Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 5, no 16, lundi 30 mai 2005

Avant-projet de Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques : Le processus d'élaboration à l’UNESCO continue!

DANS CE NUMÉRO :

Communiqués, discours, déclarations

Publications récentes

À l'agenda



Communiqués, discours, déclarations

UNESCO – 3e session de la réunion intergouvernementale d’experts: « Que cette réunion reflète la mesure de l'engagement des États, un engagement ouvert, généreux et conscient des enjeux posés à la diversité culturelle »

Koïchiro Matsuura, Directeur général de l'UNESCO, Paris, le 25 mai 2005 – 2005/05/25

Le Directeur général, M. Koïchiro Matsuura, a procédé, le 25 mai 2005, à l'ouverture de la troisième session de la réunion intergouvernementale d'experts sur l'avant-projet de convention sur la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Cette session va réunir, pendant dix jours - du 25 mai au 4 juin - près de 500 experts venus de 130 pays, 2 observateurs, 6 représentants d'organisations intergouvernementales et 19 d'organisations non gouvernementales.

Après avoir salué l'effort remarquable et l’immense travail accomplis depuis la première session, M. Matsuura a souligné dans son allocution d'ouverture « le caractère particulier, exceptionnel et décisif, de cette troisième session » et les grands enjeux de ce débat: « c’est au cours des dix jours qui viennent que l’avant-projet de Convention devra être finalisé, qui porte donc en lui non seulement sa propre finalité, mais une responsabilité plus grande encore, celle de parachever un dispositif beaucoup plus large, qui touche à la diversité culturelle dans son ensemble (…) Il est clair que l'enjeu de cette réunion sera d'établir des compromis entre les positions encore divergentes entre certains pays ». À l'adresse du Président de la réunion intergouvernementale, M. Kader Asmal, à qui il a rendu hommage pour l'immense effort qu'il a fourni en vue de présenter une nouvelle base de travail, M. Matsuura a déclaré: « J'ai confiance en sa sagesse et son expérience, il saura sans aucun doute vous aider à trouver la voie du consensus ».

Livrant les résultats de la dernière réunion et présentant les documents de travail de la session, à savoir le texte « composite » et le texte « consolidé » de l'avant-projet de convention, M. Matsuura a rappelé que l'UNESCO, seule Organisation du système des Nations Unies ayant mandat dans le domaine culturel, doit « de toute évidence traiter d'une question qui n'était pas encore couverte par les instruments existants, et pourtant cruciale au regard de la diversité culturelle : celle des contenus culturels et des expressions artistiques », afin de parfaire et compléter son « large éventail d'instruments normatifs participant, chacun selon une approche spécifique, à la préservation de la diversité culturelle » et répondre aux défis posés par la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle. Il a conclu son intervention en souhaitant « que cette réunion reflète la mesure de l'engagement des États, un engagement ouvert, généreux et conscient des enjeux posés à la diversité culturelle ». [05-16]

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UNESCO and World Summit on the Information Society: Cultural Diversity in Knowledge Societies - E xpert meeting

UNESCO, St Petersburg, Russian Federation, 17-19 May 2005 – 2005/05/17-19

L’UNESCO a organisé, du 17 au 19 mai 2005 à Saint-Pétersbourg, une rencontre d’experts de trois jours sur la Diversité culturelle dans les sociétés du savoir, dans le cadre de la conférence « L’UNESCO entre les deux phases du Sommet mondial sur la société de l’information », organisée par les autorités russes. Cette rencontre d’experts est l’une des réunions thématiques de préparation de la deuxième phase du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) qui se tiendra à Tunis du 16 au 18 novembre prochain. Son objectif était de mesurer la pérennité de la diversité culturelle au regard des opportunités offertes aux futures sociétés du savoir par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), à travers les thèmes: Nouveaux réseaux et nouvelles connections culturelles; Nouvelles opportunités créatives; Nouvel accès aux contenus et services culturels mondiaux. La réunion a également permis de mettre en lumière les défis générés par les TIC, à savoir: Le fossé numérique; Les problèmes de développement ; La diversité culturelle et linguistique; Les obstacles à l’accès aux TIC; Les difficultés pour produire des contenus locaux. Les résultats de cette rencontre d'experts seront mis à la disposition des participants de la seconde séance du SMSI à Tunis dans un rapport comprenant des recommandations. [05-16]

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Publications récentes

Premier Salon international des industries culturelles – Rapport général

Ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d'Ivoire, le 30 avril 2005 – 2005/04/30

Le premier Salon international des industries culturelles d'Abidjan (SICA) s'est tenu, du 26 au 30 avril 2005, à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Le salon, initié par le ministère ivoirien de la Culture et de la Francophonie, était organisé en partenariat avec l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) et placé sous l'égide de l'Alliance globale pour la Diversité culturelle de l'UNESCO. Il a également bénéficié du soutien institutionnel de l’Union Africaine et de la collaboration des ministères ivoiriens concernés par la production, la commercialisation et la diffusion des biens et services culturels.

