Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 5, no 14, lundi 16 mai 2005

Avant-projet de Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques : Le processus d'élaboration à l’UNESCO continue!

DANS CE NUMÉRO :

Message important

Communiqués, discours, déclarations

Publications récentes

À l'agenda



Message important

21 mai, Journée mondiale de la diversité culturelle – Lettre ouverte : « Convention sur la diversité des expressions culturelles: Il faut maintenir le cap! »

par madame Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications, madame Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, et monsieur Claude Béchard, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation

La Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement que nous soulignons le 21 mai précède de quelques jours le début de la troisième session de négociation intergouvernementale sur le projet de Convention sur la diversité des expressions culturelles, à l’UNESCO.

Cette dernière session prévue avant la Conférence générale d’octobre prochain s’annonce déterminante quant à l’adoption d’une convention et à la nature de celle-ci. Les précédentes rencontres, en permettant l’expression et l’affinement des positions des États membres ont également révélé des différences importantes au regard du type de convention souhaité. Car la question est autant de savoir s’il y aura une convention que de savoir ce qu’elle contiendra et si elle permettra d’atteindre nos objectifs.

Entre, d’une part, les tenants d’une convention forte confirmant clairement le droit des États et gouvernements de mettre en œuvre des politiques culturelles et, d’autre part, les tenants d’une convention plutôt déclaratoire et de portée plus générale, le Québec s’est depuis longtemps engagé en faveur de la première option.

Pour le gouvernement du Québec et, vraisemblablement, pour une majorité d’États membres de l’UNESCO, l’enjeu principal est de reconnaître le droit des États et gouvernements de soutenir leurs créateurs, artistes et industries culturelles, et ce, dans un esprit d’ouverture aux expressions culturelles extérieures.

La confirmation de ce droit repose sur l’adoption d’une convention forte qui :

  • reconnaîtra la nature particulière des biens et services culturels, lesquels, tout en pouvant être objets de commerce, ne peuvent être réduits à cette seule dimension;
  • définira un champ d’application circonscrit clairement aux expressions culturelles;
  • sera assurée d’un rapport d’égalité et de non-subordination avec les accords commerciaux et les autres traités internationaux;
  • précisera les droits et obligations des États et gouvernements;
  • sera dotée d’un mécanisme efficace de suivi et de règlement des différends;
  • créera un cadre de coopération en faveur des pays en développement.

Ce qui est en cause, à travers un débat de nature juridique, c’est la reconnaissance de l’importance de la culture et des expressions culturelles pour nos sociétés. Le principe de la diversité des expressions culturelles est essentiel pour préserver la capacité d’action des gouvernements en matière culturelle, aujourd’hui menacée par les accords commerciaux et le processus de libéralisation des échanges.

Le gouvernement du Québec s’est engagé, en collaboration notamment avec les gouvernements du Canada, de la France et de nombreux membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, dans l’élargissement d’une mobilisation internationale. Cet engagement a donné des résultats importants. C’est le cas également du partenariat étroit et fructueux que nous avons établi avec la Coalition pour la diversité culturelle et qui est à l’origine d’une mobilisation des milieux culturels dans plusieurs pays.

Si nous pouvons nous réjouir d’appuis nombreux, les résistances demeurent importantes. Il faudra maintenir le cap sur notre objectif de voir l’adoption d’une convention forte à la Conférence générale de l’UNESCO en octobre 2005.

Une négociation qui implique plus de 190 pays est un processus complexe. Nous comptons sur l’appui de tous nos partenaires, dont au premier chef le gouvernement du Canada, pour maintenir résolument ce cap. [05-14]

Haut de la page

Communiqués, discours, déclarations

La diversité culturelle : un nouvel élément du droit international - Déclaration de Madrid

La Coalition espagnole pour la diversité culturelle, Madrid le 11 mai 2005 – 2005/05/11

Les Quatrièmes Rencontres internationales des organisations professionnelles de la culture se sont tenues à Madrid du 9 au 11 mai dernier sous l'égide de la Coalition espagnole pour la diversité culturelle, en collaboration avec le Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle et le soutien du gouvernement espagnol. À l'issue de cette rencontre, les participants, dont notamment les dirigeants de 170 organisations culturelles représentant des auteurs, compositeurs, réalisateurs, artistes interprètes, et exécutants des arts musicaux, scéniques, audiovisuels, cinématographiques et des nouvelles technologies, ainsi que des artistes des arts graphiques et plastiques, des techniciens et des producteurs, éditeurs, radiodiffuseurs et distributeurs indépendants de 60 pays, ont adopté une déclaration – Déclaration de Madrid – dans laquelle ils saluent les progrès réalisés à ce jour, dans le cadre des négociations en cours actuellement à l’UNESCO visant l’élaboration d’une convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Selon eux, cette Convention a pour objet de :

