Diversité culturelle

Politiques et mesures culturelles – bonnes pratiques

Financement de la production culturelle : Est-ce la faute à l'artiste? 2006/05/19

Cet article qui énumère les innombrables plaintes des intervenants dans le paysage culturel marocain souligne que la raison de la pauvreté de la production culturelle se trouve au niveau du financement alors que les artistes, artisans et créateurs marocains ne manquent pas de talents, lorsqu'il s'agit de créativité, de compétence technique et de professionnalisme.

Selon Mustapha Bourakkadi qui écrit cet article, les organismes financiers rechignent toujours à voir un intérêt quelconque à l'investissement dans des secteurs de la production culturelle, et ce malgré que l'Organisation internationale de la Francophonie ait mis sur pied un Fonds de garantie pour le financement des industries culturelles (FGIC) pour encourager notamment les banquiers à soutenir les éditeurs, patrons de presse, producteurs de cinéma, de théâtre, de musique ainsi que des artisans, et leur permettre d'alléger le risque associé aux opérations que génèrent ces différents secteurs des industries culturelles. Or, affirme la Caisse centrale de garantie (CCG) qui pilote le projet pour le Maroc, aucun dossier éligible d'investissement dans le cadre d'une création d'entreprise culturelle répondant aux critères établis par le Fonds n'a été présenté à cet égard.

L'auteur déplore que toutes ces initiatives n'aient pas pu convaincre les banquiers de s'impliquer dans cette dynamique qui pourrait être une alternative durable par rapport aux aléas du financement en provenance du mécénat. Il évoque à cet égard plusieurs raisons: un manque de communication de la part des banquiers; le peu d'intérêt de ceux-ci à investir dans ces secteurs; le peu de compétence des entrepreneurs culturels quant à la construction de relations pérennes avec les organismes financiers. Aussi préconise-t-il comme solution qu'il est ainsi indispensable, pour réussir le pari d'un financement bancaire accru du secteur des industries culturelles dans les pays du Sud en général et au Maroc en particulier, de sensibiliser et de motiver les différents agents économiques afin d'ouvrir un espace, aujourd'hui trop exigu ou inexistant, permettant l'éclosion des projets culturels. À ce titre, souligne-t-il, le système bancaire a un rôle fondamental à jouer dans le développement des entreprises culturelles.

C'est à cette solution qu'en étaient arrivés les participants à l'un des ateliers de la Rencontre sur la diversité culturelle au Salon du Livre de Québec, les 16 et 17 avril 2004, dont le thème portait notamment sur Le développement durable des industries culturelles dans les pays en développement (voir notre Bulletin du 20 mars 2006) . L es conclusions de cette Rencontre, qui sont encore d'actualité aujourd'hui, préconisaient que pour contribuer au développement durable des industries culturelles des pays du Sud, les pays du Nord devraient: encourager les États à se doter de politiques favorisant le développement des industries culturelles; mettre en place des mesures qui vont favoriser l'entrepreneuriat; ouvrir les marchés du Nord aux produits culturels des pays du Sud en érigeant des structures d'accueil dans les réseaux de diffusion du Nord pour tous les produits (spectacles, cinéma, livres, disques, artisanat).

  • Le Matin du Maroc
  • Coopération Nord-Sud: Le développement durable des industries culturelles dans les pays en développement
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