Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 8, no 36, lundi 3 novembre 2008

Les travaux de mise en œuvre de la Convention sur la diversité des expressions culturelles sont en cours !

DANS CE NUMÉRO :

Suivi de la Convention

Communiqués, discours, déclarations

Politiques et mesures culturelles - Bonnes pratiques

Autres actualités d'intérêt



Suivi de la Convention

Les travaux de mise en œuvre de la Convention sur la diversité des expressions culturelles sont en cours !

À l’occasion de la première Conférence des Parties à la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, le Comité intergouvernemental a reçu le mandat d’élaborer les directives opérationnelles nécessaires à la mise en œuvre de la Convention. Le Comité intergouvernemental a tenu une première réunion, ordinaire, à Ottawa, Canada, du 10 au 13 décembre 2007, et une seconde, extraordinaire, à Paris, France, du 24 au 27 juin 2008. D’autres rencontres du Comité auront lieu d’ici la prochaine Conférence des Parties, prévue aux environs du mois de juin 2009, à Paris.

Au moment d’écrire ces lignes, 92 États ont ratifié ce traité. Nous tenons à souligner que, le 14 octobre 2008, le Burundi a déposé son instrument de ratification auprès de l’UNESCO et figure désormais au nombre des États Parties à la Convention.

Bien que les travaux de mise en œuvre de la Convention poursuivent leur cours normal, la campagne de mobilisation en vue de la ratification de la Convention par les États membres qui ne l’ont pas encore fait doit plus que jamais se poursuivre, avec ferveur et persuasion ! Car la légitimité de la Convention sera proportionnelle au nombre d’États appartenant à toutes les régions du monde qui la ratifient, l’acceptent, l’approuvent ou y adhèrent.

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Communiqués, discours, déclarations

Message du directeur général de l’UNESCO à l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel : « Le patrimoine audiovisuel, témoin de l’identité culturelle »

Le 27 octobre 2008 se déroulait la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel. Cette journée est consacrée à la réflexion « sur le pouvoir qu’ont le cinéma, la télévision et la radio de transmettre les idées et les informations et d’alimenter ainsi, dans le monde entier, le dialogue au sein des communautés et entre communautés ».

À l’occasion de cette journée, le directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a livré un message sur le thème « Le patrimoine audiovisuel, témoin de l’identité culturelle ».

En ouverture, M. Matsuura déclare : « Si le patrimoine nous permet de comprendre le passé, il reflète également les identités et la diversité culturelles des communautés qui vivent aujourd’hui. Le patrimoine audiovisuel, tout particulièrement, est l’un des principaux moyens par lesquels les sociétés contemporaines représentent leurs valeurs et expriment leur créativité. »

En cette année 2008, Année internationale des langues, souligne M. Matsuura, « la conception de contenus pour les télévisions et les radios locales, ainsi que la possibilité d’avoir accès à des cultures et à des points de vue différents par l’intermédiaire de chaînes nationales et internationales, sont particulièrement importantes à cet égard, car elles enrichissent encore la diversité mondiale et ouvrent des chemins de dialogue ». « Cependant, affirme le Directeur général, si le rôle que jouent les documents audiovisuels pour combler les distances est indiscutable, leur forme est intrinsèquement fragile et leur disparition représenterait la perte d’une part importante de notre patrimoine mondial, ainsi que de la mémoire et de l’identité de ceux qu’ils décrivent. » « C’est notamment cette fragilité qui a conduit la Conférence générale de l’UNESCO, à sa 33e session, à proclamer une Journée mondiale du patrimoine audiovisuel », rappelle M. Matsuura.

« La préservation du patrimoine suppose des efforts importants lorsqu’il s’agit de documents imprimés et écrits, mais, indique le Directeur général, les documents audiovisuels sont encore plus menacés — et à une échelle bien plus grande — que les supports conventionnels. » M. Matsuura rappelle que leur préservation est affectée par des facteurs aussi divers que la combustion spontanée pour les films au nitrate ou le syndrome du vinaigre pour les films à l’acétate, les attaques de bactéries ou de champignons, l’altération des couleurs ou la détérioration du son, le syndrome de la bande collante ou la démagnétisation et l’obsolescence technique, ainsi que l’absence de législation et de cursus de formation pour le personnel professionnel ou technique.

