Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 5, no 24, lundi 25 juillet 2005

Vers l'adoption de la Convention sur la diversité des expressions culturelles à l'UNESCO en octobre 2005: Il faut maintenir le cap et poursuivre la mobilisation!

Mesdames, Messieurs,

Le Bulletin de nouvelles sur La Diversité des Expressions Culturelles prend une pause estivale et vous reviendra dès le 6 septembre prochain avec de nouvelles rubriques. Ces nouveautés témoignent du développement des actions qui se sont intensifiées en faveur de la diversité des expressions culturelles et de notre souci d'adaptation à vos attentes. Soyez au rendez-vous!

Entre-temps, notre site Internet demeure à votre entière disposition. Nous vous invitons à continuer de vous y référer au besoin. Toutes les rubriques qui s'y trouvent demeurent accessibles. Nous y archivons des documents que vous pouvez consulter.

L’équipe du Secrétariat gouvernemental à la diversité culturelle tient à vous remercier de votre fidélité, car vous êtes de plus en plus nombreux à consulter notre site Internet et à participer à son développement.

Nous vous souhaitons de passer un bel été!

L’équipe du Secrétariat gouvernemental à la diversité culturelle

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications récentes

À l'agenda



Communiqués, discours, déclarations

Convention de l'UNESCO: « Il faut maintenant s’efforcer de rallier une forte majorité en vue de son adoption en octobre » - Le point sur la mobilisation au Canada

Coalition canadienne pour la diversité culturelle, Montréal, juillet 2005 – 2005/07

Le Bulletin Info Coalition dans son édition de ce mois fait le point sur le soutien et la mobilisation au Canada en faveur du projet de Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Il rapporte notamment qu'à l'occasion de la rencontre internationale des ministres de la culture tenue les 11 et 12 juin à Madrid, en Espagne, le Canada s’est fermement prononcé contre une réouverture des négociations sur le projet de Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. La ministre du Patrimoine canadien, Mme Liza Frulla, a pris l'engagement de rallier des appuis en faveur de ce projet de convention sur la scène internationale. Cet engagement se situe dans le prolongement de la campagne qu’elle a menée avant la troisième session de négociations dont notamment la rencontre qu'elle a eue avec le corps diplomatique à Ottawa, le 16 mai (voir notre Bulletin no 15 du 24 mai 2005). Au cours de cette rencontre, elle a approfondi des thèmes où elle situe l’effort du Canada pour faire adopter une convention internationale à l’UNESCO comme faisant partie intégrante d’une stratégie en sept points pour assurer la souveraineté culturelle du pays.

Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, M. Pierre Pettigrew, a affirmé que le Canada mettra le réseau de ses ambassades à contribution pour rallier des appuis en faveur du projet de convention à l’UNESCO. Aussi, a-t-il déclaré que les Canadiens pouvaient «compter sur la diplomatie canadienne partout dans le monde pour faire la promotion de ce progrès, qui reflète exactement les priorités dont nous avons fait la promotion, en harmonie avec le gouvernement du Québec. Nos ambassades s'assureront qu'un grand nombre de pays nous suivront dans cette voie magnifique ». Par ailleurs, dans son discours, fondé sur l'Énoncé de politique internationale du Canada publié le 19 avril, M. Pettigrew a soutenu que si le dynamisme de l’économie de marché, notamment par le commerce international, est un moteur essentiel de développement pour tous les pays, nous devons par contre « veiller à ce qu'une éthique de la conscience lui fasse contrepoids »: « J’ai souvent dit qu’on doit donner un visage plus humain à la mondialisation. Le combat que livrent les gouvernements du Canada et du Québec pour la diversité culturelle témoigne de l’importance de notre action». En soulignant l’engagement du gouvernement canadien à promouvoir la Convention, le ministre a également rendu hommage à l’action menée par la Coalition canadienne pour la diversité culturelle « qui fait la promotion de la Convention et de l’importance de la diversité culturelle à l’échelle internationale » et qui « mobilise les appuis internationaux nécessaires » à son élaboration et à son adoption.