  • Combler un vide important du droit international en reconnaissant le droit souverain des États d’adopter, mettre en œuvre, maintenir et développer des politiques culturelles destinées à assurer un espace pour toute la diversité de leurs propres créations et productions culturelles et à mettre en place un cadre favorable au développement d’échanges vraiment équilibrés des biens et services culturels entre tous les pays, quels que soient les supports et modes de distribution utilisés;
  • Reconnaître la nature spécifique des biens et services culturels, affirmant le principe qu’ils ne doivent donc pas être considérés uniquement au regard de leur valeur commerciale et, par conséquent, qu’ils ne doivent pas être sujets aux règles des accords de commerce mais plutôt être considérés dans un instrument international qui reconnaisse explicitement leur nature particulière en tant que porteurs d’identité, de valeur et de sens;
  • Renforcer la coopération internationale en faveur d’un échange réellement équilibré des biens et services culturels entre tous les pays, notamment par l’établissement d’un Fonds International pour la Diversité culturelle qui permettra le renforcement de la capacité de création, production et distribution culturelle des pays en développement.

En outre, les participants soutiennent le texte consolidé du Président de la réunion intergouvernementale qui, selon eux, « constitue clairement une avancée par rapport au texte composite qui l’a précédé ». Ils r econnaissent la valeur de ce texte consolidé « comme base pour la suite des négociations, conduisant ultimement à une version finale - améliorée – du texte qui pourra être proposée pour adoption à la 33e Conférence générale d’octobre prochain», sous réserves d'un « nombre limité d’amendements clés » qu'ils proposent « dans le but de garantir que le résultat final sera une convention efficace qui pourra être soutenue par les organisations professionnelles de la culture du monde entier », à savoir:

  • Affirmer en termes non ambigus le droit des États d’avoir des politiques culturelles;
  • Maintenir un champ d’application de la convention clairement défini;
  • Équilibrer les droits et les obligations;
  • Renforcer les dispositions sur la coopération internationale pour le développement;
  • S’assurer de donner à la convention un véritable statut en droit international, en garantissant le respect des principes tels que: l a non subordination de la convention aux accords de commerce; le statut de la convention comme instrument de référence sur les questions de culture, y compris son rôle de référence lors de l’interprétation et l’application d’autres instruments internationaux qui ont un impact sur la culture; un engagement par les États parties de faire preuve de cohérence en souscrivant à l’obligation de soutenir les principes et objectifs de la convention, notamment en s’abstenant de prendre des engagements qui seraient contraires à ses principes et objectifs, lorsqu’ils sont impliqués dans d’autres négociations internationales.
  • Établir la Convention comme instrument international de référence en matière de politiques culturelles, en la dotant d' un mécanisme efficace de règlement des différends : « Seul un mécanisme contraignant et qui permettrait à une partie d’initier unilatéralement une procédure de règlement des différends, donnera à la convention une véritable crédibilité en droit international ».

Par ailleurs, les participants demandent instamment aux États membres de l'UNESCO de :

  • s’engager pleinement dans ces négociations (…) afin d’obtenir une convention forte, vraiment efficace, qui reflète clairement la volonté d’une vaste majorité de pays impliqués dans ces négociations (…) tout en résistant au cours de cette période aux pressions visant à diluer le contenu de la convention;
  • continuer à susciter le soutien d’un grand nombre d’États membres de sorte que la convention soit adoptée en octobre 2005 avec une très forte majorité, tout en résistant aux pressions visant à reporter l’adoption de la convention en 2007 ou même plus tard, ce qui risquerait de compromettre significativement l’impact de la convention;
  • s’engager, aussitôt après l’adoption, à ratifier la convention, de sorte que cette convention soit ratifiée rapidement par un grand nombre d’États pour permettre ainsi sa mise en œuvre immédiate

