Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 6, no 22, lundi 19 juin 2006

Convention sur la diversité des expressions culturelles : La phase de ratification par les États membres est engagée!

 Pourquoi les États doivent-ils ratifier la Convention de l'UNESCO?

-------------------------------------------------

Conférence de Montréal : Culture et mondialisation des économies - 6 juin 2006
Intervention de M. Jean Charest, premier ministre du Québec

La Ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Line Beauchamp et le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura


Cérémonie marquant l'approbation de la Convention de l'UNESCO par le gouvernement du Québec
Hôtel du Parlement - 10 novembre 2005
Intervention de M. Jean Charest, premier ministre du Québec

Intervention de M. Jean Charest, premier ministre du Québec



Cérémonie de ratification de la Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles par le Canada - 23 novembre 2005

Photo : Paul Ducharme



ÉVÉNEMENT D'INTÉRÊT - Le Directeur général de l'UNESCO participe à la Conférence de Montréal

Le gouvernement du Québec accueille le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, dans le cadre du Forum économique international des Amériques, qui en est à sa 12 e édition. À titre d'invité d'honneur, M. Matsuura participe, du 5 au 7 juin, à différentes activités. À cet égard, il procèdera à la remise officielle à Montréal du titre de Ville UNESCO de design. M. Matsuura rencontra également le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, la ministre de la Culture et des Communications, Mme Line Beauchamp, la ministre des Relations internationales, Mme Monique Gagnon-Tremblay, le coprésident de la Coalition pour la diversité culturelle, M. Pierre Curzi. Leurs entretiens porteront notamment sur les attentes et les objectifs du Québec quant à la ratification de la Convention avant la prochaine Conférence générale, à l'automne 2007.

DANS CE NUMÉRO :

Suivi de la Convention

Politiques et mesures culturelles - Bonnes pratiques



Suivi de la Convention

Pourquoi les États doivent-ils ratifier cette Convention?

La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a été adoptée par la 33e session de la Conférence générale de l'UNESCO le 20 octobre dernier. Pour que celle-ci entre en vigueur, 30 États doivent la ratifier.

Jusqu'ici, le Canada et la République de Maurice sont les premiers États à avoir ratifié cette Convention.

L'Assemblée nationale du Burkina Faso a adopté à l'unanimité le 2 mai dernier la Loi portant autorisation de ratification de cette Convention, suivi en cela par la République de Croatie le 12 mai, et Djibouti le 16 mai.

Par ailleurs, un certain nombre de pays ont déjà approuvé le principe de la ratification de la Convention selon leur droit national et sont sur le point de déposer officiellement leur instrument de ratification auprès du Directeur général de l'UNESCO. D'autres pays comme le Mali, le Mexique, la France, la Belgique, Moldavie, la République populaire du Congo, ont aussi enclenché le processus législatif menant à la ratification. Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure de ces ratifications.

"Pourquoi les États doivent-ils ratifier cette Convention?" Pour le savoir, consulter notre Bulletin du 16 janvier 2006

Haut de la page

Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles: des nouvelles de la Norvège, de la France et de l'Espagne, 2006/06/16

Ce 16 juin 2006, le gouvernement de la Norvège a soumis au Parlement un projet de loi lui autorisant à ratifier la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Conformément à la Constitution norvégienne, l'importance particulière de cette Convention requiert du Gouvernement l'accord préalable du Parlement pour sa ratification. Selon nos sources, le processus formel de ratification devrait être complété d'ici la fin de 2006.

L'Assemblée nationale française a adopté à l'unanimité, le 8 juin dernier, la Loi autorisant l'adhésion de la France à cette Convention. Elle sera ensuite débattue et vraisemblablement adoptée par le Sénat le 27 juin prochain, avant d'être promulguée par le président de la République.

Par ailleurs, c'est le 28 avril dernier que le Conseil des ministres du gouvernement de l'Espagne a approuvé le texte de la Convention avant de le soumettre au Parlement pour sa ratification. Selon les autorités espagnoles le processus de ratification à ce niveau pourrait être complété dans les prochains mois.

Haut de la page

Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles: "Les États-Unis vont être tentés de signer des accords bilatéraux pour empêcher sa ratification", 2006/06/16

Les auteurs de cet article paru dans le Magazine Forces (no 146, juin 2006) soulignent que si à ce jour seuls le Canada et Maurice ont ratifié la Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, plusieurs pays de l'Union européenne, de la Francophonie internationale et du Mercosur ont déjà signifié leur intention de la ratifier à leur tour. Cependant, déclarent-ils, les autorités politiques américaines, qui "cherchent à conquérir de nouveaux marchés pour l'industrie du cinéma aux États-Unis", « pourraient très bien compromettre la mise en application de la Convention en signant des traités bilatéraux avantageux avec des États économiquement et culturellement précarisés en échange de leur refus de la ratifier ».