Dans la même foulée, le Bulletin souligne la motion adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale du Québec dans laquelle la ministre des Relations internationales, Mme Monique Gagnon-Tremblay, mentionne que le texte de la Convention adopté à l'issue des travaux de la 3e réunion intergouvernementale d'experts répond aux « objectifs principaux du Québec »: « Dans son état actuel, ce texte mérite certainement d'être défendu par tous ceux qui ont à cœur la diversité des expressions culturelles (…).Nous devons en conséquence maintenir, voire accentuer nos efforts de mobilisation afin d'obtenir une adhésion maximale des pays membres de l'UNESCO et, ultimement, l'adoption de la Convention sur la diversité des expressions culturelles au terme de la Conférence générale de l'UNESCO, en octobre prochain», a-t-elle déclaré.

C'est aussi le point de vue de la ministre de la Culture et des Communications, Mme Line Beauchamp, qui réitère, à l'issue de sa participation à la rencontre de Madrid, l'importance de « redoubler d'ardeur pour préserver l'avantage stratégique dont nous disposons (…). Nous avons encore à convaincre des États indécis et surtout à maintenir les appuis. Au cours des prochains mois, nous allons poursuivre la mobilisation et maintenir le cap afin que le projet de Convention soit adopté en octobre 2005». À cet égard, la ministre soutient notamment que « Ce projet de Convention propose un compromis raisonnable qui rallie une très grande majorité d'États membres de l'UNESCO. Il jette les bases politiques et juridiques d'un instrument qui comblera un vide» (voir notre Bulletin no 19 du 20 juin).

Sur la même lancée, la ministre de la Culture de l’Ontario, Mme Madeleine Meilleur, a affirmé sans équivoque l’appui du gouvernement ontarien à cette initiative le 16 mai dernier, à l'occasion d’une table ronde sur le thème de la campagne visant l’élaboration et l’adoption de la Convention à l’UNESCO: « La Convention est particulièrement importante pour nos industries culturelles, telles que l’édition de livres et de magazines, la production de films et d’émissions de télévision, le théâtre, l’enregistrement sonore et les nouveaux médias. Car ces industries sont celles qui risquent le plus d’être affectées par les accords commerciaux (…). Nous voulons nous assurer que la Convention contient des dispositions qui clarifient et harmonisent ses relations avec les traités commerciaux existants, ainsi que la nature des mécanismes de règlement des différends (…). Je sais que nous tous, ici réunis, nous entendons sur un principe fondamental: le droit du Canada et de tous les pays, de prendre des mesures pour soutenir les artistes et les créateurs dans toutes les formes d’expression culturelle », a-t-elle conclu. [05-24]

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Diversité culturelle et promotion des productions audiovisuelles européennes et indépendantes

Viviane Reding, Commissaire européenne chargée de la Société de l’information et des Médias, Bruxelles, le 12 juillet 2005 – 2005/07/12

« Diversité culturelle et promotion des productions audiovisuelles européennes et indépendantes » est l'un des documents de réflexion qui font la synthèse des contributions reçues concernant le cadre législatif futur pour les services de contenus audiovisuels et sont soumis à consultation publique jusqu’au 5 septembre 2005 en préparation d'une conférence audiovisuelle majeure, coorganisée avec la présidence britannique du Conseil de l’Union européenne, en septembre 2005.

En effet, la Commission européenne a rendu publiques les conclusions préliminaires tirées des consultations d’experts et de parties prenantes relatives à la future législation communautaire sur le contenu audiovisuel. Cette nouvelle législation pourrait couvrir tous les services de contenu audiovisuel, qu’ils soient linéaires ou non linéaires, indépendamment de la plateforme utilisée pour fournir le service (radiodiffusion, liaisons à haut débit et large bande, portables de troisième génération) d'une manière adaptée au type de service. L’objectif est de doter les services de contenu audiovisuel en Europe d’un cadre flexible et propice à la compétitivité. Les autres documents abordent les sujets suivants: Règles applicables aux services de contenu audiovisuel; Droit à l'information et courts extraits; Communications commerciales; Protection des mineurs et dignité humaine, droit de réponse; Pluralisme des médias.

