Diversité culturelle

Infolettre
sur la diversité des expressions culturelles

Vol. 9, no 35, lundi 7 décembre 2009

Les travaux de mise en œuvre de la Convention sur la diversité des expressions culturelles sont en cours !

DANS CE NUMÉRO :

Suivi de la Convention

Communiqués, discours, déclarations

Publications récentes

Politiques et mesures culturelles - Bonnes pratiques

Autres actualités d'intérêt



Suivi de la Convention

Les travaux de mise en œuvre de la Convention sur la diversité des expressions culturelles sont en cours !

La Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est entrée en vigueur le 18 mars 2007. À l’occasion de la première session de la Conférence des Parties à la Convention, tenue en juin 2007, le Comité intergouvernemental a reçu le mandat d’élaborer les directives opérationnelles nécessaires à la mise en œuvre de la Convention. Il  a tenu quatre rencontres au cours des deux dernières années. La troisième session ordinaire du Comité intergouvernemental se tiendra au Siège de l'UNESCO à Paris du 7 au 11 décembre 2009.

La seconde session de la Conférence des Parties, qui s’est tenue à Paris les 15 et 16 juin 2009, a permis l’adoption des directives opérationnelles concernant neuf articles de la Convention. Le Comité intergouvernemental a été mandaté afin de poursuivre l’élaboration des directives opérationnelles.

Au moment d’écrire ces lignes, 104 Parties (103 États et la Communauté européenne en tant qu’organisation d’intégration économique régionale) ont ratifié ce traité. Bien que les travaux de mise en œuvre de la Convention poursuivent leur cours normal, la campagne de mobilisation en vue de la ratification de la Convention par les États membres qui ne l’ont pas encore fait doit plus que jamais se poursuivre, avec ferveur et persuasion ! Car la légitimité de la Convention sera proportionnelle au nombre d’États appartenant à toutes les régions du monde qui la ratifient, l’acceptent, l’approuvent ou y adhèrent.

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Communiqués, discours, déclarations

Participant au Forum d’Avignon, Irina Bokova précise comment la Convention de 2005 apporte une réponse aux défis actuels

Le 20 novembre s’ouvraient les deuxièmes rencontres mondiales du Forum d’Avignon. Sous le thème « Les stratégies culturelles pour un nouveau monde », cet événement a réuni pendant deux jours quelque 300 personnalités venant du monde entier : artistes, producteurs, économistes, gestionnaires dans les domaines d’Internet et des médias, responsables politiques, etc.

Dans son discours d’ouverture, faisant notamment référence à la présence de la directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, le ministre de la Culture et de la Communication de France, Frédéric Mitterrand a rappelé que : « La reconnaissance et l’affirmation de la double nature des biens culturels , leur valeur économique quantifiable, et leur valeur sociale et symbolique, qui exige que leur circulation échappe à une stricte application de la logique de marché, a constitué une étape historique ».

Pour sa part, Mme Bokova a entre autres souligné l’importance et la pertinence de la Convention de 2005. Nous reproduisons ici un large extrait de son allocution.

« Mais l’UNESCO, en accord avec ses États membres, a estimé nécessaire d’aller plus loin, d’aller au-delà de cette Déclaration [universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle] en adoptant, en 2005, un texte juridique contraignant, qui est la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, Il s’agit d’un instrument normatif, adopté à ce jour par 103 États parties et la Communauté européenne, qui s’engagent formellement à en respecter les principes directeurs. La Convention couvre un spectre très complet, et tous ses articles revêtent une très grande importance.

Je souhaiterais en citer deux, qui se rapportent plus particulièrement à notre propos d’aujourd’hui. Le premier saisit, en quelque sorte, l’essence de la Convention. Je le cite : « Les États parties s’efforcent de reconnaître l’importante contribution des artistes et de tous ceux qui sont impliqués dans le processus créateur, des communautés culturelles et des organisations qui les soutiennent dans leur travail, ainsi que leur rôle central qui est de nourrir la diversité des expressions culturelles. » Pour moi, il y a là une clarification explicite, surtout en cette période de bouleversements où le temps est venu d’instaurer ou de restaurer des valeurs humanistes, afin d’ouvrir la voie à un développement plus juste et plus harmonieux pour chacun. En consolidant le rôle des penseurs, des scientifiques, des créateurs et des passeurs, on ouvre la voie à un avenir plus équilibré et plus humain.