Selon ces auteurs, cette hypothèse se vérifie dans les négociations de libre-échange entreprises depuis 2004 entre Washington et certains pays de l'Amérique centrale, comme le Pérou, l'Équateur et la Bolivie. En outre, le 27 janvier dernier, la Colombie annonçait la ratification d'un traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Cette situation qui inquiète les auteurs leur fait dire que « la mise en application de la Convention est donc loin d'être chose faite et, à court terme, l'avenir de cette entente se dessinera vraisemblablement autour de la capacité de recueillir "rapidement" les 30 ratifications nécessaires » à sa mise en œuvre.

Haut de la page

Politiques et mesures culturelles - Bonnes pratiques

L’initiative de l’UNESCO pour les centres multimédia communautaires (CMC)

Depuis 2001, l’UNESCO a créé plus de 87 centres multimédia communautaires (CMC) dans une vingtaine de pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes.

Les CMC associent les médias locaux traditionnels (radio, télévision, presse) aux nouvelles technologies, comme l’informatique, Internet et les appareils numériques (caméras, lecteurs audio). En outre, elles offrent une chance unique aux communautés les plus pauvres, souvent implantées dans des zones rurales isolées, de surmonter les obstacles qui les empêchent de tirer pleinement parti des TIC. En intégrant les moyens de communication traditionnels et les nouveaux médias, les CMC assurent le lien entre les réseaux locaux et mondiaux en mettant à la portée de millions de gens les outils numériques et les nouvelles opportunités offertes par les TIC, et en contribuant à ouvrir de nouvelles voies pour l’information, la communication et le savoir.

Les CMC apparaissent également comme un outil essentiel pour permettre aux communautés locales d’assimiler les changements produits par la mondialisation et les nouvelles technologies. Aussi affirme-t-on que: « Le rôle des CMC pour développer la résilience culturelle – c’est-à-dire la capacité d’une communauté de conserver un savoir fondamental tout en s’adaptant aux influences et pressions externes – est particulièrement remarquable ». On souligne également qu'au niveau des politiques nationales, des environnements habilitants sont indispensables pour permettre le développement durable des CMC, de même qu'on reconnaît la réussite de l’initiative au fil des années et l’originalité du concept des CMC de l’UNESCO pour offrir une solution permettant de réduire la fracture numérique au sein des communautés marginalisées.

C'est dans cette perspective que l'UNESCO a décidé d’entreprendre une vaste consultation avec ses partenaires et d’autres acteurs afin d’élaborer des stratégies sur l’avenir des CMC, telle la réunion d’examen organisée par l’UNESCO pour débattre des progrès du projet de passage à grande échelle des CMC en Afrique qui s'est achevée le 20 mai dernier à Bamako, au Mali.

Haut de la page

Pour garantir le pluralisme, contre la concentration et la financiarisation des médias, 2006/05/17

Dans ce texte que publie l'Observatoire des médias (ACRIMED), Henri Maler postule que la concentration des médias ne cesse depuis quelques années de s’accélérer et d’imprimer, sous des formes renouvelées, une dynamique particulière à l’ensemble des médias : par son ampleur, et surtout par la recherche du profit maximum et/ou d’intervention politique qui leur sert de moteurs.
Décrivant les différentes formes de concentrations: concentrations mono-média ou intramédia (comme celles que l’on connaît dans la presse écrite), concentrations multimédia ou intermédia, constitution de conglomérats (englobant l’édition, les entreprises de sport ou de tourisme, quand ce n’est pas l’aviation ou l’industrie du bâtiment), concentrations qui s’adossent notamment à la convergence technologique entre l’audiovisuel et les télécommunications et sont confortées par multiplication des alliances croisées entre les groupes, l'auteur soutient que ces "concentrations financiarisées" compromettent le pluralisme. Il propose de découvrir pourquoi et comment, de même qu'il évoque quelques pistes de solutions pour y remédier.

Selon lui, la défense du pluralisme passe par la mise en œuvre de mesures législatives et de dispositifs qui visent, directement et indirectement, à limiter les concentrations financiarisées et à leur opposer les renforcements des médias sans but lucratifs et des droits des journalistes et salariés. Il en conclut que l’adoption de cet ensemble de mesures, à la fois défensives et prospectives, même si celles-ci ne suffiraient pas à atteindre cet objectif, s’inscrit dans la perspective d’une appropriation démocratique des médias.

Haut de la page