            À cette occasion, Mme Viviane Reding, membre de la Commission chargée de la Société de l’information et des Médias a déclaré: « Je veux que la nouvelle législation européenne sur le contenu audiovisuel soit un exemple en matière d’amélioration de la réglementation. Mon objectif est d’offrir à l’industrie des médias en Europe les règles les plus flexibles et les plus modernes du monde. La nouvelle législation devrait prendre en compte les nouvelles possibilités dans le domaine des multimédias, en particulier la concurrence intensifiée et le choix plus large des consommateurs, tout en énonçant clairement des objectifs d'intérêt général, tels que la diversité culturelle et la protection des mineurs. La législation en vigueur, qui n’a pas suivi l’évolution technologique et commerciale, doit donc être abrogée ».

            Dans un article que publie Les Echos, Enguerand Renault souligne qu'en lançant la révision de la directive « Télévision sans frontières », Mme Reding « se livre à un exercice périlleux. Il lui faut tout à la fois éviter de rallumer la guerre des quotas audiovisuels et tenter d'intégrer les conséquences de la convergence entre le monde des médias et celui des télécoms».  Il fait remarquer qu'en 2003, Mme Reding avait estimé qu'il était trop dangereux de réexaminer cette directive, car le thème de la diversité culturelle était encore un sujet d'affrontement entre les pays membres, notamment sur la question du renforcement ou de l'assouplissement des quotas audiovisuels. Mais, maintenant que l'Europe a trouvé un équilibre sur ce sujet, il est possible de réexaminer le texte. Toutefois, Mme Reding précise: « il est hors de question de modifier l'équilibre de la directive actuelle sur le problème des quotas. Cet épineux sujet étant évacué, les différents pays et la Commission européenne peuvent désormais se pencher sur un nouveau problème: comment étendre le champ d'application de la directive aux nouveaux contenus audiovisuels "non linéarisés" ou à la demande? ».

Selon le journaliste, la directive « Télévision sans frontières », en vigueur depuis 1989 et révisée en 1997, définit un certain nombre de règles. Mais ces règles ne s'appliquent pour l'instant qu'aux services audiovisuels traditionnels, dits « linéarisés », c'est-à-dire composés d'un ensemble cohérent de programmes disposés dans un ordre chronologique. Aussi se demande-t-il si les contenus « à la demande » diffusés sur Internet, sur des réseaux ADSL ou sur les mobiles, peuvent continuer d'échapper à ces règles communes. Pour lui, la révision de la directive Télévision sans frontières s'efforcera de voir dans quelle mesure il est possible d'appliquer les règles de base à ces nouveaux contenus. Elle devra également trouver une solution pour que les catalogues de programmes « à la demande » respectent les quotas d'oeuvres européennes, car s'il est facile d'imposer à une chaîne de télévision classique de programmer des oeuvres européennes, il est par contre très difficile d'imposer aux consommateurs de choisir ces oeuvres « à la demande ». Il faudra également soulever la délicate question de savoir si les fournisseurs d'accès Internet, de plate-forme de VOD, et de services de télévision sur les mobiles devront participer ou non au financement de l'industrie de la production audiovisuelle européenne, souligne-t-il.

Les parties intéressées ont maintenant la possibilité de soumettre leurs commentaires jusqu’au 5 septembre. Après cette dernière phase des consultations, la Commission présentera une proposition pour la nouvelle législation communautaire, qui remplacera la directive «Télévision sans frontières» de 1989. [05-24]

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« Il y a dans l'immédiat un enjeu pour lequel je vous demande de continuer de vous mobiliser avec la plus grande énergie : l'adoption de la convention sur la diversité culturelle lors de la Conférence générale de l'UNESCO en octobre 2005 »

Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication de France, Paris, 19 juillet 2005 – 2005/07/19