Ayant pour objectif de promouvoir la diversité culturelle, le dialogue des cultures et l’intégration africaine, le SICA veut également contribuer à la promotion des agents économiques des différents secteurs d’activités des industries culturelles africaines, et positionner le marché culturel ouest africain au plan international. À cet égard, les activités du SICA se sont notamment articulées autour d'un atelier international sur l’état des lieux et les perspectives de développement des industries culturelles dans les pays du Sud, et un séminaire de formation sur la culture, le commerce et la mondialisation qu'animaient des experts de l'AIF, de l'UNESCO et des organismes ivoiriens, sénégalais et centrafricains. Les recommandations du SICA portent, entre autres, sur le renforcement de partenariats; l’exploration d'ententes fonctionnelles avec des institutions au plan bilatéral et multilatéral; l’élaboration d’un plan de développement des industries culturelles; la mise en place d’un fonds national de soutien aux opérateurs exerçant dans les industries culturelles. [05-16]

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"Renewed Focus on Identifying, Dismantling Telecommunications Trade Barriers around the World": USTR Issues 2005 “1377” - Review of Telecommunications Trade Agreements

The Office of the United States Trade Representative, Washington, May 9, 2005 – 2005/05/09

Dans son rapport annuel 2005 sur l'observation de la mise en application de ses accords commerciaux dans le domaine des télécommunications, le Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur (USTR) identifie les barrières au commerce international qui limitent la fourniture de services et d'équipements de télécommunications américains et présente des mesures spécifiques sur lesquelles l'USTR devra concentrer ses efforts cette année pour corriger ce problème afin que les entreprises américaines de télécommunications puissent s'exporter librement sur des marchés concurrentiels à travers le monde.

À cet égard, le rapport annuel identifie les pratiques qui interfèrent avec ces buts, et qui présentent un fort potentiel de nuisance pour les entreprises, les travailleurs et les consommateurs américains, pratiques contre lesquels l'USTR doit lutter vigoureusement en vue de les modifier ou de les éliminer. Le rapport pointe ainsi certains de leurs partenaires commerciaux peu enclins à ouvrir leur marché de télécommunication à la concurrence: Chine, Inde et Japon, qui pourtant opèrent sur des marchés internationaux concurrentiels alors que leurs marchés nationaux demeurent relativement fermés à la concurrence. À cet effet, les États-Unis étudient les moyens de renforcer et d'imposer leurs produits et services dans ces pays et ailleurs. Le rapport identifie d'autres sources de préoccupations pour les entreprises américaines: les taux excessifs de connexion pour les réseaux mobiles en Allemagne, Japon, Mexique, Pérou, Suisse; les restrictions à l'accès et à l'utilisation des lignes spécialisées en Allemagne et de la capacité d'utilisation des câble sous-marins en Inde; les exigences excessives des règlementations en Chine, Colombie, Inde; les conditions onéreuses d'essai et de certification au Mexique et en Corée; et les limitations sur le choix des fournisseurs de la technologie en Chine et en Corée.

L'USTR entend continuer ses efforts pour promouvoir les marchés libres et étendre les occasions d'affaires dans le secteur des télécommunications par une gamme d'activités comprenant : la multiplication d'accords bilatéraux ou multilatéraux de commerce avec des partenaires commerciaux; la négociation et l'adoption dans ces cadres de règles fortes pour empêcher ou éliminer les barrières au commerce; enclencher des mécanismes de règlement des différends. Aussi, l'USTR entend mettre à profit les règles de l'OMC, qui fournissent des directives à cet égard. [05-16]

