Diversité culturelle

Politiques et mesures culturelles – bonnes pratiques

Coopération Nord-Sud: Québec/OIF/Afrique – Le développement durable des industries culturelles dans les pays en développement, 2004/04/17

Le développement durable des industries culturelles dans les pays en développement était le thème de l'un des ateliers de la Rencontre sur la diversité culturelle au Salon du Livre de Québec, les 16 et 17 avril 2004. Le but de cet atelier était notamment d’examiner de quelle façon les organismes multilatéraux et les pays développés peuvent adapter leur contribution en faveur des pays du Sud en matière de développement des industries culturelles. Il convient de préciser que les conclusions de cette Rencontre sont encore d’actualité aujourd’hui.

À cet égard, l'intervention de Mme Roxane Girard, directrice générale du financement à la Société de développement des industries culturelles du Québec (SODEC), a porté sur une collaboration entre la SODEC et l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) visant l’implantation du Fonds de garantie des industries culturelles (FGIC) dont l’objectif était de mettre en place un outil qui favorise l’accès au financement de type bancaire pour les entreprises et organismes culturels de six pays d’Afrique (Maroc, Tunisie, Sénégal, Mali, Burkina Faso et Côte d'Ivoire) où l’entrepreneuriat culturel représentait une masse critique satisfaisante.

Les enjeux étaient les suivants: intéresser les États, notamment les pays africains, aux industries culturelles comme potentiel de développement économique; accompagner le développement des entreprises culturelles dans les pays du Sud; développer le marché et accroître son autosuffisance dans un contexte où les produits culturels africains ne circulent pas suffisamment, et où les échanges entre pays du Sud sont limités.

Des observations tirées de l'implantation de ce FGIC en Afrique, Mme Girard relève plusieurs constats, à savoir que: le peu d’intervention de l’État dans le secteur de la culture engendre des conditions difficiles pour le développement des entreprises culturelles et menace leur survie; l'économie informelle, dans laquelle œuvrent de nombreuses entreprises, les maintient dans une marginalité quasi-totale; la faiblesse du marché intérieur pour les produits culturels obère la capacité de rémunérer correctement les entrepreneurs culturels, conjuguée avec la difficulté chronique qu’ont ces entrepreneurs d’exporter leurs biens et services culturels même dans les pays voisins; le phénomène grandissant du piratage grève non seulement un marché déjà faible mais qui évolue dans le secteur de l’économie informelle; l'intervention des pays du Nord, traditionnellement tournée vers la réalisation de projets, n’a pas nécessairement favorisé le développement d’entreprises culturelles; une démocratisation de la culture ne peut exister lorsque la circulation des biens culturels est contrôlée par un nombre restreint d’entreprises issues des pays développés.

Mme Girard conclut que malgré tous ces problèmes rencontrés, il ne faut pas attendre que les conditions soient toutes réunies avant de poser le premier geste qui pourra conduire à un développement durable. Par conséquent, pour contribuer au développement durable des industries culturelles des pays du Sud, les pays du Nord devraient: encourager les États à se doter de politiques favorisant le développement des industries culturelles; mettre en place des mesures qui vont favoriser l’entrepreneuriat; ouvrir les marchés du Nord aux produits culturels des pays du Sud en érigeant des structures d’accueil dans les réseaux de diffusion du Nord pour tous les produits (spectacles, cinéma, livres, disques, artisanat).

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