Les Journées de la Coopération internationale et du Développement ont eu lieu du 19 au 20 juillet à Paris. Placées sous le thème « Faire vivre la diversité culturelle », elles ont réuni environ 2000 participants dont les responsables des Services de Coopération et d’Action culturelle, d’Alliances françaises, d’instituts de Recherche, attachés audiovisuels, assistants techniques, et quelque 70 exposants pour échanger avec tous les acteurs de la coopération française. Le ministre français de la Culture, M. de Vabres a saisi cette occasion pour déclarer: « Il y a dans l'immédiat un enjeu pour lequel je vous demande de continuer de vous mobiliser avec la plus grande énergie : l'adoption de la convention sur la diversité culturelle lors de la Conférence générale de l'UNESCO qui s'ouvrira le 3 octobre à Paris ». Le ministre a souligné que c'était une échéance importante pour la France, car « si elle se concrétise, nous aurons à cœur de considérer ce résultat de notre action commune, non pas comme un point d’arrivée, mais comme un nouveau départ pour orienter notre politique culturelle au service d’une mondialisation mieux maîtrisée et d’un monde plus apaisé et plus tolérant ».

Le ministre a notamment rappelé que « les trois réunions intergouvernementales d'experts entre décembre 2004 et juin 2005 ont abouti à l'adoption d'un texte relativement consensuel - seuls les États-Unis s'y sont opposés formellement -, cohérent et équilibré. Ce projet de « convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » reconnaît la non-subordination de la convention aux traités internationaux existants et répond aux trois objectifs que la France s'était assignée : affirmer le droit souverain des États à mettre en œuvre des politiques culturelles, reconnaître la spécificité des biens et services culturels et renforcer la coopération et la solidarité en faveur des pays en développement ».

Le ministre a également souligné que « même si le projet qui a été adopté le 3 juin a fait l'objet d'un large consensus, la tentation pourrait exister de remettre en chantier ce texte avec l'objectif d'obtenir un accord unanime des États. Aussi devons-nous accentuer nos efforts, pour obtenir une adhésion déterminée des pays membres de l'UNESCO, afin que ce texte ne soit aucunement remis en question. Il faut continuer sans relâche à expliquer, à convaincre et rappeler l'importance pour chacun des pays où vous êtes en poste, de s'abstenir de prendre tout engagement de libéralisation dans les négociations commerciales qui limiterait l'application de la Convention de l'UNESCO. Enfin, si le texte est bien adopté en octobre prochain, comme nous le souhaitons, sa ratification par le plus grand nombre d'États, dans des délais rapides, sera indispensable. Même si le nombre de ratifications nécessaire requis pour l'entrée en vigueur de la convention est relativement peu élevé –il a été fixé à 30- il ne faut pas sous-estimer la lenteur administrative des processus de ratification et garder en mémoire que le poids de la convention face aux autres accords internationaux sera d'autant plus important que la masse critique des pays adhérents sera élevée ».

Aussi, le ministre a-t-il déclaré: « c'est donc bien dans une véritable « course contre la montre » que nous sommes engagés, avec le processus parallèle de signatures d'accords bilatéraux de libre-échange proposés à de nombreux pays par les États-Unis, comportant des clauses de libéralisation des offres de services culturels et audiovisuels, ainsi qu'avec le cycle de Doha en cours devant l'Organisation mondiale du Commerce. Aussi, votre appui sera-t-il tout aussi indispensable dans cette nouvelle phase que dans les précédentes (…). La convention de l'UNESCO posera la première pierre d'un droit international de la culture, au même titre qu'ont commencé à se construire des droits internationaux de la santé et de l'environnement».

Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, qui a ouvert ces Journées a déclaré: « Grâce à l’action de la France et de ses partenaires, (...) le thème de la diversité culturelle est désormais très présent sur la scène internationale. (...) Reste à donner à cette notion de diversité culturelle un contenu concret, et des outils adéquats pour sa mise en œuvre. (...) La convention sur la diversité culturelle est une première réponse opérationnelle. Les négociations commerciales qui reprendront en décembre à Hong Kong en constituent un autre élément important. Nous espérons tous que l’UNESCO adoptera à l’automne la convention qui est en cours de négociation, et dans une forme qui garantisse son insertion dans l’ordre juridique international ». [05-24]

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Publications récentes

Les médias, la diversité culturelle et la mondialisation au Sommet des médias en Asie: « la radiodiffusion est cruciale pour le développement »

UNESCO, Paris le 28 juin 2005 – 2005/06/28

L’Institut de l’Asie et du Pacifique pour le développement de la radiodiffusion (AIBD), en collaboration avec d’autres partenaires et avec le soutien de l’UNESCO, a organisé un Sommet des médias en Asie (AMS), du 9 au 11 mai 2005 à Kuala Lumpur en Malaisie. Plus de 400 décideurs, professionnels des médias, universitaires, dépositaires d’actualités et de programmation de 65 pays d’Asie, du Pacifique, d’Europe, d’Amérique du Nord, du Moyen-Orient et d’Afrique ont participé à cette conférence qui fait partie des réunions consultatives régionales préparant la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) qui se tiendra à Tunis en novembre prochain.

Les participants ont adopté des recommandations sur les médias et la mondialisation, la diversité culturelle, les possibilités offertes par le numérique, la libre circulation de l’information, la radiotélévision publique, la conservation des archives audiovisuelles, le traité sur les radiodiffuseurs de l’OMPI, le copyright et les technologies numériques, entre autres.

Les recommandations insistent sur la nécessité de garantir l’indépendance et le pluralisme des médias par l’allocation équitable des fréquences aux radiodiffuseurs publics, privés et communautaires; par la mise en place de cadres juridiques et réglementaires adaptés pour les médias communautaires; par la promotion d’une radiotélévision publique indépendante des pressions politiques et commerciales.

La conférence prend position sur l'avant-projet de Convention de l'UNESCO auquel elle apporte son soutien. Elle souligne notamment que la diversité culturelle doit non seulement être préservée mais doit également être stimulée et que la fonction des médias dans la production, la collecte, la vérification et la distribution de l'information et  des contenus, y compris au niveau de la communauté locale, est essentielle. Elle réaffirme que les créations culturelles et audiovisuelles ne se prêtent pas aux règles générales de l'échange comme les autres biens et services puisque, à la différence de ceux-ci, elles relèvent du concept de la diversité culturelle. En outre, elle invite toutes les parties intéressées, gouvernements, société civile et médias, à préserver et à promouvoir la diversité culturelle dans leurs pays respectifs et au plan international et à encourager le dialogue entre les diverses cultures. [05-24]

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À l'agenda

Conseil exécutif de l'UNESCO

La 172e session du Conseil exécutif de l'UNESCO se tiendra du 13 au 29 septembre 2005 au siège de l'UNESCO à Paris. Cette instance, qui est l'un des trois organes constitutionnels de l'UNESCO, prépare le travail de la Conférence générale et veille à ce que ses décisions soient bien exécutées. Ses 58 membres sont élus par la Conférence générale et, chaque État membre désigne un représentant ou des suppléants. Le choix de ces représentants dépend notamment de la diversité des cultures qu’ils représentent et de leur origine géographique; il est l’objet d’arbitrages complexes pour atteindre un équilibre entre les régions du monde, reflet de l’universalité de l’Organisation. Le Conseil exécutif se réunit deux fois par an. [05-24]

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Conférence générale de l'UNESCO

La 33e session de la Conférence générale de l'UNESCO aura lieu du 3 au 21 octobre 2005 au siège de l’UNESCO à Paris. À l'issue de ses travaux le 3 juin dernier, la 3e réunion intergouvernementale d’experts sur l'avant-projet de Convention informait le Directeur général qu'elle avait rempli le mandat qui lui avait été confié, à savoir « avancer l’élaboration de l’avant-projet de Convention afin de faire rapport à la Conférence Générale à sa 33ème session ». En transmettant au Directeur général le texte de l’avant-projet adopté à l'issue de ladite session, elle recommandait en outre à la Conférence générale d’adopter cet avant-projet de Convention à sa 33ème session. C'est donc à cette session que les États membres de l'UNESCO se prononceront sur l'avant-projet de Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et le Rapport que le Directeur général leur aura transmis entre-temps. [05-24]