Pour leur part, ils s'engagent à poursuivre une campagne de sensibilisation et de soutien en faveur de la convention de l’UNESCO aux niveaux national et international et rappellent l'importance pour les pays de s’abstenir de prendre tout engagement de libéralisation dans les négociations commerciales qui limiteraient l’application de la convention UNESCO, durant toute la période couvrant la négociation, l’adoption et la ratification de la convention. [05-14]

Haut de la page

RIPC : « Intensifier la sensibilisation des gouvernements et des opinions publiques à la nécessité d’aboutir à l’adoption de la Convention UNESCO en 2005 »

Ministère de la Communauté française de Belgique, Bruxelles, le 10 mai 2005 - 2005/05/10

Le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation du Réseau international des politiques culturelles (RIPC) s'est réuni à Bruxelles les 9 et 10 mai derniers à l’invitation de la Belgique. Participaient à cette réunion des représentants de 20 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chine, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Grèce, Malaisie, Mexique, Norvège, Portugal, Sénégal, Suède et Suisse. Ceux-ci se sont penchés notamment sur l'examen de l’avant-projet de Convention de l’UNESCO sur la protection de la diversité des expressions culturelles dont ils ont abordé les enjeux avec des représentants de la société civile et de la Commission européenne.

L’objectif de cette Convention, réaffirme-t-on, est d’offrir un cadre juridique et un lieu de discussion permettant aux États de légitimer leurs politiques culturelles face au processus de libéralisation croissante des biens et services au niveau mondial. Aussi, les participants se sont réjouis de l’état d’avancement des travaux dans la perspective de l’adoption de la Convention en automne 2005. Ils ont salué la qualité de la version du texte consolidé du Président de la réunion intergouvernementale qui doit être la base des travaux de la 3e session de la réunion intergouvernementale d'experts des 25 mai au 3 juin prochains, et qu'ils considèrent comme « une avancée remarquable et appréciable; mieux centrée sur le mandat; et qui rend compte des vœux exprimés par la majorité lors de la plénière » de la 171e session du Conseil exécutif de l'UNESCO d'avril dernier.

Cependant, ils insistent sur l'importance de « renforcer les obligations des États, en respectant le calendrier », et rappellent « la nécessité d’intensifier la sensibilisation tant des gouvernements que des opinions publiques à la nécessité d’aboutir à l’adoption d’un texte en 2005 sous peine de connaître un retard important et préjudiciable. Non seulement il faut adopter la Convention de l’UNESCO, mais il faut aussi s’assurer d’une ratification rapide et assez large pour qu’elle entre en vigueur. L’enjeu de la Convention sur la diversité culturelle est de permettre aux États de protéger et de promouvoir leurs cultures. Au-delà, elle renforce la protection des droits de l’Homme, et favorisera les échanges internationaux et interculturels ». [05-14]

Haut de la page

Avant-projet de convention de l’UNESCO – Texte consolidé du Président de la réunion intergouvernementale : Message de la société civile suisse à l’administration fédérale

Commission suisse pour l'UNESCO, Berne, le 13 mai 2005 – 2005/05/13

La Commission suisse pour l’UNESCO, en partenariat avec Traditions pour Demain et laDéclaration de Berne, mène depuis l’été 2004 une consultation des secteurs de la société civile suisse concernés par les questions culturelles sur l'avant-projet de convention de l'UNESCO sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques . Lors de la 171e session du Conseil exécutif d'avril dernier, le Directeur général a soumis, pour l'information des membres au Conseil exécutif le Texte consolidé de l'avant-projet de convention préparé par le Président de la réunion intergouvernementale d'experts.

Dans un message à l'administration fédérale, la société civile suisse communique ses commentaires sur ce texte. Selon elle, le texte du Président de la réunion intergouvernementale « reflète un évident effort de synthèse, et dans ce sens représente un progrès intéressant par rapport au texte composite. Il devrait constituer sans nul doute lors de la prochaine session de la Réunion intergouvernementale d'experts un outil facilitant la discussion et favorisant l'adoption rapide d'un texte consensuel ». Elle constate toutefois que le projet, «dans un évident souci de conciliation, cherche à satisfaire simultanément plusieurs tendances divergentes exprimées lors des réunions intergouvernementales successives. Il en résulte certaines incohérences et certains affaiblissements dans le texte par rapport au mandat que la 32e Conférence générale de l'UNESCO a confié au Directeur général pour l'élaboration du projet de convention, ce dont la société civile s'inquiète».