Le Directeur général fait conséquemment le constat suivant : « Il est donc urgent non seulement d’accroître la sensibilisation à ces questions, mais également d’allouer à la préservation les ressources humaines et financières nécessaires afin que les générations futures puissent bénéficier de l’héritage du passé. Sans une action concertée, ce patrimoine est condamné et, avec lui, l’existence de certaines communautés autochtones dont les voix ne vivent plus que par les enregistrements audiovisuels qui en ont été faits avant que leur monde ne disparût. »

M. Matsuura conclut en lançant cet appel : « En cette deuxième Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, j’appelle les partenaires et les amis de l’UNESCO — gouvernements, organisations internationales, société civile et secteur privé — à travailler avec nous à ce que le patrimoine audiovisuel reçoive la reconnaissance qu’il mérite, tant comme témoin de l’identité culturelle que comme gardien de la diversité linguistique et culturelle du monde. »

Nous vous invitons à prendre connaissance de la version intégrale du message de M. Matsuura sur le site Internet de l’UNESCO.

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Arènes européennes de l’indépendance : place à la diversité culturelle

Les “Arènes européennes de l’indépendance, les PME culturelles en Europe”, se sont déroulées les 23 et 24 octobre 2008, à Paris. Projet initié par le ministère de la Culture et de la Communication de France, il est mis en œuvre par Culturesfrance en partenariat avec Impala (association européenne des labels indépendants de musique) dans le cadre de la Saison culturelle européenne.

Dans un article diffusé au sujet de cet événement, le ministère de la Culture et de la Communication écrivait : « À l’heure de la révolution numérique et de la remise en cause du système des droits d’auteur, il s’agit de défendre la diversité culturelle auprès des instances communautaires en mettant en valeur l'action des professionnels indépendants des secteurs de la musique, du livre et du cinéma. »

Ces deux journées des “Arènes européennes de l’indépendance, les PME culturelles en Europe” se composaient d’ateliers destinés à « prendre la mesure du défi et d’avancer des propositions concrètes », précise l’article. Pendant deux journées, nous apprend également le document, ateliers, projections et concert rassemblaient plusieurs centaines d'acteurs culturels européens : auteurs, compositeurs, artistes interprètes, producteurs, diffuseurs, exploitants, chefs d’entreprises très petites, petites et moyennes, autour de la diversité culturelle.

Le 23 octobre, dans son discours inaugural, la ministre de la Culture et de la Communication de France, Mme Christine Albanel « a rappelé le rôle de premier plan que jouent les indépendants dans notre vie culturelle. Si les PME sont des piliers de la diversité culturelle, elles sont également un des moteurs de la croissance économique ». Poursuivant son intervention, la ministre Albanel a déclaré : « Les "Arènes de l’indépendance" devront donc répondre à cette question : Comment faire en sorte que les PME culturelles puissent disposer de tous les outils nécessaires pour amplifier leur double rôle à la fois dans la création et dans l’économie ? » Enfin, signale la nouvelle, Mme Albanel a rappelé que, « depuis 18 mois, le ministère a mené deux grandes actions transversales, qui concernent tous les secteurs de la culture : le combat pour un taux de TVA réduit applicable à l’ensemble des biens et services culturels ; la lutte contre le piratage des œuvres sur les réseaux numériques. »

Nous vous invitons à lire la version intégrale du discours de la ministre Albanel (en français), en vous rendant sur la section "actualités" du site Internet du ministère de la Culture et de la Communication de France.

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Le Forum des droits sur l’Internet a ouvert un groupe de travail “Internet et développement durable ”

Au mois de juin 2008, le Forum des droits sur l'Internet annonçait l’ouverture d’un groupe de travail – “Internet et développement durable” – chargé de réfléchir sur l’accessibilité et l’usage des langues sur les sites Internet.

Dans un premier temps, outre des préoccupations techniques sur l’accessibilité aux ressources, le Forum portera ses réflexions sur les aspects linguistiques suivants :

  • Doit-on faire évoluer le cadre protecteur de la langue française ?
  • Quelle doit être la place de la langue française sur Internet ?
  • Pourquoi et comment mettre en œuvre le multilinguisme sur un site Internet ?
  • Comment inciter les créateurs de sites à concevoir des pages multilingues ?

Le Forum des droits sur l'Internet précise ensuite que les propositions du groupe de travail viendront compléter utilement les réflexions en cours au sein des pouvoirs publics, sur la mise en œuvre des textes d’application de la loi du 11 février 2005 ; au sein des différentes initiatives pilotées par la Communauté européenne, sur les questions d’accessibilité numérique (e-Inclusion, i2010) ; ainsi qu’au sein du Forum sur la gouvernance de l’Internet, sur la reconnaissance de standards internationaux pour un internet véritablement multilingue.

Le Forum des droits sur l’Internet indique enfin que des recommandations seront en outre destinées aux acteurs eux-mêmes, créateurs de sites, éditeurs de solutions pour l’accessibilité, internautes, moteurs de recherche afin d’assurer une meilleure accessibilité des sites internet et préserver au mieux la diversité linguistique.