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À l'agenda

M. Bush énonce l'ordre de priorité de la politique commerciale des États-Unis

Département d'État des États-Unis, Washington, le 18 mai 2005 – 2005/05/18

Lors de la prestation de serment, le 17 mai dernier, du nouveau représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, M. Robert Portman (qui remplace à ce poste M. Robert Zoellick, actuel secrétaire d'État adjoint à la Maison Blanche), le président Bush a énoncé les grands dossiers prioritaires de la politique commerciale des États-Unis pour les mois à venir: la ratification de l'Accord de libre-échange avec l'Amérique centrale et la République dominicaine (CAFTA); l'aboutissement des négociations de Doha actuellement en cours dans le cadre de l'OMC. Ces nouvelles négociations devraient réduire ou supprimer les droits de douane dans des secteurs clés de l'économie et ouvrir le marché mondial des services; la lutte contre le piratage de la propriété intellectuelle des États-Unis et les obstacles à l'exportation en Chine de biens et de services des États-Unis. À cet égard, le président américain a déclaré que Pékin devait se conformer à ses obligations découlant de son adhésion à l'OMC. Il a notamment exhorté les parlementaires américains à ratifier le CAFTA, qui, a-t-il dit, rendrait le continent américain plus compétitif à l'égard de l'Asie et qui y renforcerait la démocratie. En outre, cet accord ouvrirait de nouveaux marchés et réduirait les obstacles au commerce dans de grands secteurs pour les entreprises américaines.

Pour sa part, M. Portman a soutenu que l'une de ses priorités consiste à « accroître les possibilités d'exportation grâce à l'ouverture des marchés à travers le monde, à faire progresser la liberté dans les domaines économique et politique, à veiller à l'application de nos accords commerciaux et de notre législation commerciale et, à ce que ceux qui signent des accords commerciaux s'acquittent de leurs obligations ». À cet effet, déclare-t-il, «J'utiliserai tous les instruments qui sont à notre disposition, notamment les consultations et les négociations, mais aussi, le cas échéant, les actions en justice destinées à faire respecter nos droits et à défendre les intérêts des États-Unis (…) Je pense que le bon chemin à suivre est un engagement économique intelligent, l'ouverture des marchés, l'application stricte des règles et l'usage du commerce en tant qu'instrument puissant pour répandre la liberté ». [05-16]

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Suisse : Vers un accord de libre-échange avec les États-Unis

Swissinfo, Radio Suisse Internationale, édition du 17 mai 2005 – 2005/05/17

Dans cette édition, le journaliste Armando Mombelli rapporte que le gouvernement suisse, sollicité par les milieux économiques, veut « intensifier » les relations économiques avec les États-Unis en proposant à l’administration américaine d’ouvrir des négociations bilatérales pour aboutir rapidement à un accord de libre-échange. À cet égard, souligne-t-il, un accord de libre-échange permettrait à la Suisse de profiter des avantages déjà accordés par Washington à l'Israël, l'Australie, le Chili et Singapour et, bientôt, l’Égypte, avec lesquels les États-Unis ont suivi au cours des dernières années la voie des accords bilatéraux de libre-échange. En effet, les États-Unis imposent actuellement des droits plus élevés que la Suisse sur les importations. Aussi, « la suppression de ces droits serait donc favorable aux exportations suisses et permettrait de limiter les procédures bureaucratiques ».

L’intérêt pour la Suisse d’un accord bilatéral de libre-échange réside aussi dans le fait que « les négociations en cours auprès de l'OMC ne déboucheront, dans le meilleur des cas, que sur une réduction partielle des barrières douanières ». La Suisse veut accélérer la procédure parce que «L’administration américaine actuelle (ne) peut conclure des accords commerciaux (que) jusqu’à la fin juin 2007. Après cette date, il faudra relancer des négociations avec le nouveau gouvernement américain, ce qui demandera encore de nombreuses années». Actuellement, souligne-t-on, «la Suisse dispose encore d’une bonne marge de manœuvre pour négocier avec l’administration américaine. Mais elle doit le faire avant l’ouverture de négociations entre les États-Unis et des membres de l’Union européenne, eux aussi désireux de conclure un accord de libre-échange. À partir de ce moment, la Suisse ne pourra qu’attendre le résultat des négociations entre Bruxelles et Washington et s’adapter à leur accord.» [05-16]

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L'Administration américaine souhaite établir une zone de libre-échange avec le monde arabe à l'horizon 2013