Par conséquent, elle demande dès lors à la délégation de la Suisse d'agir afin que les discussions qui auront lieu lors de la 3e Réunion intergouvernementale du 25 mai prochain se basent effectivement sur le texte du Président, tout en reprenant ses préoccupations déjà exprimées dans ses différents messages et en adjoignant au texte consolidé ses commentaires spécifiques, dont notamment ces principaux points qu'elle juge négatifs : la reconnaissance par les Parties de leurs obligations mentionnée clairement dans le texte composite à l'article 5 a disparu du texte consolidé. Plus généralement, le niveau de contrainte déjà assez faible du projet a encore été rabaissé, les éventualités de différends entre les Parties sur l'interprétation ou l'application de la convention ne devenant dès lors que très hypothétiques; les engagements en matière de coopération internationale ont à nouveau été atténués dans le texte consolidé; le champ d'application de la convention est réduit ; la relation proposée avec les autres instruments n'est pas satisfaisante; la société civile n'est plus considérée dans ce texte comme partenaire des États.

Dans son message du 14 avril 2005 aux autorités fédérales, la société civile suisse relevait 7 points cruciaux à considérer dans le débat en cours sur la Convention UNESCO: Le rôle de la société civile, pour un appui à la proposition des ONG; la coopération internationale, pour un renforcement des dispositions; la souveraineté des États,contre les replis protectionnistes; le règlement des différends, pour un mécanisme qui garantisse l’efficacité de la convention; la relation de la convention avec d'autres instruments, pour un soutien à la proposition de l’Union européenne; les médias, pour un pluralisme au sens large; un observatoire de la diversité culturelle. [05-14]

Haut de la page

La Francophonie invitée à l'OMC à l'occasion de son 10e anniversaire

Abdou Diouf, Secrétaire général de l'OIF, Genève, le 20 avril 2005 – 2005/04/20

Invité à prendre la parole à l’occasion du 10e anniversaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se célébrait le mois dernier à Genève en Suisse, le Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), M. Abdou Diouf, a déclaré que « la Francophonie est liée à la défense d’une langue et de la diversité culturelle, choses dont on parle plutôt à l’UNESCO qu’à l’OMC ». Cependant, dans son « plaidoyer francophone en faveur de l'OMC », il a relevé que depuis la création de l’OMC, les accords bilatéraux se sont multipliés au point qu’il est devenu difficile d’en faire un inventaire, même approché: «Prétextant les lenteurs des négociations commerciales multilatérales, les pays les plus riches, qui défendent un libre échange généralisé sans pour autant renoncer à des mesures de soutien caractérisées, s’efforcent d’obtenir des accords bilatéraux avec leurs multiples partenaires. Quelle que soit leur apparence, ces accords sont nécessairement inégaux et les avantages qu’ils peuvent offrir à court terme se paient nécessairement sur le long terme. Et je ne parlerai même pas de l’usage politique qui peut être fait de ces accords, tant au moment de la négociation que lors de leur reconduction».

Par ailleurs, évoquant les questions qui dominent les négociations commerciales et les débats depuis de longues années, M. Diouf a déclaré que les pays de la Francophonie ne doivent pas pour autant perdre de vue une dimension tout aussi importante des relations commerciales, celle des services : « L’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS/GATS) touche à des points capitaux pour le maintien d’une véritable diversité culturelle. La Francophonie affirme à chaque occasion que les biens et services culturels ne sont pas des marchandises comme les autres. Associée à la mise en place d’une Convention internationale sur la diversité culturelle, elle souhaite que cette spécificité soit prise en compte et que l’OMC, comme c’est déjà le cas en matière environnementale, prenne en compte des accords multilatéraux négociés dans d’autres cadres. Mais d’ici là, il est déjà important que tous les pays prennent position sur la question et fassent valoir leurs droits : la politique de la chaise vide, de l’absence de réponse ne peut pas donner de résultat satisfaisant. Cette absence permet en effet aux pays les mieux nantis d’être actifs à la fois sur le front multilatéral, à l’OMC, et de poursuivre des négociations commerciales bilatérales ».