Un autre article de la Convention de 2005 apporte une réponse au défi du présent Forum d’Avignon. Je cite : « La coopération et la solidarité internationales devraient permettre à tous les pays, particulièrement aux pays en développement, de créer et renforcer les moyens nécessaires à leur expression culturelle, y compris leurs industries culturelles, qu’elles soient naissantes ou établies, aux niveaux local, national et international. » Il s’agit là une ouverture encore plus large, c’est l’ouverture sur le monde, qui est le fait de l’UNESCO. Dans notre univers globalisé, l’entraide internationale est une nécessité. En faire l’impasse serait une erreur : aucun de nous n’est une île sans lien avec les autres. Nous sommes tous enrichis des diversités multiples qui coexistent. La coopération internationale est une forme de solidarité, de respect et de tolérance que je considère fondamentales. Ce sont des valeurs qui sont au cœur de ma vision et de celle de l’UNESCO.

La Convention de 2005 vise à donner à la culture une juste place dans l’agenda politique international, notamment en reconnaissant sa double nature symbolique et économique, qui est indissociable du bien-être humain. Elle vise à protéger les expressions culturelles des différents groupes sociaux, notamment celles des groupes minoritaires et des peuples autochtones. Bien sûr, elle souligne l’importance de la culture pour la cohésion sociale en général, et sa contribution à l’amélioration du statut et du rôle des femmes dans la société, qui est aussi un facteur de paix et de développement.

Bien sûr, la Convention de 2005 encourage également le développement de partenariats entre secteur public et secteur privé. En tant que nouvelle Directrice générale de l’UNESCO, je vais non seulement ouvrir grandes les portes de l’UNESCO aux intellectuels et aux artistes de toutes les régions, mais je vais aussi promouvoir notre Organisation et construire des coopérations avec le secteur privé, faisant valoir que la culture est un atout puissant dont la capacité de renouvellement est permanente : c’est la créativité de chacun, la créativité des  sociétés, desquelles toute forme d’élitisme est exclue. […]

L’une de mes priorités est bien de développer les approches interdisciplinaires dans lesquelles la diversité et les expressions culturelles auront une place stratégique. C’est l’un des moyens de faire prospérer la Convention de 2005. Le second moyen est d’encourager le plus d’États possible à la ratifier, afin d’universaliser le processus. Le troisième moyen est d’aider les pays à mettre en place des législations et des politiques en faveur des expressions culturelles. Le quatrième moyen est de disséminer sur le plan international le message que la culture, capital social et pilier du développement, est une clef pour le présent et l’avenir. C’est ce que démontre le Rapport mondial Investir dans la diversité culturelle et le dialogue interculturel, que l’UNESCO a publié le mois dernier ».

Sources :

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Les coalitions européennes demandent des engagements pour une mise en œuvre rapide de la Convention UNESCO

La Coalition française pour la diversité culturelle publie dans son site Web une série de résolutions adoptées le 23 octobre dernier par les Coalitions européennes qui étaient alors réunies à Paris. Ces résolutions, indique la Coalition française, « rappellent la nécessité d’actions concrètes pour une mise en œuvre rapide de la Convention UNESCO afin d’assurer la promotion et la défense de la culture, tant au niveau national qu’international. Elles alertent également les États parties de la Convention UNESCO, ainsi que les pays qui ne l’ont pas encore ratifiée, sur l’évolution des négociations commerciales internationales qui risquent de se faire au détriment de la culture ».

Le texte intégral des résolutions est disponible dans le site de la Coalition française pour la diversité culturelle.