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L’Alliance globale pour la diversité culturelle organise une conférence internationale sur le développement des industries culturelles

L’Alliance globale pour la diversité culturelle organise le 12 septembre prochain au siège de l’UNESCO à Paris, une conférence internationale sur le thème: Partenariats en marche. La conférence sera ouverte par le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura. Des tables rondes, avec des intervenants spécialisés, traiteront des sujets suivants: De la création à la distribution, forger la chaîne des compétences; Susciter et diversifier les marchés, le rôle des entreprises; Assurer le respect des droits, la prévention de la piraterie; Partager les connaissances au niveau local, les Villes créatives. Une journée sera consacrée à des prises de contact où les membres de l’Alliance et les autres participants pourront se rencontrer, discuter et mettre au point des initiatives communes pour le développement des industries culturelles. Les participants comprendront des membres de l’Alliance globale, des entreprises, des représentants de la société civile, de gouvernements et de délégations nationales auprès de l’UNESCO, de même que toute une gamme d’acteurs et de parties prenantes des industries culturelles, et la presse. La participation à la conférence est gratuite. [05-24]

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Règlement des différends – ALENA, Chapitre 11 sur l'Investissement : Contractual Obligation Productions, LLC, Charles Robert Underwood et Carl Paolino c. le Gouvernement du Canada

Gouvernement du Canada, ministère du Commerce international, le 31 janvier 2005 – 2005/01/31

Contractual Obligation Productions, entreprise des États-Unis, et Charles Robert Underwood and Carl Paolino, citoyens américains résidant aux États-Unis, ont signifié au Canada une notification de l'intention de soumettre une plainte à l'arbitrage, concernant le chapitre 11 de l'ALENA auxquels le Canada est partie, au sujet de ses subventions à la production cinématographique nationale qui violeraient les dispositions de l'ALENA. La plainte, accompagnée d’un exposé des motifs, a été déposée par ces investisseurs américains en vertu de la section B du chapitre 11 de l’ALENA qui porte sur le règlement des différends entre une Partie et un investisseur d’une autre Partie. 

Commentant cette plainte, M. Ivan Bernier, professeur émérite à la Faculté de droit de l’Université Laval du Québec au Canada et expert indépendant désigné pour contribuer à l'élaboration de l’avant-projet de Convention sur la diversité des expressions culturelles, souligne que l’article 1116 prescrit plus particulièrement à cet égard que tout investisseur d’une Partie qui estime avoir subi une perte ou un dommage en raison ou par suite d’un manquement d’une autre Partie à une obligation découlant de la section A du chapitre, pourra en vertu de la présente section soumettre à l’arbitrage une plainte à cet effet. Les investisseurs en question, Contractual Obligations Production, Charles Robert Underwood et Carl Phillip Paolino, tous basés aux États-Unis, font valoir que contrairement aux producteurs canadiens impliqués dans la production d’un programme de télévision intitulé The Wrong Coast, destiné au Canada et à d’autres pays, n’ont pu, bien qu’impliqués dans la production du même programme, avoir accès aux programmes de subventions réservés, en vertu de la législation canadienne, aux seuls citoyens canadiens. Ce faisant, prétendent-ils, le Canada va à l’encontre de ses engagements aux termes du GATT et de l’ALENA. De plus, ils affirment que le comportement du Canada à cet égard équivaut à une expropriation. Leur réclamation pour les dommages subis ou à venir s’élève à 20 millions de dollars américains.  