Dans un précédent discours prononcé le 11 février 2005 à Libreville au Gabon, à l'occasion du Sommet des Chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), M. Diouf a déclaré que la Francophonie comptait sur eux : «Les racines anciennes et les richesses culturelles exceptionnelles que vous possédez des bords du Sahara au Bassin du fleuve Congo sont une référence et un réservoir inépuisable pour notre combat en faveur de la diversité culturelle et linguistique. Il faut vous en prévaloir pour jouer un rôle de premier plan dans ce combat, dans l’aboutissement de notre projet de Traité sur la protection de cette diversité culturelle à l’UNESCO en octobre prochain. Il faut vous en prévaloir pour participer activement à la construction de ce monde de paix, d’échange, de dialogue des civilisations, de solidarité dans laquelle nous sommes engagés ».

De la même manière, dans un discours à l'École de management de Reims en France le 31 mars dernier, il déclarait également que la Francophonie était fortement impliquée, au niveau de ses États membres, dans la négociation en cours à l'UNESCO dont l'objectif est de produire une Convention internationale sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques : « L'enjeu est de taille. Il s'agit tout simplement de garantir juridiquement les voies et moyens d'une préservation de la pluralité culturelle du monde et d'assurer une capacité de production et de diffusion de ses supports non exclusivement fondées sur les prétendues « lois du marché » dont on connaît bien les effets dévastateurs sur la capacité des pays les plus défavorisés de faire vivre leurs cultures. Cette diversité, elle est véritablement en péril aujourd’hui ». [05-14]

Haut de la page

Publications récentes

Economic integration treaties and their relationship with international trade of cultural goods and services - The Latin American perspective

Alvaro Garzón, Senior international consultant, Former director of UNESCO’s Cultural Industries Division, Jodhpur (India) 22-26 February 2005 – 2005/02/22-26

En collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour le développent industriel (ONUDI), l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), la Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (ABD), le Bureau de l’UNESCO pour l'Asie-Pacifique à Bangkok a organisé du 22 au 26 février 2005 à Jodhpur (Inde) une conférence internationale sur les industries culturelles : Asia-Pacific Creative Communities - a Strategy for the 21st Century. Cette conférence visait à élaborer un Plan d’action de 10 ans centré sur la promotion de la créativité et des industries culturelles comme outil de réduction de la pauvreté et de développement économique local dans les pays de la région Asie/Pacifique.

À cette occasion, Mr. Alvaro Garzón, Consultant et ancien directeur de la Division des industries culturelles de l'UNESCO, a fait une présentation dans laquelle il examine l'expérience latino-américaine en matière d'industries culturelles à la lumière des accords de libre échange. Dressant le portrait des politiques de développement des industries culturelles en Amérique latine et passant au crible tous les traités économiques auxquels ces États font parties, l'auteur affirme que l es traités économiques sont le résultat des compromis nationaux, sous-régionaux, régionaux et globaux. En tant que tels, ils reflètent des réalités souvent différentes et divergentes, s'étendant du protectionnisme national à l'ouverture totale prônée par les néo-libéraux, des intérêts des marchés locaux à ceux de la mondialisation sauvage. Selon lui, il est très intéressant d'observer le traitement dont fait l'objet la culture dans la sphère mondiale, où des décisions sont habituellement prises seulement à partir d'une perspective économique et commerciale. L'auteur soutient que les industries culturelles sont d'une importance capitale parce qu'elles reflètent des identités culturelles diverses. Cependant, à la différence des autres industries de la consommation, elles ne franchiront jamais le stade artisanal si elles sont laissées aux seules forces du marché (la loi de l'offre et de la demande). Par conséquent, si les gouvernements souhaitent développer des industries culturelles locales, ils doivent leur fournir des mesures de soutien telles que des subventions et des incitations fiscales. Or très souvent, cette décision de politique nationale peut s'opposer avec des engagements résultant des traités d'intégration économique conclus par ces pays.