Source :

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Publications récentes

Le Réseau international des juristes pour la diversité des expressions culturelles publie un Répertoire des références à la Convention et crée un lieu d’échanges avec la société civile

Le Réseau international des juristes pour la diversité des expressions culturelles (RIJDEC) innove en présentant deux nouvelles sections d’intérêt dans son site Web.

Un Répertoire des références faites à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est maintenant disponible. Une cinquantaine de références sont déjà identifiées. Ces références se retrouvent dans différents types de documents, tels que : énoncés politiques des États, mesures législatives et réglementaires des gouvernements des Parties à la Convention, décisions rendues par des organes judiciaires nationaux et déclarations conjointes issues de rencontres diplomatiques. Ce répertoire contient également des documents provenant d’instances judiciaires et d’organisations internationales. Cette banque de données est en évolution et le RIJDEC nous invite à signaler toute nouvelle référence.

Seconde nouveauté : la création d’un lieu d’échanges entre juristes et avec la société civile. Les membres du RIJDEC ou représentants de la société civile bénéficient maintenant d’un espace dans le site du RIJDEC où ils peuvent poser ou répondre à des questions de nature juridique et relatives à l’interprétation ou à l’application de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

« Pour soumettre une question, il suffit de remplir le formulaire et de nous le faire parvenir à l’adresse du Réseau, RIJDEC@fd.ulaval.ca. Celui-ci procèdera à la transmission de la question soumise à l’ensemble des Membres. Les réponses éventuelles seront par la suite communiquées à l’auteur de la demande. Avec l’accord de celui-ci, les réponses pourront être distribuées à l’ensemble des Membres et publiées sur notre site Internet » indique le RIJDEC. Les modalités sont précisées dans le site. Le formulaire est disponible en français, en anglais et en espagnol. Les questions peuvent être adressées dans l’une de ces trois langues. Les réponses seront transmises dans la langue de leur auteur.

Source :

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Parution du plus récent numéro de CAPSULESMONDE

L’édition de novembre du bulletin CAPSULESMONDE recense plusieurs textes d’intérêt. En ce qui concerne la culture et la mondialisation, les sujets suivants sont abordés :

  • France - Une loi utile pour l'avenir du livre?
  • Union Européenne - Perspective cosmopolite de l’Europe
  • France - Coup de frein à la musique en ligne
  • UNESCO - Vers une nouvelle compréhension de la diversité culturelle

CAPSULESMONDE est publié en français par le Laboratoire d’étude sur les politiques publiques et la mondialisation (LEPPM ) de l’École nationale d’administration publique.

Source :

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Publication du rapport du Séminaire de formation Politiques culturelles et développement des industries créatives et culturelles pour les pays d’Afrique centrale

L’Observatoire des politiques culturelles en Afrique (OPCA) indique que le rapport du Séminaire de formation Politiques culturelles et développement des industries créatives et culturelles pour les pays d’Afrique centrale est maintenant disponible.

Le séminaire visait à contribuer au renforcement des capacités d'élaborer, de mettre en œuvre et d'évaluer des politiques, programmes et projets culturels. Il avait aussi pour but de développer des réseaux de coopération autour de projets proposés par les pays participants. 

Le séminaire s’est tenu à Yaoundé du 14 au 19 septembre 2009. Le rapport est disponible en français dans le site de l’OPCA.

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Politiques et mesures culturelles - Bonnes pratiques

Résidences artistiques à Kyoto : Cultures France reçoit les dossiers jusqu’au 5 janvier 2010

Cultures France rappelle que la date limite pour le dépôt des dossiers en vue d’effectuer une résidence artistique à Kyoto est le 5 janvier prochain. Le site Web de Cultures France donne notamment les précisions suivantes :

  • « En partenariat avec le service culturel de l’Ambassade de France à Tokyo, l’Institut franco-japonais du Kansaï et le ministère des Affaires étrangères et européennes.
  • Disciplines : Arts visuels, arts de la scène, littérature, audiovisuel, recherche en sciences sociales et humaines, théorie et critique dans chacune des disciplines artistiques nommées.
  • Nombre de lauréats : une douzaine
  • La Villa Kujoyama (Kyoto/Japon) a pour objectif d'accueillir des créateurs et des chercheurs confirmés déjà inscrits dans une démarche professionnelle pour développer un projet s’inscrivant dans la réalité japonaise, et plus spécifiquement dans la région du Kansaï, et d’établir des contacts professionnels. Les séjours de 4 à 6 mois se dérouleront de janvier à décembre 2011 ».