Comme l’article 1122 de l’ALENA prescrit que chaque Partie consent à ce qu’une plainte soit soumise à l’arbitrage conformément aux procédures établies, le Canada n’a pas d’autre choix que de se plier à la demande d’arbitrage. À cet égard, relève M. Bernier, cette plainte, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle repose sur une logique juridique douteuse, fait bien ressortir les risques liés à la mise en place d’un tel mécanisme de règlement des différends comme celui du chapitre 11 de l’ALENA qui ne prévoit aucun mécanisme de contrôle du sérieux de la plainte même, autre que le jugement du tribunal d’arbitrage. Dans le cas d'espèce, ceci est d’autant plus inquiétant que la plainte s’attaque à des politiques qui sont au cœur des interventions gouvernementales en faveur  de la protection et de la promotion des expressions culturelles, soit les aides publiques, conclut M. Bernier. [05-24]

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« Faire des nouvelles technologies une opportunité pour tous, afin de développer de nouveaux usages culturels respectueux de la création »

Ministère de la Culture et de la Communication de France, Paris, le 18 juillet 2005 – 2005/07/18

Le ministre français de la Culture, M. Renaud Donnedieu de Vabres, a installé le 18 juillet dernier l’Observatoire des usages numériques culturels. Cet Observatoire, qui a pour objectif « de faire des nouvelles technologies une opportunité pour tous, afin de développer de nouveaux usages culturels respectueux de la création », réunit l’ensemble des professionnels de la musique, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’édition, avec les professionnels de l’Internet, de la télévision, de la radio, les fabricants de matériels et les associations de consommateurs.

Lors de son discours, le ministre a expliqué que l’installation de cet Observatoire s’inscrivait dans son « action pour défendre les valeurs de la création et de la diversité culturelle ferme, déterminée, et résolue ». Relevant que « la demande de contenus et de services numériques ne cesse de croître, dans un contexte d’évolution technique rapide », le ministre a estimé que « de notre capacité collective à anticiper ces mutations technologiques, à comprendre les évolutions des usages numériques culturels et les attentes de nos concitoyens dépendent aussi les conditions de renforcement de nos industries de création audiovisuelle, cinématographique, musicale et multimédia, et le succès des nouvelles offres numériques, que ce soit sur la télévision, sur Internet ou sur les mobiles ». Outre la contrefaçon numérique, les champs d’étude de l’Observatoire porteront donc sur les pratiques et les attentes des utilisateurs, le contexte et la prospective technologique et les offres numériques. [05-24]

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La production audiovisuelle dans la région des Grands Lacs: Congo, Rwanda, Burundi

Afrika Filmfestival - Leuven 2005, le 15 juillet  2005 – 2005/07/15

Lors de sa 10ème édition, le Afrika Filmfestival a organisé, du 22 avril au 7 mai 2005 à Leuven (Brabant Flamand), trois ateliers portant sur le développement récent de la production audiovisuelle (films, documentaires, vidéo-clips) en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi. Le festival constate que même dans ces pays, la révolution digitale a provoqué une première vague de dynamisme inconnue jusqu’alors auprès des jeunes. Ceux-ci produisent à l’aide de caméras digitales, montent leurs films sur place à l’aide d’ordinateurs, et sortent ainsi des films dans un délai très court. Certains produisent pour des chaînes de télévisions locales ou vendent ces productions sous forme de DVD ou de cassettes vidéos à leurs compatriotes ou à l’étranger. Ils soulignent notamment que cette production reflète non seulement l’histoire récente de leur pays, mais aussi et surtout la société dans laquelle ils vivent.

Dans les conclusions générales de ces ateliers, des Congolais, Rwandais et Burundais travaillant dans la production audiovisuelle de leur pays et à l’étranger et réalisant des documentaires, des reportages, des clips et des fictions (longues et courtes) souhaitent, entre autres: s’exprimer d’une manière artistique dans leur production audiovisuelle; que l’héritage audiovisuel de leur pays soit respecté, conservé et accessible aux générations futures; que la production audiovisuelle soit prise en compte et que des investissements locaux et internationaux dans le secteur culturel, mais aussi l’établissement des structures pour promouvoir et développer le secteur de l’audiovisuel (écoles, aide à la production et distribution nationale et internationale) soient plus que jamais considérés comme prioritaires.

