser ce secteur pour déboucher sur la constitution d’une sphère publique plus démocratique. Il faudra ensuite obtenir des subventions gouvernementales plus importantes pour la télévision publique et pour les médias associatifs.

En conclusion, l’auteur soutient que «l’ampleur des protestations adressées l’année dernière à la FCC incite à l’optimisme. Free Press, les organisations nationales comme FAIR, Media Access, Media Channel et les centaines de regroupements locaux qui se constituent savent que rien ne leur sera offert. Mais les dirigeants du mouvement ont été galvanisés par les événements de l’année écoulée. Ils sont disposés à se battre». [64] (Disponible en français)

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Autres actualités d'intérêt

Création de la Coalition espagnole pour la diversité culturelle - "Se constituye la Coalición Española por la Diversidad Cultural"

Dans son édition du 6 juillet 2004, le quotidien espagnol El País rapporte la création de la Coalition espagnole pour la diversité culturelle. En effet, la Fédération de l'union des acteurs de l'État espagnol (FAEE), la Société générale des auteurs et des éditeurs (SGAE) et la Fédération des associations de producteurs audiovisuels de l'Espagne (FAPAE), ont présenté le 6 juillet 2004 à Madrid une proposition pour la création de la Coalition espagnole pour la Diversité Culturelle. Elles ont également rendu public un Manifeste invitant tous les secteurs de la création à adhérer à la Convention internationale de l’UNESCO pour la diversité culturelle, "un mouvement international qui combat pour que les biens culturels ne soient pas traités comme de simples produits commerciaux" et, souhaitent notamment que cette plate-forme initiale soit ouverte à tout type de suggestions émanant de toutes les organisations par le biais de la SGAE. À cet égard, M. Fernando Gómez Risque, sous-directeur de la Coopération internationale au ministère espagnol de la Culture, a déclaré que l'Espagne entend jouer un rôle actif dans tous les forums traitant de la diversité culturelle. Ont pris part à cette cérémonie M. Jorge Bosso, secrétaire général de la FAEE, M. Fabia Buenaventura, directeur général de la FAPAE, M. Francisco Galindo, secrétaire général de la SGAE, M. Robert Pilon, représentant la Coalition canadienne pour la diversité culturelle. [64]

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Les Chambres de commerce arabes pour une zone de libre-échange en 2005

Le Groupe Jeune Afrique, le 27 mai 2004 –2004/05/25

Les travaux de la  38e session du Congrès général des Chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture des pays arabes, ont eu lieu les 25 et 26 mai 2004 à Tunis sous le patronage du président tunisien, M. Zine El Abidine Ben Ali. Lors de ces travaux, les participants ont notamment abordé le thème général : "Développement de la complémentarité économique arabe et relations avec l'Europe". Leurs débats ont également porté sur les thèmes de la mondialisation, la coopération arabo-européenne en matière de transfert de technologie, les questions liées aux investissements et les services et moyens modernes de commercialisation des exportations arabes en Europe ont également été examinés lors des travaux de ce 38ème Congrès. À l’issue de ces travaux, le Congrès s'est prononcé pour la libéralisation du commerce interarabe et la mise en place, en 2005, d'une grande zone arabe de libre-échange. De plus, le communiqué final insiste sur "la nécessité de hâter l'adoption de normes arabes unifiées" pour faciliter la mise en place de cette zone de libre échange. [64] (Disponible en français)

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Une multitude de cultures - un monde partagé - une responsabilité commune" : Promotion du dialogue interculturel et de l'échange à travers le monde

Sous l’acronyme MONDIALOGO, l’UNESCO en partenariat avec DaimlerChrysler lance une initiative visant à informer sur l’importance de la diversité culturelle et susciter l’enthousiasme, chez les jeunes en particulier, quant à la nécessité et aux bienfaits des échanges interculturels, source d’enrichissement pour leur vie. À cet égard, l’UNESCO soutient que «la diversité culturelle de notre planète est un des aspects les plus importants de l’existence humaine. C’est notre héritage commun. Par conséquent, nous devons la protéger et la préserver pour notre bien et pour celui des générations futures. À sa façon, chaque culture individuelle a influencé l’histoire, les réalisations humaines et la voie qui a mené à notre société actuelle. Tout ce que nous faisons et tout ce que nous sommes a été influencé et formé par l’interaction des cultures. Le dialogue interculturel et le dialogue entre les civilisations sont d’une importance vitale en tant que source d’échange, d’un renouveau d’inspiration et de créativité. Ce dialogue et cet engagement constructifs avec d’autres cultures aboutissent à une compréhension commune, au respect et à la tolérance et constituent ainsi une base importante pour une coexistence pacifique des peuples. Pour cultiver un tel dialogue interculturel auprès des jeunes, nous avons conjugué nos efforts pour lancer une nouvelle initiative à l’échelle mondiale, Mondialogo, cette initiative représentant un dialogue à l’échelle mondiale et un nouveau partenariat public et privé». [64]

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