Menara Communication , édition du 17 mai 2005 – 2005/05/17

Cette édition rapporte que l'administration Bush souhaite établir une zone de libre-échange avec le monde arabe à l'horizon 2013 pour développer les échanges économiques et améliorer la vie des populations de la région. Dans un discours en mai 2003, le président américain déclarait déjà que l e monde arabe a une grande tradition cultuelle, mais « il ne participe pas suffisamment au progrès économique de notre époque ». Il proposait alors « la création d'une zone de libre-échange États-Unis/Moyen Orient d'ici dix ans pour faire participer le Moyen Orient à un cercle croissant de possibilités et pour offrir de l'espoir aux habitants de cette partie du monde ». Ainsi, dans le but de réaliser ce projet de la zone de libre-échange États-Unis/Moyen Orient, les services du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur (USTR) ont ouvert des négociations avec un certain nombre de pays arabes en vue de conclure des accords commerciaux bilatéraux qui devraient faire place à la zone de libre-échange du Moyen-Orient en 2013: l'accord de libre-échange avec la Jordanie est déjà entré en vigueur alors que celui avec le Maroc le sera le 1er juillet 2005; l'accord conclu avec Bahreïn attend d'être ratifié par le Congrès, et des négociations relatives à la conclusion d'accords avec Oman et les Émirats arabes unis sont en cours.

Selon Mme Catherine Novelli, haut responsable de l'USTR, qui a indiqué que les accords de libre-échange « couvrent tous les produits. Tous les droits de douane sont supprimés. Nous nous débarrassons de tous les autres obstacles non tarifaires », la première mesure consiste à aider les pays intéressés à devenir membres de l'OMC, car « nos accords de libre-échange se fondent sur les obligations de l'OMC, puis les étendent», déclare-t-elle. Les États-Unis offrent, en deuxième lieu, aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire des incitations à la libéralisation du commerce dans le cadre du Système généralisé de préférences. Ce système permet l'exportation en franchise de douane aux États-Unis de plus de 4.650 produits. Les États-Unis négocient, en outre, des traités bilatéraux d'investissement en vue de garantir aux investisseurs étrangers un traitement semblable à celui des investisseurs du pays et que le droit international relatif aux investissements soit respecté. Ils offrent aussi des accords-cadres sur le commerce et les investissements, qui servent de base à la plupart des négociations commerciales bilatérales. Ces accords, déclare Mme Novelli, « nous permettent d'avoir des entretiens très poussés sur la politique relative au commerce et aux investissements, sur les objectifs (...) du pays intéressé en ce qui concerne les progrès à réaliser, sur l'assistance technique, le cas échéant, pour aider le pays à parvenir au stade désiré, et sur les moyens de passer des entretiens bilatéraux à la conclusion d'un accord bilatéral de libre-échange ». Elle souligne notamment que le Congrès américain s'est montré favorable aux accords de libre-échange entre les États-Unis et les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. [05-16]

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Danny Glover: « Militer avec ferveur contre la globalisation américaine de la culture et défendre avec ardeur la diversité culturelle! »

Le Monde , édition du 20 mai 2005 – 2005/05/20

À l'occasion du Festival de Cannes, cet article du Monde met en vedette l'acteur américain Danny Glover, un des premiers ambassadeurs « volontaires » recrutés, par le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, à Hollywood, pour promouvoir les valeurs de l'Organisation des Nations unies et qui, aujourd'hui, « milite avec ferveur contre la globalisation américaine de la culture et se fait l'ardent avocat de la diversité culturelle ». À l'issue de rencontres informelles avec des cinéastes africains organisées par le Centre national de la cinématographie (CNC), il a confié au Monde que «La globalisation culturelle est dramatique, car elle est soumise à la tyrannie croissante du marché, exclusivement basé sur la recherche du maximum de profits. Même dans un endroit comme Cannes, une bataille a lieu en coulisses. Nous devons réfléchir aux modèles cinématographiques qui sont massivement diffusés dans le monde. Car les valeurs qu'ils véhiculent vont être reprises sans discernement. Cela aboutit en fin de compte à une glorification de la culture dominante au détriment de toutes les cultures locales. Nous assistons là à un phénomène de société unique dans l'histoire».

Il est très choqué par le fait qu'« une nation de plus de 300 millions d'habitants, les États-Unis d'Amérique, pilote cet engin que l'on appelle la globalisation. Aucun autre pays au monde n'a d'intérêt à consolider les profits des groupes américains. Car, ainsi, les cultures marginales sont toutes appelées à disparaître. Aujourd'hui, cette disparition nous paraît assez lointaine. On pense que ce danger est dans la rue. Non, il est déjà chez votre voisin de palier et va sonner à votre porte». Pourtant, soutient-il, « L'art fait plus que permettre de regarder les choses, il fait voir les choses. C'est plus que de la simple observation, cela touche l'âme humaine ». Quant au cinéma africain, Danny Glover a conscience de ses difficultés de distribution et d'équipement « mais, dit-il, il faut avant tout que les réalisateurs africains filment leurs propres histoires, pour avoir accès à leurs marchés ». [05-16]

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