Pour connaître plus en détail les modalités de cette offre, nous vous invitons à consulter le site de Cultures France.

Source :

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Diplôme européen en gestion de projet culturel : les inscriptions peuvent être reçues jusqu’au 15 janvier 2010

Le réseau Culturelink rappelle que les inscriptions à la formation menant à l’obtention du Diplôme européen en gestion des projets culturels sont en cours. Ce programme de formation pan-européen vise à développer un réseau de gestionnaires culturels, à améliorer leurs compétences dans le domaine de la coopération et à renforcer la connaissance qu’ont les gestionnaires des politiques culturelles, qu’elles soient européennes, nationales ou régionales. Vingt-cinq professionnels d’une vingtaine de pays pourront avoir accès à cette formation en 2010-2011. Ce programme reçoit l’appui du Conseil de l’Europe.

Pour en savoir plus sur ce Diplôme, veuillez consulter le site de Culturelink. Les inscriptions peuvent être reçues jusqu’au 15 janvier 2010. Le formulaire d’inscription est disponible dans le site www.fondationhicter.org

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Autres actualités d'intérêt

Le RIJDEC étudie la prise en compte de la Convention dans les instances judiciaires internationales

Une table-ronde réunissant des membres du Réseau international des juristes pour la diversité des expressions culturelles (RIJDEC) s’est tenue à Paris le 5 décembre. Cette rencontre avait pour thème la prise en compte de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles dans les instances judiciaires internationales. Deux décisions ont été discutées en ateliers et ont fait l’objet d’échanges entre les membres du RIJDEC:

  • « ATELIER 1 – CJCE – AFFAIRE UNION DE TELEVISIONES COMERCIALES ASOCIADAS (UTECA) (C-222/07, 2009)
    Présentation de la décision – M. Gianpaolo Scacco, DG INFSO, Commission européenne
    Commentaire et orientation de la discussion – Jean-Christophe Barbato, Maître de conférences en droit public, Université de Rouen, IEP de Paris.
  • ATELIER 2 – OMC – AFFAIRE CHINE – MESURES CONCERNANT LES DROITS DE COMMERCIALISATION ET LES SERVICES DE DISTRIBUTION POUR CERTAINES PUBLICATIONS ET CERTAINS PRODUITS DE DIVERTISSEMENT AUDIOVISUELS (DS363, 2009)
    Présentation de la décision – Mme Véronique Guévremont, Faculté de droit, Université Laval
    Commentaire et orientation de la discussion – Hélène Ruiz Fabri, Faculté de droit, Université de Paris 1 ».

L’enregistrement vidéo de la table-ronde sera bientôt disponible dans le site du RIJDEC.

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L’Inde accueille la conférence annuelle de la Global Communication Association

Sous le thème Aux portes du village global?, la conférence 2009 de la Global Communication Association s’est tenue à Karnataka, Inde, fin novembre. Cette conférence visait à réunir des chercheurs du monde entier intéressés par les enjeux entourant la mondialisation et les médias, en lien avec le concept de « village global ». Les échanges cherchaient à évaluer l’impact de la mondialisation et des médias sur les identités culturelles des différentes régions du monde et à réfléchir sur les possibilités, entre autres dans le secteur de la culture, qu’offrent les médias à l’ère numérique.

Pour connaître plus en détail le contenu de cette conférence, nous vous invitons à consulter le site consacré à cet événement. L’édition 2010 de cette conférence se tiendra en Pologne. L’appel à communications est présentement en cours.

Source :

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