Dans ses conclusions, l'auteur relève que la mondialisation n'est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle offre l'occasion à chaque être humain de découvrir et d'apprécier les œuvres créatrices des autres à travers la planète. Mais, elle charrie aussi la culture étrangère dont la forte consommation risque de mener à la négligence de la culture locale. La menace surgit quand la puissance de disséminer des histoires et les rêves constitue le monopole de quelques-uns, comme le reflète si bien le déséquilibre existant dans les produits et services culturels. Or, bien que les pays en voie de développement n'aient pas les possibilités et la technologie appropriée pour partager et distribuer leurs expressions culturelles, ils sont cependant très riches en imagination et en créativité qui sont les ressorts ultimes des industries culturelles. Aussi, pour l'auteur, ce serait dommage si la société de l'information était uniquement guidée par des critères commerciaux. Ce qui est en jeu, souligne-t-il, c'est la préservation et la protection de la diversité culturelle. Garantir la diversité culturelle, selon lui, est devenu un impératif moral et politique. C'est pourquoi la communauté internationale a tourné toute son attention sur l'UNESCO, et notamment le projet de Convention sur la protection de la diversité des expressions culturelles, en cours d'élaboration. En effet, l'Amérique latine et le reste du monde ont placé un grand espoir dans ce processus car ils sont persuadés que la culture sera le moteur de l'économie mondiale au 21ème siècle. À cette fin, la diversité culturelle est le capital mondial que la communauté internationale doit promouvoir pour des raisons économiques et des impératifs moraux. [05-14]

Haut de la page

À l'agenda

Développer des alliances culturelles au Sommet latino arabe au Brésil

Radio Canada, le 10 mai 2005 – 2005/05/10

À l'initiative du président du Brésil, M. Lula da Silva, les représentants et chefs d'État de pays arabes et sud-américains se sont réunis à Brasilia au Brésil, les 9 et 10 mai derniers, pour la tenue d'un sommet international entre les nations d'Amérique latine et du monde arabe. Cette rencontre exceptionnelle, qui regroupait les 21 pays de la Ligue arabe et l'Autorité palestinienne ainsi que les 12 pays de la Communauté sud-américaine des nations, avait pour but de « développer des alliances culturelles et des débouchés commerciaux qui permettront à ces nations de contourner l'hégémonie américaine et de réduire par le fait même leur dépendance face à cette puissance ». Elle a en outre permis aux participants de se pencher sur l'examen des moyens à mettre en œuvre pour renforcer davantage les relations de coopération politique, économique, commerciale et culturelle entre l'Amérique du Sud et le monde arabe.

À cette occasion, le Brésil a appelé le Mercosur (Marché commun du Sud) et les pays arabes à signer un accord pour la création d'une zone de libre-échange. Selon Peter Demant, professeur en relations internationales (Université de Sao Paulo), qui affirme que le Brésil organiserait ce sommet pour des raisons culturelles, Mario Vilalba, directeur au ministère brésilien des  Affaires étrangères indique, quant à lui, qu'un tel accord, « qui pourra constituer un premier pas vers les négociations en vue d'un accord sur la libéralisation du commerce entre ces deux régions », devrait faciliter la conclusion d'autres accords commerciaux entre les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et ceux du Conseil de coopération du Golfe – CCG (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats Arabes Unis). [05-14]

Haut de la page

Shaping an International Centre on Creative Industries

The Ministry of Culture of Brazil, 20 April 2005, 2005/04/20

Le ministère de la culture du Brésil, en collaboration avec la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED/UNCTAD), a accueilli du 18 au 20 avril 2005 à Salvador De Bahia au Brésil, un forum sur des industries créatrices sous le thème : Forum sur les industries créatives : vers la conceptualisation d’un centre international. Le Forum de Bahia est une initiative de Gilberto Gil, ministre de la Culture du Brésil et Artiste de l’UNESCO pour la paix.

À cette occasion, les participants au Forum (Représentants d’Agences des Nations Unies et du secteur privé brésilien: BIT, UNESCO, OMPI, Centre du commerce international, PNUD) ont examiné les modalités institutionnelles visant à la création d’un centre international pour les industries culturelles au Brésil. Selon eux, « ce Forum aidera les pays en développement à mettre au service de leur croissance le secteur en plein essor des industries créatives : disque, photo, illustration, musique, cinéma, etc. En donnant plus de transparence au marché, en permettant de comparer les meilleures techniques et en assurant une promotion sur le plan international, le Forum pourrait jouer un rôle majeur dans le développement de ces industries dans les pays en développement. Les industries créatives sont une excellente façon de promouvoir la diversité culturelle, mais elles débordent largement la notion de développement en ce qu´elles assument une fonction essentielle en aidant les pays à revendiquer leur propre histoire et à imaginer leur propre destin : en tant que telles, elles renvoient à une conception beaucoup plus large du développement ». [05-14]

Haut de la page