Ils soulignent en outre que le développement de la production audiovisuelle est essentiel au développement général du pays. Comme leurs pays sont inondés par des images émanant de l’étranger, ils pensent que leur gouvernement et la communauté internationale ont l’obligation de promouvoir la production locale, essentielle pour l’identité culturelle du pays. Ils voient la production audiovisuelle comme un droit élémentaire d’expression pour leur population. Ils lancent un appel pour que leurs efforts dans ce domaine soient reconnus dans le pays même et à l’étranger. [05-24]

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Le SMSI, une chance pour une société d’information libre et solidaire

Ligue internationale des journalistes pour l'Afrique (LIJAF), le 12 juillet 2005 – 2005/07/12

Un colloque international sur le thème « Liberté de presse et indépendance des médias du Sud dans la société de l'information » a été organisé à Tunis, à l'initiative de la Ligue internationale des journalistes pour l'Afrique (Lijaf) et en collaboration avec l'Association de la presse panafricaine (Appa), à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse. Dans une allocution d'ouverture, M. Valentin Mbougueng, président exécutif de la Lijaf, a souligné que le thème de ce colloque revêt un intérêt majeur pour les médias et journalistes du Sud puisqu'il est au coeur de la société de l'information en construction, société marquée par l'accélération de la convergence entre les télécommunications, la radiodiffusion, le multimédia et les technologies de l'information et de la communication. Il a indiqué que dans la société de l'information en construction, les médias du Sud souffrent d'une triple dépendance économique, technologique et culturelle. Il a notamment ajouté: « hier, c'était le combat pour un nouvel ordre mondial de l'information et de la communication. Aujourd'hui, nous devons lutter pour une société de l'information libre, juste et équitable, où les médias de toutes les sociétés ont la possibilité économique et technique de se faire entendre et respecter ». Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité de produire des contenus performants sur le réseau Internet, de valoriser les langues africaines afin de toucher le maximum de gens et de valoriser le patrimoine culturel du continent, tout en refusant l'uniformisation culturelle en cours. Il a également affirmé que « si nous n'agissons pas, la société de l'information sera la société de la désinformation et de l'acculturation, la société des intolérances et de l'exclusion. D’où l'impératif d'œuvrer en vue de réduire la fracture numérique qui creuse davantage les inégalités entre les pays du Sud et ceux du Nord, et entre les médias du Sud et les médias du Nord ». Il a conclu en appelant à la création d'un fonds international de développement des médias du Sud.

Par ailleurs, le Centre d’accueil de la presse étrangère à Paris (Cape) a abrité, le 9 juillet 2005, une conférence de presse organisée conjointement par l’Association de la presse panafricaine, le club de la presse arabe à Paris et la Ligue internationale des journalistes pour l’Afrique (Lijaf), à l’occasion de la parution du second rapport de la Lijaf sur l’état de la presse en Afrique. À cette occasion, soulignant que ce rapport 2005 intervient à cinq mois du Sommet mondial sur la société de l’information, prévu du 16 au 18 novembre prochain à Tunis, événement qu’il estime capital pour les médias d’Afrique et l’ensemble des pays du Sud, M. Valentin Mbougueng, a sonné la mobilisation autour de ce sommet initié par la Tunisie: « Pour les médias du Sud en général, et d’Afrique en particulier, ce sommet constitue une chance de voir aboutir leurs revendications pour une société d’information libre et solidaire, où le Nord tient ses engagements en matière de réduction de la fracture numérique et des écarts de développement avec le reste du monde, principalement l’Afrique. Nous attendons de ce sommet qu’il s’attache à mettre en œuvre des programmes de solidarité envers les médias d’Afrique, par le biais de mécanismes de financement institutionnalistes », a-t-il déclaré, ajoutant: « C’est la raison pour laquelle nous en appelons à la création d’un Fonds international de développement des médias du Sud que les Nations Unies devraient gérer à travers l’une de leurs institutions spécialisées, avec l’implication pleine et entière des médias concernés afin d’en garantir l’efficience ». [05-24]

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