Le groupe de travail “Internet et développement durable” a débuté ses travaux en juillet 2008.

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Politiques et mesures culturelles - Bonnes pratiques

Prix Lux 2008: Le Silence de Lorna

“Le Silence de Lorna”, réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne, a remporté le Prix Lux du Parlement européen pour le cinéma, prix qui a été décerné pour la seconde fois le mercredi 22 octobre 2008 à Strasbourg. Le Parlement européen indique que le lauréat a été choisi par les députés européens parmi une série de films présélectionnés par un jury international.

Le communiqué de presse du Parlement européen précise que le Prix Lux pour le cinéma aspire à faciliter la circulation des films européens en Europe. Pour y parvenir, il finance le sous-titrage du film gagnant dans toutes les langues officielles de l'Union européenne. « Le mot "LUX", qui vient du latin, signifie "lumière" et fait allusion aux frères Lumière, pionniers français du cinéma. »

M. Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, a déclaré, avant d'annoncer le nom du gagnant, que « chacun des films traitait d'une problématique différente qui méritait une plus grande reconnaissance ». Pour M. Pöttering, « chacun des trois films était gagnant ».

Luc Dardenne a quant à lui souligné l'importance du sous-titrage du film grâce au Prix Lux parce que, a-t-il déclaré, les films des uns ne sont pas assez regardés par les autres en Europe ». Par ailleurs, il a avoué espérer que le monde du cinéma « comprendra le message de ce prix ».

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Autres actualités d'intérêt

Plus de 6 500 chaînes de télévision disponibles en 2008 dans l’Union européenne et les pays candidats (Croatie et Turquie)

Dans un communiqué de presse diffusé le 15 octobre 2008, la Direction générale de la communication de la Commission européenne a fait savoir, qu’à mi-chemin du MIPCOM 2008, l’Observatoire européen de l’audiovisuel a annoncé ses derniers chiffres relatifs aux marchés européens de la télévision dans 29 pays. Le communiqué signale que ces données proviennent de la base de données MAVISE, créée en 2007 par l'Observatoire à la demande de la DG Communication de la Commission européenne.

La nouvelle précise que, selon l’Observatoire, au 15 octobre 2008, l’offre de chaînes de télévision s’évaluait comme suit dans les 27 marchés de l’Union européenne ainsi que celui de la Croatie et la Turquie. L’Observatoire estime que les téléspectateurs de l’Union européenne bénéficient actuellement d’environ 6 500 chaînes. La base de données MAVISE identifie pour le moment 5 068 chaînes actives. Le recensement mené par l’Observatoire concernant les chaînes télévisées locales est encore en cours : environ 1 500 petites chaînes locales supplémentaires sont actives sur les marchés européens et seront progressivement ajoutées à la base de données. Parmi les 5 068 chaînes identifiées dans la base de données MAVISE, 4 663 sont établies dans l’un des 27 pays de l’Union européenne ou dans l'un des deux pays candidats (Croatie et Turquie) et 405 proviennent de pays tiers.

Pour en apprendre davantage sur la nature des chaînes européennes répertoriées, sur la répartition par pays des chaînes de télévision et sur l’offre de chaînes thématiques, nous vous invitons à consulter le communiqué de presse diffusé sur le site Internet de l’Observatoire européen de l’audiovisuel.

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Linguo-responsable.org : langues et cultures dans le développement durable

Nous désirons faire connaître à nos lecteurs l’association linguo-responsable.org. Fondée en février 2006, cette association s'intéresse aux enjeux linguistiques et culturels dans la mondialisation. Sur son site Internet, linguo-responsable.org précise qu’elle « sensibilise les différents acteurs à l'importance de la diversité et contribue à l'intégration effective des langues et des cultures dans les politiques de développement durable. »

Rappelant l’adoption par l’UNESCO et la ratification par de nombreux pays de la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, l’association linguo-responsable.org écrit : « La diversité culturelle s’inscrit aujourd’hui comme le quatrième pilier du développement durable aux côtés de l’économie, de l’environnement et de la préoccupation sociale. La diversité linguistique précède la diversité culturelle. Elle en est également une composante. »

« C'est pourquoi, peut-on également lire, l'objectif principal de linguo-responsable.org est de contribuer à l'intégration des langues et des cultures dans les politiques de développement durable des organisations ». À cette fin, linguo-responsable.org :

  • distribue une lettre mensuelle à l'attention des décideurs, à environ 65 000 abonnés ;
  • met à jour un référentiel de notation pour évaluer objectivement les comportements ;
  • organise le cybertrophée des langues.

Nous vous invitons à vous rendre sur le site Internet de linguo-responsable.org afin d’en apprendre davantage sur cette association et de vous abonner à sa lettre mensuelle.

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